Société › Faits divers

Justice: Olanguena prend 20 ans ses complices présumés relâchés

Le juge spécial a fait savoir que la complicité des autres personnes citées dans le cadre de cette affaire n’a pas clairement été démontrée

L’ancien ministre de la santé publique au Cameroun Urbain Olanguena Awono a été condamné lundi 12 août 2013 à 20 ans de prison par le tribunal criminel spécial dans le cadre d’une deuxième affaire qui l’opposait à l’Etat du Cameroun. Avec une première condamnation de 15 ans pour d’autres affaires intervenant dans le même cadre, cela porte à 30 ans le nombre total de temps que passera monsieur Olanguena en prison si on tient compte des cinq ans de détention préventive et si toutes les voies de recours sont épuisées. Maurice Feuzeu qui à l’époque des faits était en charge du comité de lutte contre le sida, Hubert Wang qui s’occupait de la Tuberculose et Okala Abodo qui gérait le Paludisme ont été acquittés ainsi que rose Chia. Le juge a estimé que l’accusation n’était pas parvenue à démontrer clairement leur implication dans cette affaire. Il est à préciser que dans cette deuxième affaire, l’ancien ministre de la santé publique est accusé du détournement de 80 millions de Fcfa au travers de la réalisation d’un «marché fictif» effectué par l’entreprise Vision Sarl pour la livraison de moustiquaires au Programme national de lutte contre le paludisme et du détournement de 11 millions de Fcfa pour la production du livre «Le Sida en terre d’Afrique». L’ex ministre Olanguena a toujours nié sa responsabilité dans ces affaires. Selon ses termes, son livre a été financé par l’éditeur conformément à la loi française sur l’édition et l’entreprise Vision Sarl n’est ni plus ni moins une entreprise qui a commis une escroquerie.

Comme lors de la première condamnation, la décision des juges pose un certain nombre de problème. Elle semble s’être reposée sur la libre discrétion de ceux-ci et on ignore si la collégialité a eu une position unanime. Nulle part dans le déroulement de l’affaire, on a vu le Ministère public demander que vienne témoigner l’éditeur du livre dont le financement est querellé. Lors du prononcé du verdict de la première affaire devant le TCS, des observateurs avaient noté que les trois charges pour lesquelles Urbain Olanguena était condamné avaient été déboutées dans un premier temps par le tribunal de grande instance de Yaoundé, et la Cour suprême, auprès de laquelle l’affaire avait été portée, avait entériné la décision du juge. Bien plus, le TGI n’avait pas pu rendre son verdict sur la deuxième affaire, du fait d’un blocus occasionné par l’accusation, avec pour conséquence le renvoi de toutes les poursuites au Tcs. Pour beaucoup d’observateurs, il s’agissait tout simplement de gagner du temps, pour finalement le condamner. Comme dans de nombreux cas de l’opération épervier, la justice camerounaise même avec le nouveau Tribunal Criminel Spécial ne parvient pas à convaincre l’opinion de la pertinence des poursuites pour détournement de fond. Une situation qui laisse grandir l’idée selon laquelle ces prisonniers de l’opération épervier sont détenus pour des raisons politiques. Problème, les personnes concernées en majorité se refusent d’avoir eu des ambitions politiques et de l’autre côté, il reste constant que des fonds publics ont été détourné.

Urbain Olanguena Awono
jeuneafrique.com)/n
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