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Kenya: Audience de confirmation des charges pour le ministre et ses coaccusés

Le vice-Premier ministre kényan Uhuru Kenyatta, Francis Muthaura et Mohammed Hussein Ali ont comparu mercredi 21 septembre devant la Cour pénale internationale à La Haye

Le vice-Premier ministre kényan Uhuru Kenyatta, soupçonné de crimes contre l’humanité pendant les violences post-électorales de 2007-2008, a comparu libre mercredi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour une audience de confirmation des charges. Je m’appelle Uhuru Kenyatta, je suis vice-Premier ministre et ministre des Finances du Kenya, a déclaré aux juges le candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2012, à l’ouverture de l’audience à La Haye. M. Kenyatta était assis devant les deux autres suspects dans ce dossier, Francis Muthaura, 64 ans, bras droit du président du Kenya Mwai Kibaki, et de Mohammed Hussein Ali, 55 ans, chef de la police à l’époque des faits.

Pendant ces deux semaines, leurs avocats essayeront de convaincre les juges que ces accusations sont sans fondement et qu’il n’y a pas lieu d’aller au procès. De leur côté, les juges auront deux mois pour déterminer si les preuves rassemblées par l’accusation sont assez solides pour la tenue dudit procès. Le procureur accuse ces trois hommes d’avoir planifié des attaques contre les civils jugés fidèles à Raila Odinga. C’était avant que Raila Odinga ne devienne le Premier ministre, à l’époque où il était seulement candidat à la présidentielle, en 2007. Pour lui barrer la route, au profit de leur candidat, Mwai Kibaki, ces trois hommes auraient donc, à en croire le procureur, organisé une série d’attaques, notamment à Nakuru et Naivasha. Dans ces deux villes, il y aurait au moins 150 morts, des dizaines de viols, et des milliers de déplacés. Uhuru Kenyatta, aujourd’hui vice-Premier ministre et ministre des Finances, est accusé d’avoir mobilisé les Mungiki pour semer la terreur. Le procureur lui reproche d’avoir organisé des réunions avec cette secte criminelle, d’avoir planifié les opérations avec elle et d’avoir fourni l’argent nécessaire.

A son arrivée à la CPI, il avait assuré je vais bien aux journalistes qui l’attendaient, sans aborder le fond du dossier. Notre devoir est de déterminer quelles affaires doivent faire l’objet d’un procès et celles qui ne le doivent pas sur la base des éléments de preuve fournis, a déclaré la juge Ekaterina Trendafilova peu après l’ouverture de l’audience. L’audience de confirmation des charges n’est pas un procès avant le procès ou un mini-procès, a-t-elle souligné les suspects sont considérés innocents jusqu’à preuve du contraire.L’audience de confirmation des charges pesant contre les trois hommes qui s’est ouverte aujourd’hui, est prévue pour durer 12 jours, jusqu’au 5 octobre.

A l’échelon inférieur, Francis Muthaura, secrétaire général du gouvernement, aurait personnellement présidé certaines de ces réunions. Surtout, le procureur l’accuse d’avoir ordonné aux forces de polices de ne pas faire obstacle aux attaques des Mungiki. Enfin, Mohamed Hussein Ali, à l’époque chef de la police, est en quelque sorte accusé d’avoir obéi à Muthaura, et d’avoir demandé à ses hommes de laisser le champ libre aux Mungiki. Les trois hommes sont soupçonnés de crimes contre l’humanité pendant les violences post-électorales de fin 2007 et début 2008 au Kenya. Selon l’accusation, lors de ces violences 1 133 personnes avaient été tuées, 3 561 personnes blessées et 663 921 personnes déplacées. Ces violences avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki, en décembre 2007, face à Raila Odinga, devenu Premier ministre de l’actuel gouvernement de coalition kényan.

Uhuru Kenyatta (2eG) et Francis Muthaura (2eD) lors d’une audience devant la CPI, le 8 avril 2011 à La Haye
corsematin.com)/n


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