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Journée de la liberté de la presse Cameroun, des manifestations sous contrôle

Un dispositif policier léger, certes, mais présent a été déployé ce 3 mai dans la ville de Yaoundé pour éviter les débordements

Présence d’un léger dispositif policier
La célébration de la journée internationale de la liberté de la presse se célèbre ce lundi 3 mai 2010 dans la capitale camerounaise, sous présence légère de la police. La mort du journaliste Bibi Ngota et les différentes interventions du ministre en charge de la communication sur le sujet font craindre aux autorités des risques de débordement. Pour marquer cette journée, les syndicats de journalistes ont prévu de faire un sit-in de protestation devant les édifices de la région pour les autres villes et le premier ministère pour la ville de Yaoundé. C’est principalement l’accès à ces édifices qui est mis sous contrôle dans la ville de Yaoundé. Pourtant, l’Union des journalistes du Cameroun a tenu à préciser que les manifestations entreprises devant le Premier ministère n’avaient pas de relation avec la mort du journaliste. La décision de faire un sit-in de revendication a été consigné dans un mémorandum qui est très antérieur au décès de notre confrère; et je dois préciser que c’est un sit-in pacifique sans casse et autre affirme Nta à Bitang, le Secrétaire général de ce syndicat. Un discours différent au syndicat national des journalistes du Cameroun. Nous avions prévu de faire à l’occasion de cette journée des séries de formations et de campagnes de sensibilisation pour une amélioration des conditions de travail des journalistes, mais la mort de notre confrère nous impose de protester contre la persécution permanente du pouvoir politique et des membres qui le constituent, déclare pour sa part un des responsable du SNJC. Selon leurs déclarations, les journalistes exerçant dans les régions sont invité à faire pareil.

Célébration en grande pompes par l’Etat
L’Etat et surtout le ministre de la Communication ne s’est pas prononcé sur ces intentions de protestation. Mais au vu de dispositif policier léger, on imagine que l’initiative des syndicats est mal perçue. Le gouvernement en ce jour a prévu un ensemble de festivités. Une série d’activités est ouverte depuis 9h (locales) ce matin, avec les manifestations organisées par l’Unesco au palais des Congrès de Yaoundé et à l’occasion desquelles le ministre interviendra dans un discours. À 13h à l’esplanade du ministère de la Communication 250 journalistes formés à l’utilisation des logiciels Word et de l’internet se verront remettre des diplômes.

Des journées portes ouvertes des métiers de la communication sont également prévues dans l’après-midi, avant la projection à 16h, dans un hôtel de la place, d’un documentaire de 26 minutes titré «la presse au Cameroun, une onde de liberté». Lequel documentaire sera diffusé le même soir sur les chaînes de télévisions nationales. Je vous invite à vous mobiliser sans réserve, a exhorté Issa Tchiroma à l’endroit des journalistes dont la participation conditionnera le succès de ce que le Mincom souhaite être un moment fort dans la vie de la profession. Les célébrations ont débuté depuis mercredi avec le vernissage d’une exposition présentant les différentes évolutions de la presse camerounaise et la tenue le lendemain d’une table ronde sur les problèmes de la profession.

De nombreuses améliorations à apporter
La situation de la liberté de la presse fait aujourd’hui l’objet de nombreux débats. La loi camerounaise de 1990 sur la liberté de communication a introduit d’importante possibilités pour cette liberté. Mais la profession souffre encore de nombreuses entraves, soit en raison de l’encadrement présent des questions d’ordre public, ou en raison des dysfonctionnements qui existent au c ur de la profession. Plusieurs journalistes affrontent aujourd’hui la justice en raison des activités liées à leur profession. Les revendications de certains syndicats sont soit mal perçues, soit mal interprétées. L’union des journalistes du Cameroun a tenu à préciser le sens de ses revendications. Lorsque nous parlons de la modification de la loi sur les délits de presse, j’entends dire que nous voulons placer les journalistes au-dessus des lois, mais je veux préciser que nous demandons que ces délits ne fassent plus l’objet d’emprisonnement, mais bien évidement cela reste un délit. Nous ne disons pas dépénalisation, mais nous disons suppression des peines privatives de liberté affirme Nta à Bitang. Dans de nombreux pays les délits de presse ont été dépénalisés. L’aide à la presse qui est un droit est instrumentalisé pour entretenir des presses de mauvaises qualités. La liberté de la presse souffre aussi de l’attitude de certains patrons de presse. Parfois tu vois un patron aller encaisser le gombo chez un ministre ou un directeur général, c’est difficile que nous ne fassions pas pareil affirme un journaliste sous anonymat. Dans cette masse de revendication, les journalistes de la presse publique ou celle proche du pouvoir ne se sent pas impliquée. Ils sont toujours libres de parler vu qu’ils défendent la position gouvernementale.

Issa Tchiroma le ministre de la Communication


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