Politique › Institutionnel

Interview de Joshua Osih, vice président du Social democratic Front, principal parti d’opposition au Cameroun

Démissions au sein du SDF, candidature de John Fru Ndi, Issa Tchiroma… Il a répondu à nos questions

Votre avis sur la crise qui secoue le Sdf en ce moment ?
Il n’y a pas de crise au SDF.

Je veux parler des différentes démissions
Il y a eu cinq démissions. Il y’a eu Mme Kah Walla, qui n’était pas cadre, car elle a été coptée au sein du Nec (bureau national du parti, Ndlr). Elle avait été nommée et non élue et n’avait donc pas le droit de vote, le droit de décision comme ceux élus par le congrès. Comme chaque départ, nous le regrettons, mais elle n’avait pas le même agenda que nous et lorsque vous n’allez pas dans la même direction, ça ne sert à rien de rester dans le même train alors elle a décidé de partir. Quand elle est partie, au lieu de donner sa démission au parti, elle a donné sa démission aux organes de presse, alors on s’est posés la question de savoir si elle travaillait pour les organes de presse ou pour le parti mais vous savez on en a vu pire et puis des gens pensent que 2011 sera l’horizon du Cameroun, mais ils se trompent. Car le Cameroun ira bien au-delà de 2011. Nous avons eu quatre autres démissions, une démission de Monsieur Patrice André Ipoua qui était membre du shadow cabinet (Comité exécutif national) dans la région du sud, à Campo, que nous regrettons. Il est parti pour des raisons personnelles et il a fait tenir sa lettre de démission au parti. Nous respectons sa démission et nous la comprenons car il a des problèmes de santé et des soucis au sein de sa chefferie à Campo. Et pour les autres démissions c’était des gens qui étaient déjà partis de fait. Pierre Kwemo, on ne l’a plus vu depuis que le conseil de discipline l’avait discipliné, Maurice Tadonkeng, on ne l’a plus vu depuis qu’il a perdu à Dschang, cela fait bien quatre ou cinq ans. Sani Alhadji, la dernière fois qu’on l’a vu, c’était au congrès de 2006.

Quand vous dites voir, cela signifie quoi exactement?
Les statuts du parti sont clairs, si vous ne participez pas aux réunions, si vous ne cotisez pas, vous êtes considérés comme démissionnaires.

Il y a des journaux qui rapportent que Kah Walla aurait été approché par John Fru Ndi, qu’en est-il exactement ?
Ce n’est pas tout à fait vrai mais il y a une part de vérité. Nous avons constaté lors de la dernière réunion du bureau exécutif qui a eu lieu il y’a quelques semaines à Bamenda, que ni John Fru Ndi, ni le secrétariat général du parti, ni aucune structure de base n’avaient reçu de lettre de démission formelle de la part de Madame Kah Walla. Nous en avions été informés par les médias. L’organe dirigeant ne pouvant accepter une démission qu’elle n’avait pas reçue. Il était tout à fait naturel que le président du parti, qui l’avait par ailleurs copté, la contacte pour lui demander une copie de sa démission. Ce qu’elle a fait. Donc oui, il l’a contacté.

Lors d’un meeting à Douala il y’a peu, Issa Tchiroma mettait en garde les opposants qui refuseraient d’accompagner Paul Biya dans l’organisation d’une transition heureuse. Qu’est ce que vous lui répondez ?
Issa tchiroma, on le connait bien car il a travaillé avec nous. Sauf qu’on ne lui donnait pas un micro parce qu’on sait ce qui sort de sa bouche. Vous me parlez de meeting, j’en doute. Il s’agissait sans doute d’une petite réunion politique. Monsieur Biya avait besoin d’entretenir la pagaille, la zizanie et de divertir un peu les camerounais tout comme Saddam Hussein qui avait fait venir un ministre de l’information qui faisait rire le monde en pleine guerre du golfe. Je pense que lui-même est conscient du rôle qu’il joue parce que quand vous lui parlez en privé il n’a pas du tout les mêmes propos que ceux qu’il a en public. Il joue son rôle, sa partition. Il ne voulait pas finir sa vie dans l’opposition, il a décidé de devenir le griot du président et je crois qu’il le fait bien. Il amuse la galerie, il décrispe un peu la situation et il fait rire l’opposition.

Qui est le candidat du SDF aux élections présidentielles de 2011 ?
Je n’ai pas qualité pour vous donner cette réponse là. Elle viendra du congrès extraordinaire qui se tiendra en début avril 2011.

Mais on a lu dans la presse, notamment dans un numéro de Jeune Afrique que John Fru Ndi se déclarait candidat
C’était une manipulation. Et puis, si aujourd’hui il est candidat, c’est à la candidature et il faudrait qu’il soit élu par les délégués. J’en connais deux, trois qui sont venus me voir pour me dire qu’ils seront candidats à la candidature et je les ai encouragés car je pense que c’est une bonne chose pour la démocratie au sein du parti et pour la démocratie camerounaise.

Et vous?
Moi non, j’ai un autre combat car je pense que pour être candidat il faut une bonne élection et mon combat aujourd’hui c’est qu’il y’ait une bonne election.

Joshua Osih lors de la conférence de presse au Cape à Paris, le 17 novembre 2010
Journalducameroun.com)/n
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