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Jean Marie Tallet: Le parcours brillant d’un optimiste…

La mission de Délégué France du Gicam, principal Groupement Inter-patronnal du Cameroun, fait de plus en plus sortir de sa discrétion cet expert-comptable installé en France depuis près de 30 ans

Originaire de Bamenkombo dans le département des Bamboutos, il est né en 1967. Après des études primaires au quartier Komkana/Madagascar à Yaoundé, il poursuit sa scolarité à l’école primaire Publique de Bépanda-Garçons à Douala. Il entrera au Collège d’Enseignement Général de Manjo, nouvellement créé, entre Loum et Nkongsamba pour y débuter le 1er cycle du secondaire. Cycle qu’il achèvera au lycée bilingue de Buéa dans le Sud-ouest. Il vogue ainsi au gré des déplacements professionnels de la famille. A 17 ans, il obtient un baccalauréat littéraire et s’inscrit à la faculté de droit de l’université de Yaoundé. C’est pour poursuivre ses études, et se destiner à la carrière d’Avocat ou de Banquier dont il rêvait, qu’il arrive en France en 1987. C’était sans compter sur la rencontre en France avec un cousin (Jean Marc) étudiant en expertise comptable qui va le convaincre de se lancer dans cette voie, en lui vantant les débouchées de ce métier. Il va donc s’inscrire dans la filière expertise comptable à l’Ecole Supérieure de gestion en parallèle avec une Prépa HEC, Sup de Co Paris et intègre l’école normale supérieure de Cachan (option économie). A la sortie de cette dernière, il est recruté en 1992 comme Responsable administratif et comptable de la fondation «Droit de Cité» à Paris, qui s’occupait du financement des projets portés par les jeunes. Après deux ans passés au service de cette structure portée par d’anciens ministres de gauche, il intègre un cabinet d’expertise comptable dans le 16e arrondissement de Paris: «J’y ai beaucoup appris, mais là où j’apprends tous les rouages de l’expertise comptable, c’est à Lens à côté de Lille où j’ai un oncle Expert-Comptable, Thomas, qui y a un cabinet et qui m’a pris en main pour mon stage professionnel et surtout une très bonne formation». Ayant toujours gardé des contacts en Ile de France, notamment à Puteaux (commune de la petite couronne Parisienne, dans le 92), il tombe sur l’opportunité d’enseigner la gestion financière, la comptabilité, le droit fiscal et des sociétés à l’EPF, une école d’ingénieurs : «cette expérience très riche a été rendue possible grâce à un Ami/frère sénégalais Mr Alioune Diouf lui-même enseignant ».

Expertise comptable, le dévouement pour les clients
Après cette expérience professionnelle enrichissante qui s’arrête dans les années 2000, il a déjà à l’esprit de créer un cabinet et d’être indépendant, mais souhaite acquérir encore plus d’expérience, notamment dans une multinationale si possible. C’est ainsi qu’il postule et est accepté chez Siemens Computer France en tant que Directeur adjoint de contrôle de gestion : « J’y suis allé avec des objectifs personnels clairs et précis, je voulais vivre l’expérience pour savoir comment ça se passe dans une grande entreprise, mais j’avais clairement déjà mes projets en tête ». Projets qui prendront le dessus sur la stabilité que peut offrir un emploi de cet acabit : « Au bout de quelques mois de travail, j’avais atteint mes objectifs personnels ». Après 8 mois, il décide de partir et d’installer son cabinet. C’est le début d’une nouvelle vie un peu rude car « Je partais de rien, et c’est la qualité de mon travail, mon sérieux qui ont permis que je trouve des clients. Mon 1er client, l’inoubliable Mr Deflou, gérant d’une Sarl, très satisfait de mes services, m’a trouvé d’autres clients en parlant de moi autour de lui et à d’autres chefs d’entreprises ». Progressivement, il étoffe son portefeuille de clients, parfois recommandé par des organismes bancaires ou via des conférences professionnelles qu’il anime. Il s’installe à Courbevoie, en plein c ur du quartier d’affaires de la Défense, en proche banlieue parisienne où il est toujours. Aujourd’hui, son cabinet compte 13 collaborateurs en Europe et en Afrique. En parallèle de ses missions comptables, il crée une autre société d’Ingénierie Informatique avec laquelle il obtient un prix de l’Anvar/Ministère de la Recherche en 2002/2003.

