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Interview de Eliom Tidahy Claudine, présidente de l’Association Afrique Cameroun Madagascar à Yaoundé.

« Nous attendons en vain une ambassade »

A Yaoundé, des festivités on été sobres pour célébrer du 49e anniversaire de la fête d’indépendance de la Grande île. Les Camerounais ont découvert la richesse culturelle et spirituelle de ce pays. Eliom Tidahy Claudine, présidente de l’Association Afrique Cameroun Madagascar à Yaoundé revient sur les problèmes des malgaches au Cameroun

Quelle est votre évaluation de la présence malgache au Cameroun ?
Les Malgaches au Cameroun sont repartis en plusieurs catégories. Certains travaillent ; d’autres sont là de manière ponctuelle. Il y a d’autre qui sont assez intégrés du fait des liens de mariage avec les Camerounais, Congolais et bien d’autres nationalités vivant au Cameroun. S’agissant du nombre des Malgaches (en dehors des villes telles que Douala, Buea, Bafoussam), la ville de Yaoundé compte plusieurs étudiants, environ une quinzaine, une dizaine de couples bref une centaine d’individus.

Quel impact la célébration de votre fête nationale a au Cameroun ?
Les années antérieures, cet évènement avait une grande envergure parce que nous étions assez nombreux. Mais maintenant, comme nous ne le sommes pas, nous invitons nos amis Camerounais et d’autres nationalités. Ils viennent passer ces moments de spectacle et de réjouissances avec nous.

Comment vous parvenez à bien organiser cet événement, en l’absence d’une ambassade malgache au Cameroun ?
L’absence d’une ambassade malgache au Cameroun nous gêne beaucoup. A chaque fois que nous présentons le besoin aux autorités compétentes camerounaises, pour avoir ne serait-ce que qu’un consulat honoraire, on nous répond toujours que les Malgaches sont des pauvres. « Ils ne peuvent avoir d’activités grandioses ». Ils nous demandent de supporter la situation ainsi. C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous réunir en communauté et en plusieurs associations. Il y en a deux grandes : celle de tous les Malgaches de manière globale, et celle regroupant les étudiants. C’est tout ce que nous pouvons faire. Cette situation nous gêne vraiment. A Madagascar, il y a plein de étudiants camerounais ; ce qui fait qu’il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire ensemble. Depuis dix ans que je suis au Cameroun, nous n’avons cessé de rencontrer les différents ministres des affaires étrangères, mais sans suite favorable. Ils nous demandent de nous regrouper d’abord et nous promettent de voir plus tard, mais jusqu’à présent nous attendons.

Quelles sont vos difficultés ?
Pour le moment pas beaucoup de difficultés. Mais s’il faut en citer une, c’est le cas des papiers. Beaucoup de gens veulent savoir comment faire pour se rendre à Madagascar. Où obtenir les visas ? C’est une difficulté majeure. En tant que présidente de l’association malgache, plusieurs viennent se renseigner chez moi. Mais je ne peux rien faire pour eux. Je ne peux que leur donner quelques informations en ce qui concerne le coût de la vie à Madagascar et quelques informations pratiques qui concernent les étudiants.

Comment les Malgaches installés au Cameroun vivent la crise politique que traverse Madagascar ?
S’agissant de la crise politique qui sévit chez, nous sommes assez dérangés psychologiquement. Surtout quand on pense à nos familles restées au pays. Mais, ici au Cameroun, nous sommes en paix. Nous n’avons pas de problème. Parfois, nous sommes couverts de honte. Quand on vous identifie comme Malgache, on vous lance des mots tels que « ô les Malgaches- là ! Les Val mana ! Comment ça va là-bas chez vous ? » Les attitudes pareilles dérangent un peu. Mais qu’allons- nous faire ? Mais nous sommes sûrs d’une chose : quand les Malgaches vont se décider, cette situation finira.

Madame la Présidente, avez-vous un souhait ?
Nous souhaitons surtout avoir au moins un consulat honoraire au Cameroun. Dans les années passées, il y en avait. Je ne sais pas comment les choses se sont passées pour que ses bureaux soient envoyés plutôt au Sénégal. Aujourd’hui, c’est grâce au téléphone qu’on parvient à résoudre les problèmes.

Eliom Tidahy Claudine
Journalducameroun.com)/n
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