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Kristo Numpuby, le camerounais qui chante si bien Brassens!

« J’attends impatiemment qu’on m’invite à jouer au Cameroun mais pour l’instant, ça ne semble être le désir de personne »

Qui est Kristo Numpuby ?
Kristo Numpuby est un camerounais ouvert à toutes les cultures. Il est né à Paris et a grandi au Cameroun. Il aime la musique, le dessin, le sport et l’échange avec les autres. C’est quelqu’un qui, bien qu’il soit très timide, aime aller vers les autres.

« Assiko City » en 1997, « An sol mè » en 2001. Mais on vous connait davantage grâce aux très populaires reprises de Georges Brassens. Racontez nous comment commence l’aventure « Brassens en Afrique »?
Brassens a toujours été à côté de moi autant que Françis Bebey. Les chansonniers qui jouent la guitare m’ont toujours fasciné. Je dirais donc qu’il m’accompagnait depuis mes débuts. La première chanson que j’ai apprise était une chanson de Brassens. Progressivement, je reprenais très souvent dans mes concerts les chansons de mes maîtres. Je reprenais les chansons de Brassens d’une façon assez spéciale, sans chanter, en faisant la musique sans instrument. Un jour Denis Tchangou, mon batteur depuis plus de 10 ans, me dit j’ai l’impression que tu devrais chanter tout un album de Brassens. Au début je n’étais pas d’accord avec l’idée mais il a réussi à me convaincre et puis voilà, on est entré au studio à la seule condition que Brassens devienne africain.

Comment se porte l’album jusqu’à présent, les retours que vous avez?
Jusqu’à présent, je n’ai jamais eu de critiques négatives sur ce projet. Je dirais que c’est plutôt encourageant parce qu’en général les gens sont surpris. Certains viennent assister au spectacle par curiosité et ils viennent me voir après le spectacle pour me féliciter.

Kristo Numpuby
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En tant qu’artiste, est-ce une consécration, un passage obligé?
C’est vrai que je n y avais pas pensé mais c’est quelque chose qui m’a apporté un peu plus de reconnaissance, parce que quand on fait de la musique comme celle que je fais, on doit se servir de la modernité pour améliorer nos traditions. A la base moi je suis quelqu’un de très attaché à la musique traditionnelle, j’aime le bikutsi, l’assiko, le manganbeu, le makossa. Je suis plus attaché à la musique typique, jouée, qu’à la musique moderne. Donc ce projet a permis qu’il y ait un peu plus d’intérêt sur mon uvre. Le but que j’avais était de continuer à faire le pont entre l’Afrique et l’Europe voire même le monde entier.

On va parler de votre style. Comment fait-on pour naître à Paris et être attaché à une musique aussi typique comme l’assiko?
Il me semble que c’est tout simplement le contexte dans lequel j’ai grandi qui a fait de moi quelqu’un qui s’attache à la tradition, à la musique traditionnelle. Je suis parti de Paris pour Eséka, donc j’ai grandi en milieu complètement rural.

Et vous revenez à Paris beaucoup plus tard?
Effectivement, je reviens en France plus tard pour poursuivre mes études.

Quels sont vos rapports avec les autres artistes camerounais?
Déjà mon équipe de musiciens avec qui je travaille est composée de camerounais. Et je suis fière d’eux. J’en profite pour dire à ceux qui n’y croient pas que les camerounais peuvent jouer ensemble sans se battre. Ça fait 10 ans que je joue avec des camerounais. Pour moi, c’est important d’être uni parce que c’est en étant uni qu’on pourra faire de belles choses. Pour les autres artistes, je ne les fréquente pas tous évidemment mais avec ceux que je rencontre, ça se passe bien.

Pochette du nouvel album
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Et le Cameroun vous y retournez souvent?
Je retourne souvent au Cameroun. J’y suis allé pour la dernière fois il y a un an et je compte y aller bientôt.

Avez-vous en projet de présenter « Brassens en Afrique » aux camerounais?
J’espère en avoir l’occasion mais comme ça ne dépend pas de moi, j’attends. Je ne suis jamais allé présenter aucun de mes albums au Cameroun de façon officielle.

Pourquoi ?
Je ne sais pas pourquoi, mais je suis déjà passé à la radio.

Nous avons rencontré de nombreux artistes camerounais notamment de la diaspora qui vivent la même situation : Ils n’ont pas l’occasion d’aller présenter leurs produits au Cameroun. Selon vous, d’où vient le problème ? Du ministère de la culture, des artistes ?
Selon moi le problème des artistes camerounais est un problème de structure donc je pense que c’est facile de faire des reproches au ministère de la culture, mais il n y a pas que le ministère. Est ce qu’on a un circuit de spectacle en place? À chaque fois, il faut toujours qu’il y ait des sponsors qui interviennent pour qu’un artiste camerounais fasse une tournée. J’espère que mes contacts vont finir un jour par se concrétiser.

Quel est votre plus beau souvenir ?
Mon plus beau souvenir c’était au Ghana, quand j’ai rencontré Stevie Wonder. C’est quelque chose qui m’a beaucoup marqué.

Quel est l’endroit du monde où vous vous sentez le plus en sécurité?
Au village. Quelque soit le village. Que je sois à Foumban, à Eséka ou à Makak.

Si on veut vous faire plaisir on vous sert quoi à manger?
Il y a pleins de choses. Il faut un plat de Mbongo Tchobi, de Ndolè, de Mintoumba et un peu de sauce gombo.

Kristo Numpuby
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