Jean Marie Tallet, délégué France du Groupement Inter Patronal du Cameroun (Gicam)
Jean Marie Tallet)/n

Le Gicam, responsabilité nouvelle et passionnante
«Sans attendre la délégation du Gicam, j’avais déjà conduit et animé via l’ambassade du Cameroun en France, des missions économiques, c’est donc une continuité». En effet, depuis un an, il est Délégué France du Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM), avec comme mission de couvrir le maximum de pays en Europe. La feuille de route de cette mission que lui a confié Mr André Fotso, Président du patronat camerounais, est celle de pouvoir regrouper la diaspora entrepreneuriale, investisseurs, fonds d’investissements, partenaires industriels divers ainsi que des compétences et expertises multiples éparpillées en Europe, les faire venir au Cameroun via un schéma bien encadré et accompagné qu’est la nouvelle plate forme et vision élaborées par le Gicam afin que ces derniers participent activement à la dynamique «positive qui est en marche en ce moment au Cameroun et globalement en Afrique». Selon lui, «au Gicam, on voudrait une émergence du Cameroun avant 2035». Évoquant les difficultés, il affirme que «la mission qui m’a été assignée est difficile parce qu’elle part de rien. Le but étant d’aller au-delà de la France». C’est donc un homme conscient des difficultés comme celle de la structuration du Gicam France qui a décidé de mener à bien ces objectifs. Depuis son installation, il a monté un fichier de 270 profils d’entreprises, conduit deux voyages d’affaires au Cameroun (Université d’été du Gicam (UG), Journées de l’entreprise (JDE) dont un en présence d’un fond d’investissement francais: «Je suis très heureux d’accompagner la dynamique actuelle impulsée par Mr Fotso avec son équipe Exécutive et j’invite les entrepreneurs camerounais, et tous ceux qui aiment le Cameroun et par-delà l’Afrique, à nous rejoindre».

Jean Marie Tallet en compagnie d’André Fotso, président du Gicam
Jean Marie Tallet)/n

Héritier et Chef de Groupement communautaire
Très actif dans les associations professionnelles, il l’est aussi dans la vie associative communautaire. Son statut de successeur d’un chef traditionnel du groupement Bamenkombo (car il succède à son père) a sans doute contribué à l’en préparer davantage. D’autant plus qu’il pense y avoir été préparé par son père, juge-assesseur au tribunal de Mbouda, décédé en 2005. Jean Marie Tallet a tôt fait de comprendre que ses responsabilités sociales dépasseront le cadre de l’éducation de ses 3 enfants à qui je «transmets l’amour du Cameroun ainsi que les valeurs reçues d’une famille bien tenue d’une poigne d’amour et de fer par une généreuse Maman agricultrice très active». En tant que camerounais, Jean Marie Tallet n’a pas dérogé à la passion locale pour le football. Il a été gardien de buts pendant quelques années dans l’équipe de la commune de Puteaux avant de raccrocher les crampons. Il s’est aujourd’hui chaussé d’optimisme et essaie, chaque fois qu’il en a l’occasion, de partager cette vision d’un Cameroun qui bouge, qui avance et doit réussir; Ce qui lui vaut parfois quelques échanges difficiles avec des compatriotes vivant en France et estimant que rien n’est possible au pays avec le régime en place. C’est sans doute cet optimisme qui lui permet d’avancer «simplement et tranquillement» dans un environnement quelque fois difficile. Parlant des difficultés dans son intégration sociale et professionnelle en France, il pense qu’ «elles ne sont pas devenues des tâches inoubliables et insurmontables». Quel optimisme naturel!


Jean Marie Tallet)/n
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