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Interview de Gaby COMPS, professeure à l’IATA de Namur en Belgique

«Au Cameroun, nos élèves ont appris à se débrouiller. Ils ont vu qu’avec peu de moyens, on arrive à faire quelque chose»

Mme Comps, qu’est-ce que vous avez exactement fait au Cameroun tout au long de la 2e édition du FIFMI qui s’est tenue du 8 au 12 janvier 2011?
En fait j’étais dans l’atelier de sérigraphie. Philippe Van RAVINSTYN est sérigraphe professionnel, moi je suis venue ici accessoirement, c’est-à-dire que je donne plutôt de la sérigraphie artistique. Donc c’est faire des recherches graphiques et la sérigraphie est une création technique comme toute autre pour arriver à une création artistique. Donc on est assez complémentaire Philippe et moi.

Qu’est-ce que vous avez apporté aux jeunes camerounais ?
Ce qui m’a impressionné, c’est d’abord cette confiance en soi, c’est voir que tout le monde a un potentiel et ce n’est pas dépendant d’une technique bien sûr, on est venu avec une technique, mais vous voyez, le premier jour où on a fait le stage, on leur a montré comment on imprimait. On avait pré imprimé des choses et on leur a montré comment ça se passait. Je leur ai dis, maintenant vous allez non plus imprimer quelque chose qu’on a fait, mais vous allez imprimer quelque chose qui vient de vous. Le festival porte sur le thème de la musique, mais pourquoi pas vous, montrez pour vous ce que représente l’image de la musique et dont chacun qui assistait à ce stage, qu’il soit dessinateur, monteur ou acteur. Ils ont un peu eu l’angoisse de la feuille blanche pendant quelques minutes et puis ils se sont pris au jeu et si vous voyez tous les t-shirts imprimés avec leurs dessins, ils sont très fiers. Et pour moi, apporter une technique aux jeunes camerounais, mais donner aussi une confiance, pour moi je trouve ça très très important.

Comment est-ce que vous avez trouvé le niveau des jeunes apprenants?
Il y avait tous les univers. Il y avait ici deux artistes confirmés, et vraiment j’étais très impressionnée par leur façon de faire. Il y avait des artistes un peu amateurs, des étudiants de l’Université qui sont dans un club d’arts plastiques, et puis il y avait aussi d’autres personnes. Donc il y avait des personnes des niveaux différents, mais l’important c’était qu’ils y ont mis leur c ur. Je leur ai demandé de corriger un certain nombre de choses et ils ont vraiment pris la peine de corriger pour améliorer leur propre travail et je suis très contente de l’expérience.

A la fin du festival vous avez eu le sentiment d’une mission bien accomplie?
Oui, presque ! J’ai un petit regret c’est qu’en 2009, j’avais rencontré Arice Siapi, j’avais fait un travail avec des étudiants sur le Festival International du Film Francophone (FIF) de Namur, j’avais réalisé des sacs faits avec de la bâche recyclée avec un dessin et avec des ceintures de sécurité des véhicules. Arice Siapi a vu ça et elle a dit c’est magnifique, il faut le faire ici. Et donc, j’aurai aimé que les élèves travaillent, mais ils n’ont pas de bâches plastiques ici mais ils ont des sacs de riz. Donc, j’avais pris, mais malheureusement, il y a eu des problèmes techniques. Pas de machines à coudre, voilà, c’est comme ça. Chez nous, ce n’est pas la même chose. On est organisé, tout est prévu. Ici, on m’avait dit ne t’étonnes pas si tu n’arrives pas au résultat. Mais ce n’est pas ça l’important, l’important c’est le contact, c’est la rencontre, c’est l’échange et donc moi je suis quand même très contente parce que tout le monde est arrivé à quelque chose, à avoir imprimé son propre graphisme sur son t-shirt et voilà, ça c’est très important. Donc je suis très importante.

D’autres difficultés?
Ce qui est dommage aussi c’est que Air France nous a mis les bâtons dans les roues. On allait venir avec notre encre pour imprimer sur place avec nos bâches plastiques, on a dû rentrer la fiche technique à Air France et ils nous ont dit, pas question de mettre ça dans la soute parce que c’est un produit chimique. Pourtant c’est ininflammable, ce n’est absolument pas dangereux, mais c’était étiqueté produit chimique, qu’on aurait dû transporter ça par cargo. Heureusement à Douala, on a eu des contacts, un imprimeur nous a vendu deux petites boites, donc on a pu faire avec les moyens de bord. Mais ce qui est très intéressant aussi c’est que nos élèves ont vu qu’avec peu de moyens, on arrive à faire quelque chose. Ils vont revenir en Belgique grandis de cette expérience.

Parlant justement de vos étudiants, qu’est-ce qu’ils ont appris de plus ici?
Ils ont appris à se débrouiller. Voyez, nous pour nettoyer un cadre, on a un karcher qui est un tuyau d’eau avec une forte pression. Ici on n’a pas tout cela. Donc c’est de l’eau et des bras pour le nettoyer. Donc ils ont vu qu’on prend le temps et on le nettoie. Les élèves ont dû s’occuper des stagiaires et ils ont appris l’autonomie. C’est très important. C’est dans les objectifs de notre école en 7e année. Et ici, ils ont gravi plusieurs marches pour arriver à l’autonomie.

Gabrielle COMPS à Ngaoundéré
Journalducameroun.com)/n


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