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Jean Biangue: «L’annuaire des compétences de la diaspora est déjà effectif»

Après avoir présenté l’instrument en ouverture du DAVOC 2011 au Cameroun, il apporte des détails sur le concept

Jean Biangue vous avez présenté en ouverture du forum DAVOC 2011 de Yaoundé, l’état d’avancement des travaux sur l’annuaire de la diaspora camerounaise à son gouvernement, on vous imagine satisfait
Satisfait mais aussi ému que le gouvernement camerounais ait accepté d’écouter sa diaspora et lui ait ouvert ses portes. Depuis très longtemps nous savions que les autorités étaient sensibilisées à l’idée de la mise sur pied d’un annuaire des compétences de la diaspora. Nous y avons donc mené une réflexion profonde. Ce qui nous a marqué c’est que du côté du Cameroun, on a été attentif à ce concept sur lequel nous travaillions. Des équipes compétentes dans l’administration camerounaise ont travaillé avec nous et la présentation de ce jour n’en était que l’apothéose. Il y a donc aussi de la fierté d’avoir fait cette présentation.

Dans son discours, le ministre Perevet de l’emploi qui représentait le Premier Ministre a présenté la position du gouvernement, une position de laquelle il ne ressortait pas clairement un engagement chiffré en termes de qualité et de délai. Est ce qu’en interne vous avez des éléments concrets d’un soutien futur du gouvernement?
A mon niveau d’information, il ne me semble pas qu’il y ait effectivement un engagement écrit ou fermement établi du gouvernement camerounais sur le projet casa-jobs. Mais ce que je dois préciser, c’est que le gouvernement par un certain nombre d’initiatives du ministère camerounais de l’emploi et de la formation professionnelle a toujours soutenu les initiatives du projet CASA-JOBS. Donc en réalité le gouvernement est déjà un des acteurs de la mise sur pied de cette plateforme. Cela peut nous amener à croire effectivement que nous avons sa confiance. Alors cet appui nous l’avons eu lors de la phase technique et nous espérons bien que lors de la phase d’implémentation et d’opérationnalisation, le gouvernement continuera de soutenir le concept pour une meilleure efficacité.

Quels sont aujourd’hui les services disponibles dans l’annuaire. Lorsqu’on clique sur CASA-JOBS quelles informations peut-on y retrouver?
L’annuaire de la diaspora est aujourd’hui très avancé et nous avons une base de données qui a déjà été implémentée à près de 90%. Cela dit, si par exemple un cadre de la diaspora ou même du Cameroun rentre dans le site, il s’enregistre. Une fois enregistré, il a à sa disposition un espace qui lui permet de rentrer des données sur son profil professionnel. Il peut aussi télécharger ses différents documents qui prouvent son expertise professionnelle, et ces données seront immédiatement accessibles à de potentiels employeurs. Le demandeur d’emploi peut aussi consulter librement toutes les offres d’emploi qui sont offertes sur la plateforme. Il peut ainsi contacter l’entreprise en question. Le cadre qui recherche un emploi peut aussi se voir contacté par un potentiel recruteur, ou initiateur d’opportunités. Pour les employeurs c’est aussi le même schéma, ils peuvent rentrer dans la plateforme, créer leur profil, proposer des offres d’emplois ou toute autre chose qui soit en rapport avec le besoin des compétences.

Quelles seront les conditions d’accès à ces services?
Le concept financier qui est derrière le projet s’inscrit dans la logique du soutien des efforts de l’Etat du Cameroun, dans son souci de lutter contre le sous emploi et la pauvreté. Alors, nous ne pouvons pas demander à des demandeurs d’emploi qui ont une compétence de payer pour accéder au service. C’est pourquoi le gouvernement s’est impliqué à ce niveau de réalisation. Ce concept rentre dans sa politique de vulgarisation des offres d’emplois. Nous espérons donc que les autorités successives en prennent toute la conscience et apportent un soutien réel à l’opérationnalité de la plateforme. D’un autre côté, la possibilité de faire payer une contribution aux entreprises est aussi examinée. Il va sans dire que si une entreprise trouve une compétence sur la plateforme, il est assez logique qu’elle puisse payer en raison des avantages du site.

Quelles garanties apportez vous aux entreprises?
C’est une question pertinente, et pour y répondre je vais dire que nous n’avons pas l’ambition de fonctionner en lieu et place des cabinets de recrutement. Mais bien sûr, les cabinets de recrutement qui sont des entreprises pouvant proposer des offres d’emploi, peuvent très bien le faire sur CASA-JOBS. Pour ce qui est du rôle de l’annuaire, il n’est qu’un outil de l’observatoire de la diaspora au Cameroun. Le concept d’observatoire de la diaspora doit se comprendre comme étant un instrument qui aura pour rôle de scruter dans ce que la diaspora a comme compétence, et les mettre à la disposition du public.

Alors cela veut dire que les services offerts par CASA-JOBS vont évoluer dans le temps pour s’étendre aux opportunités d’affaires?
Tout à fait, nous sommes dans une logique très dynamique. Nous abordons avec ce projet des perspectives qui n’existent pas encore vraiment au Cameroun. Nous essayons de mettre en place un système d’accès à l’information sur l’emploi à grande échelle, au moyen des supports de technologie moderne. Mais d’autres applications peuvent être développées, on peut faire de l’enseignement à distance.

Parlant de valeur ajoutée, est ce que vous avez fait des projections sur ce que le marché de l’emploi pourrait gagner au Cameroun du fait du fonctionnement complet et pertinent de la plateforme CASA-JOB?
Je dois admettre qu’une telle étude n’a pas été faite dans ce sens et on ne peut pas faire des estimations, parce que la plateforme n’est pas encore opérationnelle. Il est encore à son stade expérimental, bien que la réalisation technique soit complètement achevée. Mais il n y a pas de doute que si cela marche à son optimum, l’impact sur l’accès à l’information concernant les emplois sera fortement amélioré. Sur la base de mon retour d’expérience, je sais à quel point ce type d’instrument est important pour le marché de l’emploi. Nous le vivons en permanence en Allemagne où je réside et travaille. C’est un besoin donc qui est essentiel au Cameroun autant pour l’emploi que pour la formation.

Pour terminer, au-delà du Davoc, que ferez-vous durant ce séjour au Cameroun?
Je suis toujours content de revenir au Cameroun, c’est une joie inexpliquée et inexplicable. Cependant je vais continuer de travailler je suis responsable d’entreprise qui gère notamment le site d’information camerounlink, j’ai des bureaux ici, donc je vais travailler ici comme j’étais en Allemagne. J’ai eu aussi l’honneur d’être invité par le sultan des Bamouns pour qui j’ai fourni un travail. Donc ce sera un plaisir pour moi d’arriver au royaume bamoun, et après peut être j’irai à l’Est pour rencontrer ma famille.

Jean Biangue a présenté l’annuaire des compétences de la diaspora camerounaise (5 mai 2011)
Journalducameroun.com)/n

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