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Joseph Aouda, le Camerounais Ă  la conquĂȘte du rail ouest-africain

Joseph Aouda, ingénieur camerounais. ©Droits réservés

A 45 ans, l’ingĂ©nieur de gĂ©nie-civil a coordonnĂ© les premiers travaux de construction de la boucle ferroviaire d’Afrique de l’Ouest, un ouvrage d’environ 2 600 km, initiĂ© par le groupe BollorĂ©.

A cĂŽtĂ© des fiertĂ©s camerounaises Ă  l’international qu’on ne prĂ©sente plus, se trouvent d’autres, plus Ă  l’ombre mais dont l’Ɠuvre et la tĂąche forcent l’admiration. C’est le cas de Jean Joseph Aouda, le Camerounais Ă  la conquĂȘte du rail ouest-africain.

La boucle ferroviaire d’Afrique de l’Ouest, un projet titanesque

La boucle ferroviaire d’Afrique de l’Ouest est un projet portĂ© par le groupe BollorĂ©. BaptisĂ© « Blue Line », cette initiative vise la construction et la rĂ©novation d’un rĂ©seau de 2 600 km de voie ferrĂ©e devant relier cinq pays. Son tracĂ© comprend le port d’Abidjan, en CĂŽte d’Ivoire, en passant par Ouagadougou au Burkina Faso, puis Niamey au Niger, le port de Cotonou au BĂ©nin et enfin le port de LomĂ© au Togo.

D’un coĂ»t global de 2,5 milliards d’euros (1 625 milliards de francs CFA), cet ouvrage financĂ© sur fonds propre par BollorĂ©, sera construit pendant une dizaine d’annĂ©es au moins.

Et c’est Jean Joseph Aouda, un Camerounais, que le groupe français a choisi pour la coordination des premiers travaux de cette mĂ©ga-infrastructure.

Du génie-civil à la construction ferroviaire

Titulaire d’un diplĂŽme d’ingĂ©nieur en gĂ©nie civil obtenu Ă  l’Ecole nationale supĂ©rieure des Travaux publics de YaoundĂ© en 1996, Jean Joseph Aouda est aussi un laurĂ©at de la France Business school oĂč il a obtenu un MBA en 2014.

Il commence sa carriĂšre professionnelle au ministĂšre des Travaux publics en 1996 comme cadre d’appui. Il part de lĂ  en 2002, alors qu’il occupe le poste de chargĂ© d’études assistant N°2 Ă  la cellule de la protection de l’environnement.

La mĂȘme annĂ©e, il intĂšgre la Cameroon Railways, la sociĂ©tĂ© nationale en charge de la gestion du rail camerounais. Il y occupera graduellement les fonctions d’ingĂ©nieur assistant (2002), assistant chef des projets (2004), chef de Division des installations fixes Ă  NgaoundĂ©rĂ© (2007), coordonnateur d’exploitation rĂ©gionale (2009), directeur d’exploitation Mobirail en charge du transport voyageurs (2011) et directeur des Installations fixes entre 2012 et 2014.

En 2014, il rejoint le groupe BollorĂ© oĂč il va occuper le poste de directeur des installations fixes au Niger.


RemarquĂ© pour son efficacitĂ© et son sens poussĂ© des responsabilitĂ©s, en aoĂ»t 2014, il est nommé responsable des travaux ferroviaires dans le cadre de la construction de la boucle ferroviaire de l’Afrique de l’Ouest, un poste qui l’amĂšne Ă  suivre la formation et la supervision au quotidien d’une Ă©quipe de travail d’environ 1 000 employĂ©s, entre aoĂ»t 2015 et avril 2016.

Afro-optimiste 

PrĂ©sentĂ© dans son entourage comme un homme intĂšgre et Ă  l’humour facile, Jean Joseph Aouda fait partie de ces managers dont le principal challenge consiste Ă  hisser l’expertise panafricaine parmi les plus sollicitĂ©es en Afrique et dans le monde.

Pour lui, l’Afrique ne doit pas seulement se construire avec l’ingĂ©nierie occidentale. Il estime d’ailleurs que les gouvernements africains gagneraient Ă  faire plus confiance aux expertises locales car, « elles sont les mieux indiquĂ©es lorsqu’il s’agit d’implĂ©menter des solutions infrastructurelles durables et adaptĂ©es  aux rĂ©alitĂ©s africaines », affirme-t-il.

AprĂšs une interruption des travaux sur la Blue Line, suite à quelques diffĂ©rends judiciaires opposant un homme d’affaires bĂ©ninois, au  gouvernement bĂ©ninois et Ă  BollorĂ©, en mai 2016, Jean Joseph Aouda retourne au Cameroun, dans la ville de Douala. Il y intĂšgre le cabinet d’études BEACOP SAS pour le dynamiser et en devenir plus tard le patron.

Une expertise Ă  la disposition de son pays

Fier de son parcours, l’ingĂ©nieur camerounais se dit porteur d’une riche expĂ©rience qu’il n’hĂ©siterait pas Ă  mettre au service de son pays et de l’Afrique.

Cependant, au Cameroun oĂč le gouvernement s’attĂšle Ă  rĂ©aliser de nombreux projets ferroviaires, Jean Joseph Aouda estime que « le gouvernement gagnerait Ă  s’entourer des experts locaux dans le cadre de ses diffĂ©rents projets ».

Par ailleurs, c‘est avec beaucoup de fiertĂ© et l’air rassurĂ© qu’il parle de son cabinet, une start-up crĂ©Ă©e en 2014. Avec un effectif de 22 employĂ©s, l’entreprise  compte des rĂ©alisations en Afrique de l’Ouest, comĂče le contrĂŽle, la formation des nigĂ©riens dans les mĂ©tiers ferroviaires dans le cadre de la rĂ©habilitation de 150 km de voie ferrĂ©e entre Niamey et Dosso au Niger et le renouvellement et la rĂ©habilitation de 35 km de voie ferrĂ©e entre LomĂ© et CacavĂ©ly au Togo en 2015.

InterrogĂ© sur ses perspectives avec le groupe BollorĂ© qui compte relancer son projet en Afrique de l’Ouest, Jean Joseph Aouda se dit disposĂ© Ă  reprendre l’aventure mais plus comme un employĂ©, mais, cette fois, comme une entreprise en charge de la maĂźtrise d’Ɠuvre.

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