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La Camerounaise Germaine Ebelle en concert ce jeudi au Centre Culturel Français de Douala

«C’est un concert de retrouvailles avec mon public, mais surtout avec moi même ». Entretien

D’entrée de jeu Germaine dites-nous comment allez-vous ?
Ça va ! Je crois que la santé y est. Bon le Cameroun est difficile, on ne peut pas parler financièrement, mais ce qui est sûr c’est que je suis bien entouré et j’ai beaucoup de moral.

Depuis la sortie de votre dernier album il y a quelques mois on ne vous a pas beaucoup vu, pourquoi ?
Oui c’est vrai ! Il se passe que avant même la sortie de l’album je n’étais plus dans le milieu musical, j’avais décidé d’arrêter par rapport à la situation du pays, on ne peut pas vivre de son métier, ça m’a découragé ; y compris les cas de maladie, j’ai été très malade pendant deux ans et demi, j’ai eu beaucoup de malaises et je me demandais si ce n’est pas dans ce milieu que j’ai eu tout cela par ce que nous les artistes sommes comme des crabes dans un panier. En bref j’ai eu un dégoût. Les artistes ne sont pas respectés dans ce pays. Il suffit qu’on te voit quelque part, même si ce n’est que pour prendre ton verre, les gens vont tout dire.

Puis vous avez sorti un deuxième album, c’est dire que la situation a changée ?
Non, beaucoup de choses se sont passées pour cet album. C’est d’abord mes amis, et puis mes fans qui adoraient et qui continuent d’adorer ce que je fais. Je n’avais pas le droit d’arrêter de chanter. Ils se sont décidés, surtout monsieur Achille Kotto et le reste, ils ont mis la main à la patte, aujourd’hui il y a l’album, et je reprends goût à la musique.

Une chose que beaucoup ne savent pas, c’est que Germaine Ebelle est quand même Lauréate du prix Découvertes RFI 1991 !
Ça c’est vrai en plus ! Autant de choses parce qu’en fait lorsque j’ai gagné le prix, 05 jours après je suis tombé malade. Il était question que je fasse 48 pays comme cela se fait toujours pour le gagnant de ce concours, et je n’ai pas pu faire un seul pays, même pas le Cameroun. Ça m’avait vraiment choqué parce que je voulais bien le faire. Il n’y a pas beaucoup de gens qui le savent parce que j’ai été remplacé par Ottou Marcellin, et les gens se disent que c’est lui qui avait gagné le prix. Ce n’est que normal car je ne pouvais pas me présenter.

Racontez-nous un peu cette époque là ; Comment vous arrivez à la musique ?
J’ai toujours aimé la danse depuis que je suis toute petite, et c’est ainsi que je deviens la danseuse de Tom Yom’s. Derrière lui je rencontre Albert Brooks et c’est lui qui me met dans la chanson avec ma mère Marthe Zambo, et la chanson se fait découvrir les dimanches au cabaret, où on me découvre en Karaoké et la maman Marthe Zambo me demande de laisser la danse et de continuer dans la chanson. Albert commence à me donner des cours de piano, voilà comment je fabrique un album avec lui ; C’était l’époque de Monsieur Kabasso qui d’ailleurs a joué dans mon tout premier disque qui a remporté le concours, c’est avec leur soutien qu’on me lance dans le concours.

