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John Fru Ndi: «Si les doléances du SDF ne sont pas prises en compte, les élections n’auront pas lieu au Cameroun»

Outre ELECAM, le chairman du SDF revient sur les manifestations du 23 février à Douala et le recrutement de 25 000 jeunes

M. John Fru Ndi, quel est le message particulier que vous vouliez transmettre à vos militants dans l’Adamaoua?
Je suis très content d’être dans l’Adamaoua et je voudrais remercier tous les militants et tous les camerounais qui sont sortis massivement pour venir m’écouter. Le message que nous faisons passer c’est que les camerounais ont beaucoup souffert de mauvaises pratiques électorales. Maintenant, ELECAM est venu et nous sommes tous témoins de la manière dont cet organe a été mis sur pied et de la manière dont les inscriptions sont conduites sur le terrain. C’est pourquoi nous demandons à Monsieur Biya de revoir les textes organisant ELECAM pour qu’on s’asseye une fois pour toute pour organiser des élections libres et transparentes, des élections qui vont donner de la crédibilité au Cameroun afin d’attirer des investisseurs dans notre pays. Pour qu’un investisseur s’installe dans un pays, il a besoin d’être rassuré sur l’état des droits de l’homme, de la gouvernance etc. La situation des droits de l’homme au Cameroun est mauvaise, la gouvernance est mauvaise. C’est pourquoi nous disons qu’ELECAM dans son organisation actuelle ne peut pas organiser des élections libres et transparentes.

Lors de votre Meeting, certains militants vous ont demandé si vous étiez devenu ami avec le Président Paul Biya, parce que de plus en plus, on vous voit ensemble. Qu’en est-il exactement?
Nous n’avons jamais été ennemis et je n’ai jamais été l’ennemi d’un camerounais. Le fait de serrer la main de quelqu’un ne veut pas forcément dire que vous partagez le même point de vue. Et si serrer la main était synonyme d’amitié et d’accord parfait, je ne serais pas en train de faire le tour du Cameroun pour expliquer le point de vue du SDF.

La célébration de la journée des martyrs à Douala a été mal calculée et certains en ont profité pour créer de la confusion. Si le peuple doit organiser des marches pour demander à Biya de partir, que cela soit connu de tous les camerounais.
John Fru Ndi, chairman du Social Democratic Front

Monsieur Fru Ndi, vous êtes pour ou contre les inscriptions sur les listes électorales?
Nous disons que tout le processus est mauvais. Il y a actuellement des personnes qui sont inscrites trois à quatre fois sur les listes électorales. On ne peut pas avoir un nouvel organe de gestion des élections et aller fouiller dans les anciennes listes. C’est pourquoi nous exigeons la refonte. Certains pays africains ont fait ce que nous demandons avec succès. Un pays comme le Bénin l’a fait. Le Cameroun aussi est capable de le faire. Nous avons copié l’ONEL qui marchait bien au Sénégal, mais arrivé chez nous, c’était un échec. Aujourd’hui, nous sommes encore dans cette marre. Nous disons qu’ELECAM qui a été proposé par le Commonwealth doit démarrer avec de nouvelles listes, mettre en place un système biométrique d’inscription.

Alors qu’est-ce qu’on doit retenir concrètement. Les militants du SDF doivent s’inscrire sur les listes électorales ou alors ils doivent s’abstenir?
Nous disons que si les choses sont bien organisées, ils doivent s’inscrire. Tout porte à croire qu’à l’heure actuelle, c’est loin d’être le cas.

Est-ce que vous avez des preuves de ce que vous avancez?
Oui, nous avons des preuves concrètes. Nous ne faisons pas des affirmations gratuites. J’ai même des preuves qui attestent qu’un même individu s’est inscrit sept fois sur les listes électorales lors des élections présidentielles de 2004.

Quelle est la position du SDF par rapport aux manifestations qui ont eu lieu à Douala?
La position du SDF c’est que nous avons des martyrs qui sont morts lors de la création du parti en 1990. La célébration de la journée des martyrs à Douala a été mal calculée et certains en ont profité pour créer de la confusion. Si le peuple doit organiser des marches pour demander à Biya de partir, que cela soit connu de tous les camerounais. Il ne faudrait pas qu’on profite de la célébration de la journée des martyrs pour dire que c’est le SDF qui a demandé qu’on organise une marche pour demander au Président Biya de partir.

John Fru ndi à Nagoundéré le 24 février 2011
Journalducameroun.com)/n
I think that the recrutement of 25 000 cameroonians is a big joke
John Fru Ndi, chairman du Social Democratic Front

Chairman, vous avez présenté un document en 11 points au Président Paul Biya, quelle sera la position du SDF si rien n’est fait jusqu’à la veille des élections?
Si rien n’est fait, les élections n’auront pas lieu au Cameroun.

Cela voudrait dire que si vos doléances ne sont pas prises en compte, vous allez boycotter les élections?
Je dis bien que si les doléances du SDF ne sont pas prises en compte, les élections n’auront pas lieu. Ce n’est pas une question du boycott des élections, les élections n’auront pas lieu.

Monsieur Ni John Fru Ndi que pensez-vous de la promesse faite par le chef de l’Etat de recruter 25 000 jeunes camerounais dans la fonction publique?
Je me demande pourquoi avoir attendu la dernière minute, pratiquement à la tombée de la nuit pour faire de telles promesses ? Le chef de l’Etat est venu à Bamenda, il a promis l’Université, la Ring Road, un hôpital de référence. Il est allé à Ebolowa, il a promis la même chose, sinon plus, la route allant de Biwonbane à Kribi par Akon II, la route Ebolowa-Sangmelima, la construction des barrages hydroélectriques. Vous voyez que 25 000 emplois ajoutés à toutes ces promesses, c’est un peu trop. Nous sommes tous des camerounais, soyons francs et honnêtes. Avons-nous le budget pour la réalisation de tout cela ? Je suis sûr que sur les 25 000 postes à pourvoir, plus de 100 000 jeunes camerounais vont postuler. Si chacun d’eux ne dépense que 10 000 francs, vous imaginer à combien cela va s’élever ? Nous serons en train de rendre les pauvres encore plus pauvres. Parce qu’il y a des gens au Cameroun qui travaillent depuis 2 ans pour certains et depuis 5 ans pour d’autres sans salaire. Il y a des fonctionnaires camerounais retraités qui meurent sans recevoir leur pension de retraite alors que c’est de l’argent qu’ils ont épargné. C’est pourquoi je pense que le recrutement de 25 000 jeunes camerounais est une grosse blague, think that the recrutement of 25 000 cameroonians is a big joke parce qu’il y en a qui ont été recrutés depuis sans être payés. Où est-ce qu’ils vont trouver de l’argent pour payer ceux qu’on va recruter ?

Monsieur le Chairman, comment va le « Shadow cabinet » du SDF?
Le shadow cabinet ne peut pas être effectif maintenant parce que nous avons quelques problèmes, mais le Shadow cabinet est là.

Ni John Fru Ndi lors de son meeting du 23 février 2011 à Ngaoundéré
Journalducameroun.com)/n


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