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Joseph Owona: c ur de lion, langue de vipère

Dès qu’on l’a nommé au poste du Comité provisoire de normalisation, l’agrégé s’est tout de suite pris pour un ministre. Ministre du football

Joseph Owona est un grand prof de droit. Il est agrégé. Dans son esprit, c’est sans doute ce qui se fait de mieux en droit constitutionnel dans ce pays. Une sommité. C’est à ce Duverger national qu’on a confié la réécriture des textes de la Fecafoot voici près d’un an. Un petit travail que n’importe quel licencié ou n’importe quel homme de bon sens aurait achevé en quelques heures. Le grand prof a mis huit mois. Huit longs mois et il a même eu besoin d’une rallonge. Il était pourtant bien entouré de gens qui ne sont pas étrangers au football. Mais il semble que l’agrégé n’écoute personne. C’est lui le président du Comité provisoire de normalisation, un machin créé pour suppléer la Fecafoot. On ne sait pas qui a eu l’idée d’aller tirer Owona de sa retraite pour le remettre en scelle. Dès qu’on l’a nommé à ce poste, il s’est tout de suite pris pour un ministre. Ministre du football.

Cela lui a rappelé les bons moments d’antan lui qui a occupé une bonne demi†douzaine de postes ministériels. On l’a vu à l’ uvre à la Fonction publique, à la Santé, à l’Éducation, au Sport, au Contrôle supérieur de l’Etat. Partout, il a montré un réel appétit de pouvoir et d’argent. Écrasant les collaborateurs qui osaient lever la tête. Au poste de Secrétaire général de la Présidence de la République, il s’est pris pour un président bis. Il y a régenté la République et on lui a prêté des propos venimeux contre le Président Biya qui l’a pourtant nommé. Ses confidences au journaliste Ndzana Seme ont laissé sans voix nombre de citoyens. Owona ne se gênait pas pour canarder son patron.

Owona a toujours été comme cela, un sanguin. Du temps où il enseignait (plutôt bien) le droit aux étudiants de l’Université de Yaoundé, il avait déjà cette fameuse langue de vipère. Il lui est même arrivé de se quereller avec des étudiants et des étudiantes alors qu’il était déjà chancelier de l’Université. On raconte même qu’une étudiante insolente ou téméraire a fait voler en éclats les vitres de sa voiture. Owona grand prof a gardé ses nerfs à fleur de peau. Et on lui prête des velléités de régler les problèmes d’homme à homme, avec les coups de poing. Quand il était ministre de l’Éducation nationale, j’ai pu apprécier sa propension à faire le coup de poing. L’homme n’aime pas la critique. Il la considère comme une intolérable remise en question de son immense savoir. Dès qu’on ose le contester, il devient fou. Ainsi on l’a vu débarquer à la télé avec une valise pleine de diplômes! Si ce n’est pas de la folie cela. Le ridicule, heureusement, a cessé de tuer dans notre pays. L’esprit humain est un grand mystère. On ne comprendra jamais comment Owona grand intellectuel peut se laisser aller à des comportements primaires comme la violence physique ou le tribalisme de bas étage. On lui a prêté un rôle dans la résurgence des conflits tribaux lors du retour à la démocratie. Bardé de diplômes, Joseph Owona est aussi un personnage controversé dans sa gestion des affaires publiques.

Les personnes les plus gentilles avec lui le qualifient d’apprenti dictateur. Les membres du Comité de normalisation découvrent le management façon Owona. Ils n’ont rien à dire et certains s’en plaignent ouvertement. Ce qui n’empêche pas le prof de dormir. Et de croire à nouveau à son étoile. Il ne traite qu’avec la Présidence de la République ignorant superbement le ministre des Sports. Ce dernier n’apprécie que très modérément un tel manque de considération. On apprend qu’au Brésil, les deux hommes ne se cachent plus pour montrer leur inimitié. A cause de l’argent.

On parle de 3 milliards de francs Cfa. Moukandjo et Assou Ekotto n’ont pas mis long à copier ce bel exemple. «Grand jo» doit rêver d’un retour aux affaires. Par ces temps de remaniement ministériel toujours attendu chacun voit midi à sa porte. Pour l’instant, le grand prof se contente d’un peu d’argent de poche venant de la Coupe du monde brésilienne. A 70 ans, le lion de Mvengue n’a rien perdu de son appétit d’antan. Ni sa propension à engager toutes sortes de batailles. Au point qu’on oublie qu’il fut un temps Directeur de l’Institut des relations internationales du Cameroun. Owona diplomate? C’est le mariage de la carpe et du lapin.

Pr. Joseph Owona
Journal Intégration)/n

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