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JIF 2018 : Marie Mabin, une « dame de fer » chef de quartier à Mboppi

Marie Mabin, chef de 3e degré à Douala (C) journalducameroun.com

A l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme, Journalducameroun.com vous livre le portrait d’une femme dont les actes influencent positivement son environnement.

Les cheveux gris de cette dame de 59 ans contrastent avec son dynamisme et son énergie débordante. Une énergie que Marie Mabin a su mettre, depuis bientôt 10 ans, au service des populations de Mboppi Civil à Douala, quartier dont elle est le chef. Son aire de commandement, une chefferie de 3e dégré divisée en 3 blocs, compte près de 300 administrés.

Malgré ses problèmes de vue, celle qu’on a surnommé « Margareth Thatcher », du nom d’une anciene chef de gouvernement britannique, affirme avoir vu des vertes et des pas mûres. « Certains délinquants qui faisaient du vol à la tire se sont donnés le nom de Microbes. Je leur ai dit que moi, je suis Antibiotique. J’ai mis fin à ce phénomène. Avec le concours des forces de l’ordre, certains ont été envoyés en prison. D’autres étaient en aventure en Algérie. Ils sont de retour. Il faut que ça finisse. J’y veille», assure-t-elle.

La quinquagénaire déplore aussi le non-respect des règles d’hygiène par certains habitants. Ce jeudi 08 mars 2018, alors que les dames vêtues aux couleurs de la journée internationale de la femme s’adonnent aux réjouissances, madame le chef de quartier est en réunion avec des opérateurs économiques de sa circonscription. Marie Mabin essaye de convaincre ces entrepreneurs de faire un peu de propreté devant leurs commerces tous les jeudis, entre 7h et 11h.

« Plusieurs ne suivent pas la dynamique du jeudi de propreté. Ils vont respecter cette règle à tout prix », martèle la responsable de la chefferie. Marie Mabin est souvent obligée de hausser le ton. Même devant les forces de l’ordre. Certains jeunes l’appellent « la dame de fer», mais Marie Mabin se sert avant tout de son cœur de mère pour apporter des conseils lors de conflits.

Née le 26 juillet 1959, Marie Mabin a passé son enfance chez ses parents à Mboppi Civil. Elle quitte le quartier à la faveur de son mariage. Mais après 16 ans de vie conjugale, les liens sont rompus. Marie Mabin retourne vivre dans la maison de ses parents en 1998. Elle se lance dans la gestion d’un débit de boissons.

En 2004, le chef de quartier en poste décède. Des batailles de succession éclatent. Et c’est dans le « bar » de Magaret Thatcher» que les bagarres se déclenchent la plupart du temps. La « dame de fer » intervient à chaque fois et ramène la paix entre les parties. « Quand je parlais, on m’écoutait. C’est un don », confie-t-elle

Ces interventions attirent l’attention des autorités. Elle reçoit la fréquentation d’un agent de police en civil dans son bar pendant trois mois. Un matin de mai 2008, elle est convoquée à la sous-préfecture de Douala 3ème. Contre toute attente, Yampen Ousmane, le sous-préfet de l’époque, lui remet une carte de chef « par intérim ». Elle recevra plus tard, une autre carte de « chef de quartier » de Mboppi Civil.

« Sachez qu’on va vous calomnier. On racontera des faussetés sur vous. Mais nous ne doutons pas de votre moralité », a rassuré le chef de terre. Face de lui, Marie Mabin tremble devant une si lourde mission. Mais avec le temps, la routine et les conseils, plus rien ne surprend la « Mama » aujourd’hui.

 

 

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