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International Crisis Group demande aux partenaires du Cameroun de condamner « la violence d’Etat et la rĂ©pression meurtriĂšre »

Depuis NaĂŻrobi, ce centre d’analyse a publiĂ© une note dans laquelle il met en garde contre une insurrection armĂ©e dans les rĂ©gions anglophones du Cameroun.

Le centre d’analyse belge International Crisis Group (ICG) a publiĂ© une note d’information ce jeudi 19 octobre, portant sur la crise dite anglophone, qui secoue le Cameroun depuis le mois d’octobre 2016. Pour cette organisation, la dĂ©tĂ©rioration de la situation requiert « une rĂ©action urgente » du prĂ©sident de la RĂ©publique, ainsi qu’une « rĂ©ponse ferme des partenaires internationaux », au risque d’assister Ă  une « insurrection armĂ©e » au sein des populations.

ICG Ă©tablit un bilan des Ă©meutes des 22 septembre et 1er octobre derniers, et affirme que « les violences ont fait au moins des dizaines de morts et plus de 100 blessĂ©s parmi les manifestants », des victimes que ICG impute directement au gouvernement. « Ce lourd bilan est dĂ» aux tirs Ă  balles rĂ©elles et Ă  l’usage excessif des gazs lacrymogĂšnes, y compris dans les maisons, ou contre des fidĂšles sortant des Ă©glises », indique l’ICG.

L’organisation ajoute que les forces de l’ordre « ont arrĂȘtĂ© des centaines de personnes sans mandat, y compris Ă  leur domicile, et infligĂ© des tortures et des traitements inhumains et dĂ©gradants. Des abus sexuels, des destructions de propriĂ©tĂ© et des pillages dans les maisons par des militaires et des policiers, et des tirs sur les manifestants Ă  Kumba, Bamenda et prĂšs de Buea depuis des hĂ©licoptĂšres ont Ă©tĂ© signalĂ©s ».

Face cela, l’ICG s’inquiĂšte du fait que ces incidents radicalisent les positions, ce qui pourrait avoir des consĂ©quences trĂšs graves. « Du fait de cette rĂ©pression meurtriĂšre [par les forces de l’ordre, Ndlr], les rangs des sĂ©cessionnistes augmentent de jour en jour, et certains d’entre eux Ă©voquent plus rĂ©solument l’idĂ©e d’une lutte armĂ©e ou de l’“autodĂ©fense” »


La note de l’ICG indique que la communautĂ© internationale est confrontĂ©e Ă  un dilemme car elle craint de « froisser » une armĂ©e engagĂ©e dans la lutte contre Boko Haram, et un pays qui est parmi « les moins fragiles de la sous-rĂ©gion ». « Cette passivitĂ© est interprĂ©tĂ©e par le rĂ©gime depuis des dĂ©cennies comme une carte blanche pour perpĂ©trer toutes sortes de dĂ©ni de la dĂ©mocratie et de violation des droits humains « , ajoute l’ICG.

Par consĂ©quent, l’organe rĂ©clame plus de fermetĂ© de la part des partenaires du Cameroun, qu’il accuse de complaisance depuis le dĂ©but de la crise. « La communautĂ© internationale se doit de condamner fermement les violences de septembre et d’octobre », et demander « une enquĂȘte indĂ©pendante et des sanctions contre les hauts-gradĂ©s et les autoritĂ©s administratives ».

 

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