Aujourd’hui on est au deuxième album Beloko, en dehors des amis qui vous ont motivé, quelles ont été les conditions de sa réalisation ?
Disons que avant que je ne prenne la décision dans le temps, j’avais même des brouillons, des choses que j’avais déjà travaillées. Les amis m’ont dit non tout ça ne peut pas rester dans les coffres, donc on a repris les studios à zéro, refait les chants et tout ce qu’il fallait, et voilà. Vous êtes en concert ce jeudi 14 janvier 2010 au CCF. Pour vous c’est quoi le concert de la renaissance peut être ! Je ne sais pas comment le dire. Pour moi c’est l’émotion, c’est quelque chose de bien dans ma vie, c’est donner rendez-vous avec moi même et avec mon public qui m’a longtemps manqué. C’est de savoir si moi même je suis toujours à la hauteur de faire certaines choses, mon public m’accepte t-il encore comme avant, donc c’est en même temps une joie, et un défi. Je ne me suis pas trop préparé, parce que quand on se prépare aussi trop, on risque de mal faire. J’ai confiance en moi. Il y aura beaucoup de surprises, j’ai plein de bonnes choses pour le public ce soir là. Je prie Dieu que ma voix soit en forme, mes musiciens, tout le monde en fait.

Quel est le moment le plus heureux que vous ayez connu dans votre carrière ?
C’est d’avoir fait la première partie de Youssou N’dour. A l’époque j’entendais juste parler de lui, je n’avais même pas encore mon premier album et c’est toujours le CCF qui me contacte pour me dire est ce que tu veux faire la première partie de Youssou N’dour ? Ça m’a marqué, on a fait la soirée comme si on travaillait depuis longtemps. Youssou c’est quelqu’un de super bien et gentil ; Jusqu’à ce jour j’en parle à qui veut l’entendre. De tous les spectacles que j’ai fait au Cameroun ou ailleurs c’est le meilleur.

L’artiste musicienne Germaine Ebelle
Journalducameroun.com)/n

Ça vous désole un peu de ne pas pouvoir vous produire très souvent au Cameroun de façon ouverte ?
Je ne suis pas trop concert. Parce que je fais un répertoire qui n’est pas trop vulgaire, pas pour un grand public. C’est difficile de comprendre ce que je fais. Il n’y a pas beaucoup de mélomanes dans notre pays et je pense qu’il faut faire un spectacle la où tu te sens à l’aise. Je préfère faire un truc une fois tous les ans ou tous les dix ans, mais que ce soit bien fait. C’est décourageant d’être devant un public qui ne comprend pas ce qu’on fait.

C’est possible alors qu’on ne te voit plus après le concert de ce jeudi ?
Non, on ne saurait le dire comme cela. On ne sait jamais qui est dans la salle. On pourrait m’approcher pour me faire une proposition, je ne refuserais pas ! Je suis une artiste, un produit. S’il y a quelque chose à faire et que je me sente à l’aise je le ferais sans problème.

Comment vivez-vous avec vos collègues musiciens au Cameroun ?
C’est difficile à dire parce qu’en fait, et même dans le milieu on me le reproche, de ne pas beaucoup les côtoyer, mais j’ai aussi mes raisons. Ce n’est pas que je les déteste, ni que je regrette d’être artiste, c’est juste que chacun a ses principes et sa façon de vivre. J’ai ma vie privée et je ne veux pas devenir fêtard parce que je veux être avec mes collègues.

En même temps il y a beaucoup qui disent de Germaine Ebelle qu’elle fume et boit beaucoup, qu’en dites-vous ?
Justement cette question je l’avais interdit dans les médias et vous même qui venez de la poser elle m’énerve. Parce que je suis la seule personne pour définir qui je suis. Alors ceux qui le disent je n’en ai rien à foutre. Ça me laisse à 37 ce que les gens disent. Tout le monde boit et fume, il y en a qui prennent la cocaïne, je ne me suis jamais mêlé de la vie privée de quelqu’un et je crois que même si c’était le cas ça n’engage que moi.

Rassurez-vous Germaine ce n’est pas notre intention de vous vexer, alors pensez-vous déjà au prochain album ?
Oui je suis en studio depuis quelques temps, parce que l’album qui est sorti là a deux volets, l’un en France et l’autre au Cameroun. Ce ne sont pas les mêmes titres. Je me dis qu’il ne faut pas attendre que leur force finisse pour rentrer en studio. Je travaille déjà maintenant, d’ailleurs le public de jeudi aura droit à deux titres en exclusivité.

Rendez-vous avec le public
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