Culture › Musique

Jean François Essindi : Des pleurs pour une Afrique minée par ses maux

Il est le seul chanteur au monde à jouer du jazz avec le Mvet un instrument traditionnel du Cameroun

François Essindi, avec Jimi Sofo vous sortez un deuxième album dites nous de quoi il s’agit?
Le travail que nous avons abordé en 2006 se poursuit. Nous préparons la sortie du deuxième album qui n’a pas encore vraiment trouvé de nom. Mais cela ne tardera pas et ce sera certainement entre « Modern Slavery » dont le clip est déjà tourné et « Ho hi yo ho! »

Même si l’album n’est pas encore sorti, son titre phare Modern Slavery est déjà disponible sur internet, une révolution au niveau du style mais aussi de la thématique est ce le François Essindi engagé?
Le François Essindi avant-gardiste? Engagé? Oui mais dans la simplicité. Je veux juste faire la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel de mon pays, de mes ancêtres, faire connaître ces instruments en voie de disparition, et les mettre en contact, en fusion avec des instruments modernes ou d’autres cultures tout en m’inspirant des mélodies, contes, chantefables d’autrefois. Cette musique met en exergue la culture camerounaise. Refaire danser les gens d’aujourd’hui sur ces bases rythmiques, provoquer, évoquer et même invoquer cette transe d’antan autour d’un feu de bois. Je crois qu’un artiste se doit d’oeuvrer pour son pays, sa culture. Si c’est cela être engagé, j’en suis fier, mais je ne fais que ce que je crois être normal. Porter sa culture, la partager, la transmettre au plus grand nombre…Surtout en ces temps où les pays africains croulent sous le poids des révolutions. Je crois et espère que la culture a un très grand rôle à jouer pour calmer les esprits.

Sur le clip, on est frappé par la misère du peuple africain qui se dégage de certaines images;au regard du titre (l’esclavage moderne) quel est le message que vous voulez faire passer?
Le message reste le même, la simplicité est la façon par laquelle on peut éviter de tomber dans cet esclavage moderne. C’est quoi l’esclavage moderne pour nous? c’est la misère de ceux qui n’arrivent pas à apprécier ce qu’ils ont. Ce sont ces enfants dans la rue ayant perdu toutes ou presque traces de leur famille. C’est celui qui dort dehors alors que dans son village, il y’a des cases vides, c’est celui dans le quartier qui attend la nuit pour aller à la chasse du porte monnaie d’autrui. Mais au juste qui est misérable? La musique d’Abakuya est une peinture qui peint et crée un excursus entre la société d’hier d’aujourd’hui et celle de demain. La musique d’Abakuya chuchote « Restez à la Base… »

Dans le titre « Modern Slavery », il y a peu de paroles et lorsqu’il y en a elles sont mélancoliques et dominées par des cris, pour qui pleurez vous?
Modren Slavery est un titre qui introduit ce qui se passe en l’Afrique, en Haïti. Bref, vous voyez les problèmes des droits de l’homme, de l’enfant…je vous explique les premiers mots: Me be yi ya a nseng, mveng ya doung hé yéléééééé; (J’ai regardé dehors, il risque de pleuvoir). Loocking to the window, rain keeps folling (J’ai regartdé par la fenêtre, il pleut déjà) Loocking to Africa, Mothers keep crying. (En regardant vers l’Afrique, Mères ne pleurez plus). Locking to Haïti, crying, crying Ké yééééééééé. (J’ai regardé Haïti, que des pleurs, des pleurs et des pleurs…) Dites moi, avec un message comme celui-ci, vous voulez bien que je chante en pouffant de rire. Je pleure…Le temps est grave et quand je dis grave c’est vrai que dans notre société traditionnelle, c’est à travers des musiques et des instruments que beaucoup de messages passaient. Moi, je chante l’Afrique, je pleure l’Afrique quand il le faut, je l’honore et je l’exhorte au courage car la route est encore longue, à la détermination parce qu’il faut que les choses changent en bien. Mais dans la compréhension. C’est pour cela il faut être simple.

Sur un plan strictement musical, quelle est la nouveauté que vous introduisez lorsqu’on connait votre goût prononcé pour l’évolution de votre art?
A part le nouvel instrument « Le Mvet fou » je passe toujours par des pédales d’effets le mvet et le Ngomo. J’invite M. Binda Ngazolo dans un titre joué avec Trois Sanza (Pianos à pouces). Le tam-tam d’appel est toujours au rendez-vous dans la musique d’Abakuya. Jimi le bassiste australien s’est aussi mis au tam-tam d’appel, c’est la preuve que la collaboration est bonne…Et nous avons enfin trouvé le style de musique dans lequel Abakuya va évoluer. La « Tribal Trad. Transe Underground »


journalducameroun.com)/n

Est-ce que vous avez déjà programmé la tournée de présentation de cet album?
Plus que jamais déterminé, nous travaillons actuellement pour la présentation du disque au Cameroun d’ici la fin de l’année 2011. Nous avons quelques concerts à Paris (Participation au festival Reflets d’Afrique à Tremblay le 8 et 10 juin), (Une carte Blanche le 25 juin au 59 de la rue de Rivoli à Chatelet à paris), (Un concert le 1er juillet à l’Alimentation Générale à Paris), (une participation à la clôture du festival de conte de Vassivières en août…) La suite viendra certainement

Où peut-on déjà se procurer votre dernière production?
Pour le moment, nous avons six titres du prochain Cd dans un étuit que nous vendons lors de nos concerts. Pendant ce temps, nous travaillons très dur pour la promotion et pour trouver distributeurs au Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, pays avec qui nous partageons l’Art du Mvet, du Ngomo, Flûtes pygmées et coquille d’escargot. Nous cherchons aussi ailleurs. C’est pour cela que je lance un vibrant appel à tous. Seuls nous n’y pouvons pas grand’ chose, donc nous avons besoin de toutes les mains. Je remercie le journal du Cameroun, je remercie le travail acharné de Mélanie Schavann, la chargé de Production du groupe Abakuya. Et je condamne la piraterie qui mine mon pays et bien d’autres encore.


journalducameroun.com)/n


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