Politique › Institutionnel

Insécurité aux frontières du Cameroun : l’armée dit qu’elle n’est pas «dépassée»

Le ministère de la Défense demande par ailleurs aux médias de cesser d’entretenir « un climat de psychose », en rassurant sur un maillage du territoire national

Le chef de la division de la Communication du ministère de la Défense (Mindef), le Lieutenant-colonel Didier Badjeck, est monté au créneau ce lundi pour s’inscrire en faux contre des informations véhiculées par certains journaux, notamment le quotidien Le Jour, qui a indiqué dans l’une de ses éditions de la semaine dernière que Les forces de défense camerounaises étaient « dépassées » aux frontières dans l’Est du pays.

Selon le porte-parole du Mindef, « Partout où des assaillants se sont signalés, ils ont reçu une riposte appropriée et ont été repoussés. » Et d’indiquer également : « c’est le lieu de dire que toutes les attaques qui ont été menées aujourd’hui sur notre territoire n’ont rien de conventionnel et s’apparentent aux méthodes asymétriques. Dans ce mode de combat, il s’agit de surprendre des forces conventionnelles le plus souvent par des actions psychologiques qui affectent l’opinion », explique le Lieutenant-colonel Didier Badjeck.

Depuis la création, en décembre 2013, de nouvelles unités par le chef de l’Etat, l’armée a déployé un important dispositif humain et matériel dans les régions de l’Est, du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun ces derniers mois avec l’afflux important de réfugiés (déjà près de 150.000 selon les chiffres officiels) venant principalement de Centrafrique et du Nigéria. Des assauts perpétrés par des individus qui profitent de ce mouvement des populations aux frontières ont déjà causé la mort de deux soldats camerounais, a reconnu le porte-parole du Mindef.

Toutefois, rassure le Lieutenant-colonel Didier Badjeck, la réaction des forces de Défense au cours des incursions d’ « agresseurs potentiels » a contribué à « atténuer, voire stopper la tendance de ces incursions ». A l’Est, selon les informations du Mindef, le risque d’insécurité est dû par « la présence à proximité de la frontière de combattants en débandade qui rejoignent leur situation initiale de mercenariat », tandis qu’au Nord, « il s’agit d’une menace intégriste d’un pays voisin qui aurait tendance à faire des métastases régionales en régénérant malheureusement d’anciennes menaces pouvant se baptiser fortuitement du sceau de la secte Boko Haram, à tort ou à raison ».

Il est également revenu sur les prises d’otages au Cameroun entre février 2013 et avril 2014. « Quant aux rapts, explique-t-il, qui semblent se concentrer sur les expatriés et religieux, il s’agit d’actions bien étudiées de manière à ne permettre aucune réaction instantanée de nos forces de défense. Le rapt de la famille Fournier [enlevée le 19 février 2013 et libérée deux mois après, le 19 avril, ndlr] s’est opéré à la limite de la frontière avec le Nigéria, annihilant toute possibilité de poursuite et celui des religieux [enlevés le 04 avril 2014, ndlr] sur des lieux retirés qui fatalement ont permis la dilution rapide des ravisseurs. Ne feignons pas d’ignorer la géographie de cette région et de la facilité en saison aride de passer d’un pays à l’autre. Il faudrait signaler qu’auparavant, les autorités ont toujours eu à appeler l’attention des expatriés sur le respect de certaines consignes de sécurité qui n’ont toujours pas été suivies », a-t-il expliqué.

Le porte-parole du Mindef a enfin demandé d’ « éviter de cultiver un climat de psychose auprès des populations ». Tout au plus, selon lui, il faudrait réveiller « le sentiment patriotique pour consolider les bases de notre concept de défense qui est un concept de défense populaire », avec le renseignement à la base ainsi que la collaboration de tous les Camerounais. Pour les forces de Défense, indique le Lieutenant-colonel Didier Badjeck, elles vont « continuer à s’acquitter de leurs missions avec honneur et fidélité, au sacrifice de leur vie si la nécessité s’impose et dans le respect des lois et règlements internationaux ».

Des militaires du Bataillon d’intervention rapide (BIR)
Droits réservés)/n



À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Retour en haut
error: Contenu protégé