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Interview de Dr Pierre Mbouombouo, lauréat des journées d’excellence scientifique

Son groupe travaille sur la sociologie urbaine et ses implications pour le développement

Pierre Mbouombouo, quelle est votre impression au terme de cette deuxième édition des Journées de l’excellence Scientifique et de l’innovation (JERSIC) qui vient de s’achever au Cameroun?
J’ai un sentiment partagé ; partagé parce que l’organisation a été bien menée ; la diaspora a été présente et ses stands et expositions ont été l’objet d’une attraction permanente et massive ; il me semble qu’il y ait eu plus de visiteurs cette édition et plus de participants exposants, je n’ai pas vraiment vérifié. Mais dans l’ensemble c’était bien, seulement je pense que l’organisation des JERSIC reste restreinte ; dans le cadre de la diaspora et même des scientifiques sur place, il aurait été plus intéressant d’ouvrir un forum en ligne par exemple, afin d’enrichir les débats en atelier, un peu comme c’est le cas dans d’autres types d’organisation, mais sinon on est globalement satisfaits.

Vous êtes un des lauréats de ces JERSIC, quel a été votre sentiment à l’annonce des résultats?
Un sentiment de surprise tout d’abord et de satisfaction ensuite ; les travaux sur lesquels ont porté notre recherche dans le cadre de la sociologie urbaine, ont fait l’objet d’une distinction particulière avec les félicitations du jury lors d’une thèse de doctorat et aujourd’hui avec le prix des JERSIC cela ne peut être qu’encourageant et de nature à nous inviter à produire plus d’efforts pour sortir cette science de son abstraction et lui redonner toute sa place dans le cadre du développement du Cameroun

Justement en quoi et comment cette discipline peut elle servir pour le développement du Cameroun?
En quoi ? je dirai sur plusieurs aspects, mais avant je voudrais d’abord rappeler qu’à travers ce prix, nous voyons une volonté des politiques de relancer les axes de recherche dans le domaine des sciences humaines fondamentales, notamment avec l’ouverture d’un centre national d’étude. Longtemps ce secteur avait été négligé ou abandonné. Un tel regain d’intérêt est justifié ; tout d’abord pour ce qui est de la sociologie urbaine elle permet de prévoir et de mieux agir. Vous savez que c’est par la capacité d’anticipation que les politiques et les décideurs peuvent mener des actions de développement en zone urbaine. Nous leurs apportons des données qui leur serviront comme repère pour l’apport de solution concrète dans leurs initiatives et interventions dans le secteur urbain. Une illustration est celle des émeutes contre la faim qui se sont déroulés en 2008. Nos instruments de recherche et de réflexion auraient pu servir de base d’anticipation au problème et l’Etat aurait pu éviter la logique de confrontation qui a prévalu ; de nombreux autres exemples peuvent être pris. Comment ? Je dirai simplement qu’en Afrique une ville bien gérée est une première garantie pour le développement des zones rurales, tant elles sont interconnectées. Regardez par exemple le phénomène des nouvelles technologies avec l’avènement du portable ; de nombreuses personnes en zones rurales possèdent un téléphone portable parce que pour ceux de leurs parents qui vivent en zone urbaine, c’est aujourd’hui un moyen incontournable d’avoir de leur nouvelles ; donc l’apport des solutions dans le cadre du développement urbaine profite au monde rural. Mais pour que ces deux aspects puissent véritablement jouer leur rôle, il y a une volonté des politiques, des décideurs et autres acteurs du développement urbain qui doivent mettre en place les plate formes de collaboration avec les groupes de recherches que nous représentons.

En quoi les chercheurs de la diaspora peuvent-ils contribuer à l’amélioration de la sociologie urbaine en Afrique?
Le simple fait d’être dans un cadre approprié pour la recherche constitue en lui-même un apport. Vous êtes sans ignorer que les questions de solution urbaine sont d’autant plus nombreuses que l’urbanisme est avancé. Si je prends en exemple le cas du phénomène des enfants de la rue au Brésil, qui est de loin plus important et plus préoccupant qu’au Cameroun, une expertise sur cette question pourrait nous aider nous ici à envisager des scénarii qui puissent aider les politiques en faveur de la lutte contre le phénomène des enfants de la rue au Cameroun. La coopération devrait aller au-delà des rencontres comme les JERSIC, des fora virtuels et autres rencontres doivent être mis sur pied et constituer de véritables carrefours de discussion.

Hier c’était les félicitations d’un jury de thèse, aujourd’hui la reconnaissance des JERSIC, on vous verra briguer d’autre prix?
S’il y a prix c’est toujours intéressant à prendre mais dans le fond notre vraie satisfaction et l’unique, c’est de voir nos travaux transformés en contribution concrète pour le développement des sociétés en général et du Cameroun en particulier.

Dr Pierre Mbouombouo
Journalducameroun.com)/n
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