Société › Kiosque

Jean Marc Bikoko : « Le Cameroun, un volcan bientôt en éruption »

Le président de la Centrale syndicale du secteur public (CSP) analyse le climat social au Cameroun à la veille de la 128è fête internationale du Travail

Monsieur le président, à votre avis, quelle ambiance caractérise dans les milieux socioprofessionnels la célébration du Ier mai 2014 au Cameroun ?
L’ambiance qui prévaut dans les milieux socioprofessionnels en cette veille de célébration de la 128e fête du travail est systématiquement morose, et le climat social délétère. Les travailleurs n’ont plus le c ur à l’ouvrage à cause de l’incertitude des lendemains. En dépit de la faiblesse de leur pouvoir d’achat, les hausses injustifiées des prix d’un certain nombre de produits de base et de services essentiels annoncées constituent un véritable casse-tête.

Depuis quelques années, votre syndicat rechigne à participer au défilé des travailleurs organisé par le ministère de tutelle. Pourquoi? Est-ce que d’autres centrales syndicales vous emboitent le pas?
Il faut déjà préciser que c’est depuis 2008 que la CSP s’est démarquée des manifestions officielles relatives à la célébration de la Fête du Travail et non depuis l’année dernière. Pour des raisons de logique et d’orthodoxie syndicale. Le 1er Mai célèbre le courage des travailleurs qui, au prix de leurs vies, ont réussi à mettre fin au système esclavagiste en vigueur au 19e siècle dans les milieux socioprofessionnels. C’est grâce à leur courage et à leur sacrifice que nous avons droit aujourd’hui à une journée de travail de huit (8) heures, un congé annuel et de nombreux autres avantages. C’est cette victoire (sur le patronat et les gouvernants) qui est célébrée, sur fond de commémoration de la mort de milliers de travailleurs enregistrés au cours des manifestations organisées dans le cadre de ces revendications. Il s’agit donc pour les organisations des travailleurs à travers le monde dʹune sorte de funérailles à l’honneur de ces victimes, qui ne sauraient être organisées par les bourreaux. Des velléités de démarcation ont prévalu dans le cadre de la célébration de la Fête
du Travail 2014 de la part d’une frange d’organisations syndicales, mais celles†ci se sont estompées il y a quelques jours suite à un « accord » signé avec le gouvernement.

Le ministère de tutelle prétend organiser ce défilé parce que les centrales syndicales n’arrivent pas à s’entendre sur l’organisation dudit événement. Qu’en dites-vous?
L’organisation des manifestations relatives à la célébration de la Fête du Travail ne se discute pas. Elle ne concerne en rien les gouvernements et donc, l’argument du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale (MINTSS) pour la CSP ne saurait justifier son entêtement. Même si les divergences entre les dirigeants des différentes confédérations syndicales constituent un véritable obstacle à la sérénité qui devrait entourer l’organisation de cet évènement.

Le climat social est orageux. Les employés et travailleurs dans divers secteurs d’activités, autant dans le public que dans le privé, expriment leur mécontentement. D’autres n’hésitent pas à battre le pavé. En rapport avec cet état des lieux, peut-on dire que le Cameroun est une poudrière susceptible de sauter à tout moment?
C’est une vérité de Lapalisse. Le Cameroun aujourd’hui constitue un véritable volcan dont les
signes d’une éruption imminente sont plus que jamais évidents. C’est dommage que les gouvernants n’en tiennent pas compte et continuent à se comporter avec tant de désinvolture.

Jean-Marc Bikoko, le président de la Centrale syndicale du secteur public
yaoundeinfos.com)/n


L’Info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé