Jeunesse et conscience électorale II: Un droit de vote limité accordé á la diaspora

Par Richard Gatchoko, Ecrivain camerounais, activiste social

Chers frères et s urs, vous avez sûrement lu ma première lettre relative à notre devoir quant au droit qui nous revient de choisir ceux qui vont conduire notre pays dans les prochaines années vers les lendemains prometteurs. Je reviens avec la plus forte conviction, avec une énergie de plus pour réaffirmer sans farder, sans ambages, que nous détenons l’avenir de notre pays. Le climat politique actuel que nous observons sous le ciel camerounais est véritablement loin des nouvelles démocraties. Il prête à des interrogations même si de jours en jours on observe une nette amélioration dans le processus électoral comme par exemple le droit de vote limité accordé aux camerounais de la diaspora. Excusez-moi si j’ai dit limité. Oui il est limité dans le fond et dans la forme. Pour le premier on reconnaît véritablement à Etourdie qu’un droit de vote loin de la ratification de la charte de la double nationalité n’a vraisemblablement aucune influence majeur sur les élections car presque 40% des camerounais vivant à L’étranger, pour sauver leur gagne-pain ont acquis la nationalité de leur pays d’adoption. En plus en s’ouvrant uniquement aux camerounais en situation régulière, l’Etat rejette et écarte tous les sans-papiers et des immigrés en situation illégale vivant à la Diaspora. Nous évaluons cette tranche à plus de 20%. Ce qui nous donne déjà un premier avis sur le résultat des élections du Cameroun d’ailleurs.

Quand les élections coutent financièrement chers à un citoyen
Dans le second cas, la liste électorale est présentée á la diaspora trois semaines uniquement avant la date prévue pour sa clôture. Le laxisme étatique tant décrié du pouvoir de Yaoundé confirme encore son véritable rôle de trouble-fête en manquant le respect á son peuple vivant à l’étranger. Ensuite, les bureaux de vote seront ouverts dans les ambassades. Ceci dit des étudiants et travailleurs camerounais en situation régulières(presque 35%) ne résidant pas dans les villes qui regorgent les ambassades seront obligés de fournir des efforts physiques et financiers pour servir leur pays. Ce qui me fait penser directement à « L’Etat égoïste ». De nos jours, tous les Etats se rapprochent du peuple afin de mieux familiariser celui-ci aux institutions de la nation. Mais le Cameroun s’éloigne plutôt et tout ceci au nom de la « démocratie apaisée ». Je prends par exemple le cas d’un jeune étudiant résidant dans le ville de Ludwigshafen en Allemagne, qui ne reçoit aucun soutien de l’Etat comme c’est d’ailleurs le cas, qui se bat jour et nuit pour s’offrir le pain quotidien, financer ses études et même soutenir sa famille rester dans le désespoir et la misère de chaine au Cameroun. Mais désire donner une vision à son pays en participant au choix des dirigeants de celui-ci. Pour accomplir cette mission citoyenne, il sera obligé de dépenser une somme supérieure ou égale à 150 000 f cfa (frais de transport uniquement de sa ville à Berlin). Une somme qui est déjà largement suffisante pour un fonds de commerce de sa cousine qui voit le noir à Bamenda. L’Etat n’aime pas la Diaspora. Nous voulons qu’il se rapproche de nous, qu’il joue son rôle de facilitateur dans le processus électoral, de conciliateur du peuple. Avant de nous poser la question de savoir ce que nous avons apporté á L’état, il est temps que nos dirigeants se demandent intérieurement ce qu’ils ont fait des droits et devoirs de l’Etat. Apres cette analyse, on se pose réellement la question de savoir qui va voter ?

La minorité qui roule sur la couche d’or d’un peuple
Le pessimisme me ronge, l’avenir mitigé me tracasse, le regard décousu de la jeunesse me coupe le souffle et la politique de mon pays me donne la fièvre. Nul ne peut vivre sans la politique, nul ne peut ignorer la loi de sa citer. Car lorsqu’on abandonne son pays, au moment des casses tout le monde est concerné. La politique est la gestion des biens et des hommes, c’est un processus issu des contrats sociaux entre les hommes appelés à vivre ensemble. Chers jeunes, chers frères et S urs, je suis un partisan de la non-violence, je suis encore plus un partisan de la clarté et de la transparence. Alors n’acceptons plus que nos droits et devoirs soient bafoués au profit d’une minorité qui roule sur la couche d’or de tout un pays au détriment d’une majeure partie de la population qui sombre dans les abîmes obscurs de l’histoire. Inscrivons-nous massivement sur des listes électorales, votons pour notre candidat de choix. Mais demandons aussi á l’Etat de libérer les Elections.
Restons vigilants.

Richard Gatchoko Youaleu, écrivain camerounais et activiste social


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