Politique › Institutionnel

Joshi Bahrat: «Nous saluons le déroulement des sénatoriales au Cameroun»

Le Haut-Commissaire de Grande Bretagne au Cameroun donne son avis sur ce processus politique et aborde d’autres points d’actualités

La Grande Bretagne vient de perdre une de ses figures emblématiques, Margaret Thatcher qui était très respectée au Cameroun par la classe politique mais aussi par la classe des intellectuels. Quel commentaire faites-vous à ce sujet ?
Je me rappelle très bien parce que j’avais dix ans quand elle est devenue Premier Ministre, jusqu’à ce que je finisse l’université. Elle était une force très importante dans ma vie personnelle. J’ai vu beaucoup de changements quand elle était là. Elle était quelqu’un qui était vraiment une grande figure sur la scène politique de la Grande Bretagne et le plus important du 20e siècle. Elle a beaucoup changé la Grande Bretagne, elle a changé l’Europe et aussi le monde lors de son passage en politique.

On va revenir un peu sur la situation interne au Cameroun où votre pays soutient le processus démocratique avec d’autres représentations diplomatiques notamment, la France, les Etats Unis et autres. On vient d’organiser les premières élections sénatoriales. Quelles sont vos impressions sur la question?
Nous saluons d’abord le fait que ces élections aient déjà lieu dans une ambiance de paix et ça c’est très important. Nous reconnaissons le rôle fondamental qu’a joué ELECAM qui continue de gagner en crédibilité dans la gestion des élections qui est une chose très importante. Le plus important pour nous c’est que le Sénat ajoute une valeur au processus démocratique du pays.

Il y moins de six mois le président Biya vous a reçu. A la sortie de cette rencontre vous avez dit que vous avez discuté de la politique générale du pays. Pensez-vous que le président camerounais suit les avis de ses partenaires britanniques ?
Je pense que le chef de l’Etat écoute, entend et considère le conseil qui est donné par la communauté internationale parmi laquelle la Grande Bretagne, mais surtout, comme j’ai l’habitude de le dire, le processus démocratique du Cameroun appartient à la population camerounaise. Ce sont les camerounais qui doivent prendre les décisions, qui doivent faire des campagnes s’ils veulent le changement. Ce sont des décisions qui restent avec vous (camerounais, Ndlr).

On sait que la démocratie est une avant-garde de la paix, mais la Grande Bretagne ne s’arrête pas qu’à l’accompagnement politique. Elle accompagne aussi sur le plan sécuritaire. Aujourd’hui on a enlevé des français dans le nord du Cameroun, il y a la crise en Centrafrique qui crée des problèmes à la frontière, il y a toujours ces problèmes d’éléphants massacrés dans l’Extrême Nord. Comment réagissez-vous à cela?
Nous nous inquiétons bien sûr pour la sécurité en Centrafrique. Nous voyons surtout les problèmes qu’on a eus au Mali au Sahel qui reste une zone où il y a manque de stabilité, il y a beaucoup de pauvreté, il y a les problèmes de changements climatiques, etc. Nous voyons que c’est une zone où il y a des grands défis dans le domaine sécuritaire et c’est ça qui nous inquiète beaucoup. En même temps, nous voyons que le Cameroun protège ses frontières où nous avons des forces militaires qui sont bien installées et qui sont prêtes à protéger les frontières. Entre le Cameroun et le Tchad, il y a une armée qui est dynamique et qui travaille sur la zone. Nous nous inquiétons bien sur pour les éléphants parce que ça pose d’abord le problème de sécurité. S’il y a des gens qui peuvent entrer au Cameroun avec les armes en grand nombre, c’est un problème sécuritaire aussi bien qu’un problème environnemental. Mais ça reste un grand défi, les éléphants partout au monde font partie des espèces protégées et on parle de la richesse du Cameroun qui ne veut pas les perdre pour des raisons historiques, culturelles et aussi touristiques. Ce sont des grands défis et c’est un grand pays avec beaucoup de voisins. Alors ce n’est pas facile de faire mais je pense que le gouvernement est très impliqué.

A côté de la démocratie, de la sécurité, il y a aussi l’économie qui permet de maintenir la stabilité dans les pays. La Grande Bretagne opte non par pour l’aide directe comme le font les autres, mais plutôt par l’apport des opportunités. Il y a de nombreux projets d’entreprises britanniques dans ce sens où en sont-ils ?
Ça reste en fait très important pour notre commissariat et nous continuons à travailler avec ces entreprises, mais il y a Bowleven qui a eu du succès avec le gaz naturel et même Dana Energy qui travaille dans les zones de Bakassi et l’Ouest. Nous travaillons avec plusieurs entreprises et selon moi, le plus important c’est que nous voyons qu’il y a eu une évolution politique mais nous regardons toujours qu’il y a l le potentiel économique qui n’a pas été réalisé. Et en 2012, selon moi, il y avait beaucoup de changements, nous avons beaucoup de projets, beaucoup d’infrastructures qui ont été créées et ça va ajouter beaucoup de valeur à la croissance économique. Nos entreprises sont là pour soutenir les objectifs du Cameroun de devenir un pays émergeant en 2035 et pour moi ça reste l’objectif le plus important pour le Cameroun et aussi pour la grande Bretagne qui continuera de l’accompagner dans ce processus.

Au c ur de défi de la croissance, les questions d’énergie. Joules Africa s’est engagée dans la construction d’un barrage dans la région du nord-ouest mais on n’a toujours pas de nouvelles. Où en est-on avec ce projet précis ?
Joules Africa travaille fortement sur le terrain. Il y a actuellement des équipes dans le Nord-Ouest qui travaillent pour faire l’étude de faisabilité et ça avance assez vite même avec la saison de pluie ça va continuer. Je peux vous dire que ça c’est une entreprise qui incroyablement dynamique et qui veut commencer le projet aussi tôt que possible et travaille très dure en partenariat avec le ministère et le gouvernement camerounais et vous verrez des choses évoluer cette année.

Joshi Bahrat, Haut-Commissaire de Grande Bretagne au Cameroun
journalducameroun.com)/n
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