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Jacques Bonjawo : «Je ne suis pas un techno-sceptique»

Pionnier de la télémédecine au Cameroun, l’ex-manager à Microsoft, estime que la technologie demeure salutaire sur le continent africain

Jacques Bonjawo, vous êtes ingénieur camerounais, avec Bill Gates et la Banque Mondiale, vous avez lancé l’Université virtuelle africaine et aujourd’hui au Forum Netexplo, au siège de l’Unesco à Paris, vous parrainez plusieurs innovations. Parmi celles-ci, une vraie trouvaille afin de détecter ce qui est un vrai fléau sur le continent : les faux médicaments
Tout à fait. Nous avons constaté que la très grande majorité des médicaments en Afrique sont dits de faux médicaments. Alors, il était urgent de mettre sur pied une technologie qui puisse répondre à ce fléau. Nous sommes fiers d’avoir attribué ce prix au créateur.

Un jeune Ghanéen
Un jeune ghanéen qui s’appelle Bright Simons.

Comment un consommateur qui voit des médicaments par terre peut-il savoir qu’il s’agit de vrais ou de faux médicaments ?
Chaque médicament possède un code. Avec le code, il suffit de le mettre dans son téléphone portable avec une adresse qu’on envoie et le code va se retrouver dans une banque de données; la réponse de cette banque de données va indiquer si le médicament est vrai ou faux.

Vous-même, Jacques Bonjawo, avec votre société Genesis Futuristic Technologies, vous êtes à l’origine du développement de la télémédecine au Cameroun, c’est-à-dire de la consultation à distance. Est-ce qu’un médecin peut diagnostiquer une maladie sans ausculter son patient?
Absolument ! Il y a des diagnostics qui sont tout à fait possibles sans que le médecin ait besoin, comme vous le dites, d’ausculter le patient. Nous aidons, nous accompagnons les médecins avec des technologies pertinentes qui permettent précisément ces diagnostics. Je vais prendre un exemple : Lorsque le médecin a besoin de faire un examen comme l’électrocardiogramme sur un patient, l’infirmière qui se trouve à distance, en zone rurale par exemple avec le patient, peut effectivement faire cet examen et envoyer le tracé à travers la technologie au médecin qui l’interprète et qui peut effectivement détecter ce qui ne va pas.

L’éducation, la santé, on voit bien les domaines où la société numérique peut faire la différence. Mais est-ce qu’on ne s’emballe pas un peu trop vite ? certains créateurs maintenant s’inquiètent de la façon dont chaque consommateur est traqué, via Internet, par les producteurs ?
C’est vrai que la technologie aura forcément des dérives et vous faites allusion à quelques unes de ces dérives. Mais nous ne pouvons pas pour autant ne pas embrasser cette technologie qui fait des merveilles dans les pays africains sous prétexte qu’il y a des questions, notamment en ce qui concerne la vie privée, qui posent problème. Je ne suis pas un techno-sceptique.

Mais ça avance le techno-scepticiscme.
Tout à fait, j’ai conscience du fait qu’il y a plusieurs techno-sceptiques, moi je suis un techno-optimiste.

Mais reconnaissez quand même qu’aujourd’hui un certain nombre de consommateurs peuvent se sentir traqués quand on cherche leurs profils, leurs habitudes de consommation, pour maximiser les profits.
Je suis tout à fait d’accord avec cette analyse des dérives, forcément. Mais lorsqu’on voit ce que la technologie est capable de faire, en termes d’impact sur la société, on ne peut que l’embrasser, pour permettre un changement durable en Afrique.

Jacques Bonjawo
FarmersTV/Olivier Jacques)/n


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