Société › Société

Journée mondiale des réfugiés: Entre actions et inquiétudes

La journée mondiale des réfugiés s’est célébrée ce dimanche 20 juin, un peu dans l’anonymat. En coulisse, les ONG se sont activées

Une ONG dénonce un traitement illégal du statut des réfugiés
Dans le cadre des festivités commémoratives de la journée mondiale des réfugiés politiques 2010, l’antenne de l’ONG  »Réfugié sans frontières », ARSF, a organisé un atelier à Yaoundé du 17 au 18 juin 2010 sur la sensibilisation aux Droits et Devoirs des Réfugiés et Demandeurs d’asile et avec pour thème: «Publiez les décrets Monsieur le Président». Un atelier visant à pousser les autorités camerounaises à rendre effectives les lois sur les statuts des réfugiés au Cameroun. Au cours de la rencontre, le bilan de 10 mois de Plaidoyer auprès des autorités du Cameroun et du Haut-commissariat aux réfugiés par l’Association Reporter Sans Frontières a été fait. L’ARSF voudrait voir l’Etat Camerounais appliquer ses propres lois portant Protection des Droits de réfugiés politiques, notamment la loi 2005/006 du 27 juillet 2005. L’ONG a établi que le gouvernement du Cameroun, viole impunément ses engagements internationaux relatifs aux droits des réfugiés politiques. Pour exemple, les réfugiés politiques établis au Cameroun vivent sans carte d’identité. Conséquence, ils ne jouissent pas de l’effectivité de leurs droits. S’agissant particulièrement du droit aux travaux, considérés comme étrangers, les réfugiés politiques établis au Cameroun ne peuvent pas travailler, sauf à le faire au noir. Le v u formulé a été de voir le président Paul Biya qui venait de recevoir à Yaoundé le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon et le Haut-Commissaire aux réfugiés, Antonio Guterres, profiter de la Journée mondiale des réfugiés politiques pour promulguer les décrets d’application de la loi 2005/006 du 27 juillet 2005 portant Statut des réfugiés au Cameroun.

Inquiétude sur le retour des réfugiés Rwandais
Coté HCR c’est plutôt dans une relative inquiétude que s’est célébrée cette journée internationale. A presque un an et demi de l’entrée en vigueur le 31 décembre 2011de la cessation de la clause de leur statut concernant ces communautés étrangères dans tous les pays du monde, le retour volontaire des quelque 1.400 réfugiés rwandais recensés au Cameroun préoccupe le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). La clause de cessation va s’appliquer pour tous les Rwandais, que ce soit au Cameroun, au Congo, en France, partout dans le monde. On espère vraiment que des avancées vont être faites. On a fixé la date du 31 décembre 2011, ça peut être vu, ça peut être poussé, a déclaré vendredi à Yaoundé la représentante adjointe du HCR au Cameroun, Catherine Hamon Sharpe, interrogée par Xinghua. Officiellement, le HCR et les autorités camerounaises dénombrent 1.467 Rwandais parmi 12.955 réfugiés urbains à Yaoundé, la capitale du Cameroun et Douala, la métropole économique. Des sources proches de cette communauté évoquent plutôt une présence d’environ 2.000 personnes constatée depuis le génocide d’avril 1994, selon les Nations unies.

Antonio Guterres et les réfugiés centrafricains en mars 2010
www.unhcr.fr)/n

Une situation compliquée pour le Cameroun
Le HCR s’étonne d’autant plus de cette situation que ces pays fournisseurs de réfugiés ont retrouvé une certaine stabilité. Le même problème se pose avec des réfugiés centrafricains. De l’avis, de Catherine Hamon Sharpe, un exercice d’enregistrement réalisé en octobre 2009 dans les deux régions où ils se sont principalement installées, à l’Est et dans l’Adamaoua, a révélé un accroissement de 30%, du fait non seulement des naissances mais aussi des nouvelles arrivées. Cet afflux n’est pas vraiment lié directement à des conflits qui subsistent en Centrafrique, c’est-à-dire à de nouvelles flambées de violences, mais plus à des regroupements de familles qui s’opèrent au Cameroun, précise du reste Mme Hamon Sharpe. Une situation qui à terme pourrait être source de beaucoup de soucis pour les dirigeants camerounais. La situation explique mieux pourquoi ils retardent de valider la législation sur ces réfugiés qui résident sur le territoire camerounais.

Mme Catherine Hamon Sharpe du HCR-Bureau Cameroun
Journalducameroun.com)/n
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut