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Joelle Esso, virtuose de la culture camerounaise

Peintre, comédienne, danseuse, illustratrice, chanteuse, auteur-compositeur, elle vit en France depuis des années!

Elle a composé la musique du film « Les Saignantes » de Jean-Pierre Bekolo, son autre passion, le dessin lui a valu d’illustrer six livres de 2006 à 2009. Sa première BD, Petit Joss, sera disponible fin 2009 chez DAGAN.

Peintre, comédienne, danseuse, illustratrice, chanteuse, auteur-compositeur. Comment vous définissez vous?
Artiste tout simplement.

On va aller pas à pas en prenant chacun de vos talents. Comme chanteuse. Après avoir été longtemps choriste, vous avez sorti votre album solo « Mungo ». Parlez nous en?
« Mungo ! » parle de moi, ma vie, ma famille et un peu de certains problèmes universels tels que la maladie mentale, la décolonisation, l’amour. A un moment donné j’ai eu besoin de traduire mes propres émotions après avoir transmis celles des autres en tant que choriste.

Vous composez aussi puisque vous être au générique des saignantes de Jean Pierre Bekolo!
C’est une belle aventure que JP m’a proposée, et c’était une première pour moi, très belle expérience, il fallait tenir compte de certaines contraintes par rapport aux images, au timing de l’action etc. Je le remercie de m’avoir donné cette opportunité.

on va parler de la Joëlle Esso illustratrice. C’est ce qui vous a poussé à préparer un projet de bande dessinée?
C’est un projet qui mijote en moi depuis quelques années ; agacée par l’image misérabiliste de l’Afrique véhiculée par les médias, avec toujours des enfants pieds nus, au gros ventre, mourant de faim etc ; j’ai eu envie de raconter mon Afrique, celle d’une enfance insouciante à Douala dans les années soixante-dix, à travers le quotidien de l’école primaire Petit Joss.

Vous êtes aussi peintre?
Oui, j’ai réalisé une fresque à l’église Béthel de Pierrefitte en région parisienne.

Vous avez fait l’école d’Arts Graphiques puis un cursus en Histoire de l’Art. Mais comment attrapez-vous le virus de la musique?
Par le dessin justement. Feue Abeti Massikini m’avait demandé de lui faire un portrait, je me rendais donc chez elle tous les jours pour les croquis. Elle préparait un concert au Zénith, j’ai assisté aux répétitions, et de fil en aiguille je suis entrée dans le milieu, elle m’a recommandée au groupe Loketo avec qui j’ai donc débuté ma carrière musicale.

De tout ce que vous faites, qu’est ce qui vous accompli le plus?
Difficile à dire, mais peut-être la musique.

Un mot sur la cacophonie des droits d’auteurs au Cameroun
C’est un problème épineux pour les artistes, qui n’arrivent pas à vivre de leur création. Il faudrait vraiment que les pouvoirs publics, notamment le ministère de la culture, prennent les choses en main.

On reproche au Cameroun de ne pas entretenir ses talents. Disséminés aujourd’hui dans le monde. Votre avis
Je ne sais pas si le Cameroun n’entretient pas ses talents. Pour ma part, ma vocation musicale s’est révélée à l’étranger, je n’ai pas quitté le Cameroun pour me réaliser artistiquement, mais pour raisons familiales.

parlez nous du Cameroun que vous avez quitté pour la Côte d’ivoire. Des souvenirs?
J’ai commencé à m’intéresser à la musique à Abidjan, par l’entremise de Nayanka Bell qui était notre voisine. Sa gentillesse, son professionnalisme et sa simplicité m’ont amenée à considérer la musique comme un vrai métier. J’ai gardé des amis dans ce pays, avec qui je suis toujours en contact aujourd’hui.

Joëlle Esso
Mario Epanya / Habillée par Imane Ayissi)/n

Vous y retournez souvent au Cameroun?
Tous les 2 ans environ.

Avez-vous des projets au Cameroun?
Plusieurs chantiers sont en cours actuellement, notamment avec un collectif de dessinateurs de BD là-bas. J’ai également un projet de livres illustrés en langues locales.

Vous êtes installée en France. Qu’est ce qui vous manque du Cameroun?
Comme tout bon Camerounais, la nourriture ! Plus sérieusement, le cadre de vie, les gens.

Votre plus grand rêve?
Que nous retrouvions une vraie conscience panafricaine et que nous arrêtions de nous replier sur notre pays, notre région, notre clan.

Quels sont vos secrets de maquillage?
Un fond de teint-poudre pour unifier la peau, juste un peu d’ombre à paupières sombre, et un marron à lèvres avec une touche de doré dessus. Ça donne un air naturel.

Joëlle Esso
Mario Epanya / Habillée par Imane Ayissi)/n
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