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Journée de la liberté de la presse au Cameroun: Une célébration à deux niveaux

Alors que coté officiel on se réjouissait des avancées, une manifestation pacifique des journalistes a été réprimée

Réprimés le jour de la célébration de leur liberté
La Journée mondiale de la liberté de la presse, ce 03 mai, a été marquée au Cameroun, par diverses manifestations à Yaoundé et un peu partout dans le pays. De nombreux journalistes ont manifesté pour demander que toute la lumière soit faite sur le décès de Bibi Ngota, journaliste mort en détention préventive le 22 avril dernier. Les journalistes répondant à l’appel de leurs syndicats ont tenté de se diriger vers le siège des services du Premier ministère pour y faire un sit-in. Initiative bloquée à un carrefour par des policiers et gendarmes, qui étaient postés là depuis les premières heures de la matinée. On nous a dit que le rassemblement sur le site projeté est refusé pour non-respect des délais légaux de déclaration de manifestation publique nous a confié une source policière. Pourtant selon les déclarations de Nta a Bitang le secrétaire général de l’Union des journalistes du Cameroun qui en plus connait bien la déontologie administrative, l’avis de manifestation a été déposé dans les délais légaux. Les forces de l’ordre sont intervenues et au moins deux journalistes ont été sévèrement violentés. Dans l’affrontement, certains journalistes et policiers se sont écharpés. Polycarpe Essomba, correspondant de la chaine française RFI a déclaré la perte de son passeport et de son portable. Le sit-in s’est finalement tenu au carrefour où la manifestation avait été bloquée, sous la surveillance d’un important dispositif policier. «Libérez tous les journalistes encore en prison! », « Pour la dépénalisation des délits de presse », « Non à la persécution des journalistes », « Que la lumière soit faite sur la mort de Bibi Ngota », pouvait-on lire sur des pancartes.

Hommages et déclarations officielles
Pendant ce temps les manifestations officielles se poursuivaient au palais des congrès et au ministère de la culture. Un hommage officiel était rendu à Ernst Iwiyé Kala Lobé (1917-1991), doyen de la presse camerounaise et combattant de l’indépendance africaine. Le ministre de la communication l’a présenté comme un exemple pour les jeunes générations. Membre de la rédaction de la célèbre revue Présence Africaine et du comité de lecture de Présence Africaine Editions, il a exercé jusqu’à sa mort les fonctions d’administratif manager de la Société Africaine de Culture. Il est l’auteur de la biographie « Rudolph Duala Manga Bell », consacrée en 1981 à l’ancien roi des Douala et figure emblématique du nationalisme camerounais. Le sous-directeur général de l’UNESCO en charge du département Afrique Nouréini Tidkani Serpos, a salué la mémoire d’un « journaliste à la belle plume »,  » courageux » et aussi un « panafricaniste » qui a contribué à l’ indépendance des pays africains. L’annonce du jour a été celle des états généraux de la presse camerounaise.

Le moment est sans doute venu pour la profession de journaliste et les institutions à travers lesquelles elle existe, de faire sa propre introspection et de s’interroger sur sa propre dimension, sur l’image qu’elle projette d’elle-même dans l’espace public, sur la responsabilité sociale qui lui incombe et sur sa capacité à incarner les valeurs d’éthique et de déontologie d’elle est sensée receler.
Issa Tchiroma, ministre de la communication

La situation de la liberté de la presse fait aujourd’hui l’objet de nombreux débats. La loi camerounaise de 1990 sur la liberté de communication a introduit d’importantes possibilités pour cette liberté. Mais la profession souffre encore de nombreuses entraves, soit en raison de l’encadrement ou en raison des dysfonctionnements qui existent au c ur de la profession. Plusieurs journalistes affrontent aujourd’hui la justice en raison des activités liées à leur profession, principalement des journalistes des médias privés. Les revendications de certains syndicats sont soit mal perçues, soit mal interprétées. L’union des journalistes du Cameroun a tenu à préciser le sens de ses revendications.

Lorsque nous parlons de la modification de la loi sur les délits de presse, j’entends dire que nous voulons placer les journalistes au-dessus des lois, mais je veux préciser que nous demandons que ces délits ne fassent plus l’objet d’emprisonnement, mais bien évidement cela reste un délit. Nous ne disons pas dépénalisation, mais nous disons suppression des peines privatives de liberté.
Nta a Bitang, Union des journalistes du Cameroun

Dans de nombreux pays les délits de presse ont été dépénalisés. Par ailleurs, les journalistes de la presse privée souffrent de manque aux moyens de travail. L’aide à la presse qui est un droit est parfois instrumentalisé pour entretenir des presse de mauvaise qualité. Dans cette masse de revendication, les journalistes de la presse publique ou celle proche du pouvoir ne se sentent pas toujours impliqués. Car ils sont libres de parler puisque c’est très souvent pour défendre les positions officielles.

Marche des journalistes le 3 mai à Yaoundé
Journalducameroun.com)/n


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