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Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, un jour ignoré au Cameroun

Et pourtant l’Afrique est en droit de demander des comptes.

Aucune manifestation n’a été prévue par les autorités camerounaises. Plus généralement, peu de camerounais le savaientt parce que personne ne leur en a parlé, mais mercredi 02 décembre dernier s’est célébré la Journée mondiale pour l’abolition de l’esclavage. Cette date commémore le jour de l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU, de la Convention pour la répression et l’abolition de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui qui a eu lieu le 2 décembre 1949. La célébration de cette journée, tout en s’inspirant de l’esprit de l’abolition de la traite des noirs, actualise le combat permanent contre toutes les autres formes d’esclavage moderne qui privent à de très nombreux êtres humains, leurs libertés et leurs droits les plus élémentaires à la dignité, au travail libre, à la vie tout simplement.

Le Cameroun victime de l’esclavage moderne
Alors Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annam, dans son message du 02 décembre 2001, en rappelant l’abolition de l’esclavage, ajoutait que :  » Bien des gens pensent sans doute que ce traité n’a plus lieu d’être au XXIe siècle. Or il nous faut bien admettre que l’esclavage et la servitude restent encore trop fréquents, cachés sous les noms de travail obligatoire, travail forcé, exploitation de la main d’ uvre enfantine et traite des êtres humains « , marginalisation, exclusion des groupes sociaux. Une réalité que vit le Cameroun comme de nombreux pays, surtout dans le tiers monde. Des formes de traites tels que les abus sexuelles dont sont victimes les enfants, la prostitution des femmes. Le traitement discriminatoire des travailleurs migrants (cireurs de chaussure, gardiens de nuits pour la plupart originaires des pays d’Afrique de l’ouest), les agressions quotidiennes contre les droits de l’homme, la détérioration des termes de l’échange, le poids de la dette inique et injuste sont autant de formes de privation de libertés synonymes d’un esclavage de type moderne que connaissent malheureusement de nombreux camerounais.

Rétablir les responsabilités de l’esclavage
Ces dernières années, des initiatives militantes pour une réparation des torts de l’esclavage ont fait l’objet d’une grosse effervescence auprès de certaines associations et organisations dans la communauté internationale. alors que la nation juive a mis sur pied un cadre de réparation du préjudice subit au cours de l’holocauste, de nombreux observateurs ne comprennent pas que l’Europe se refuse aujourd’hui a payer pour les quatre siècles de souffrances infligées à l’Afrique durant la traite négrière, et plus proche de notre époque, pour l’exploitation gratuite de la main d’ uvre africaine pendant les périodes précoloniales, coloniales et post coloniales. Selon des chiffres reconstitués par des historiens le nombre d’africains morts au cours de la période de l’esclavage dépasse de loin celui des juifs pendant la guerre mondiale. Pourtant ces deux évènements dramatiques du point de vue de l’atteinte aux droits humains font l’objet d’un traitement différent.

Multiplier les initiatives
Les nations unies admettant le caractère profond du préjudice subit durant surtout la traite des noirs, célèbrent deux journées supplémentaires sur l’année, relativement à cette question. Il s’agit de la Journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique (25 mars) et la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (23 août). D’un autre coté, l’UNESCO Dans le cadre du Projet pour combattre la traite des personnes en Afrique, mène des recherches sur les facteurs qui conduisent à cette traite en Afrique et organise des ateliers de formation destinés aux décideurs politiques, aux organisations non-gouvernementales, aux leaders communautaires et aux médias, afin de sensibiliser et d’inspirer des politiques pour combattre cette forme moderne d’esclavage. Autre action toujours à l’initiative de l’UNESCO, Le projet La Route de l’esclave accorde une importance particulière à l’élaboration de matériels pédagogiques permettant de renforcer l’enseignement de la traite négrière et de ses conséquences. Mais ces initiatives restent confinées dans un cadre précis, celui des actions de conservation. A défaut de prononcer des sanctions pénales, de nombreux observateurs admettent que l’Europe devrait au moins reconnaitre sa responsabilité pécuniaire, et à défaut de verser des sommes d’argent, arrêter au moins de percevoir le remboursement d’une dette dont certains pays africains ont déjà payé 4 voir cinq fois les montants initiaux.


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