Personnalités › Success Story

La Camerounaise Mireille Nemale est la première femme africaine à avoir obtenu un brevet supérieur de couture

« Il faut croire en Dieu et croire en ses potentialités »

Les abonnés de la chaîne panafricaine d’information Africa 24 connaissent sans doute ce nom, Nemale. Car son promoteur porte le même, Constant Nemale et sa maman dit de lui qu’il a bossé dur pour en arriver là. Bosser dur, croire en ses potentialités, être ouvert, humble et vrai. Sa plus grande fierté aujourd’hui est d’avoir réussi dans son domaine, la couture, et avoir élevé dignement ses enfants. Son souhait, que le gouvernement subventionne ce secteur d’activité. Voilà Mireille Nemale en quelques mots, mais vraiment en très peu de mots. Du haut de ses 61 ans, madame Nemale, née Ngounou l’année des évènements, a su braver toutes les dures épreuves qu’elle a connues dans sa vie, pour parvenir à sortir la tête de l’eau.

Un parcours
Aujourd’hui styliste – modéliste, designer, elle n’avait pas rêvé mieux de son Bafang natal dans l’ouest du Cameroun. Je suis née dans des bouts de chiffons, affirme-t-elle, car presque toute la famille comme sa mère faisait de la couture. Sur les quatre filles qu’a eu ma mère, trois sont couturières nous apprend t-elle. Après son CEPE et son CAP option tailleur suivi d’un CAP « couture floue », Mireille s’envole pour la France en compagnie de son mari étudiant à l’époque. Là, elle fréquente l’école supérieure de la haute couture de Paris, que l’on appelait la chambre syndicale. C’est de là que sont sortis entre autres grands couturiers, Givenchy, Christian Dior ou encore Jean Louis Cheret. Ce dernier fait d’ailleurs partie de son jury de sortie de l’école en 1972. Cette année là j’étais la seule et première femme africaine à avoir un brevet supérieur de couture. Elle retournera au Cameroun et 18 mois plus tard, un choc pour le moins traumatisant se produit. Mireille perd son mari. Elle n’a que 26 ans et attend la naissance de son troisième enfant. Le monde est comme bouleversé pour la jeune femme, le ciel lui est apparemment tombé sur la tête. Mais, elle est pleine de convictions. Chrétienne pratiquante de son état, elle ne baisse pas les bras et c’est désormais un dur défi pour moi de pouvoir élever les enfants toute seule. C’est ainsi donc qu’elle se jette à l’eau.

1973, elle est recrutée comme enseignante au CETIC d’Akwa sous Monsieur Griffoullère qui n’est pas resté indifférent à l’élogieux background de la dame. Elle y enseigne pendant près de quinze ans avant de devenir chef de travaux dans le même établissement, puis Inspectrice pédagogique provinciale de l’enseignement technique, poste créé. Un poste qu’elle occupe pendant une dizaine d’années avant d’être remplacée, mais reste cadre dans l’enseignement secondaire. En juin 2009, elle décide de prendre sa retraite, sans doute pour se consacrer à son autre grand projet et être plus proche de ses autres élèves, ceux de son centre de formation.

Mireille Nemale
Journalducameroun.com)/n

Le Nemale’s Center
Elle enseigne et crée un atelier de couture qui petit à petit fait son nid et est depuis 2004 devenu le Nemale’s Center. C’est un centre de formation en stylisme – modélisme, haute couture, décoration d’intérieur et évènementiel qui à ce jour a déjà formé près de 130 jeunes. La 11ème promotion du centre sortira en juin prochain, constituée d’une quarantaine de jeunes désormais aptes à mettre leur apprentissage au service de la communauté. A travers son centre, Mireille Nemale se donne pour mission principale l’insertion socioprofessionnelle des jeunes en zone urbaine par le biais de la formation en industrie d’habillement et décoration.
Commandeur de l’ordre national de la valeur, elle a reçu en octobre 2009 des mains du gouverneur de la région du littoral Fai Yengo Francis un diplôme de mérite camerounais qu’elle brandit fièrement au mur de son bureau, à côté de moult autres distinctions. Elle a récemment participé à la dernière édition du festival de mode Afric Collection, ainsi qu’au dernier Salon International de l’Artisanat du Cameroun (SIARC) où elle a décroché le prix de la meilleure artisane et un prix spécial pour tout son travail et sa carrière, fruits de son énorme talent et de sa créativité.

A ce stade de sa carrière, Mireille Nemale espère pouvoir trouver des partenaires à l’export. Elle travaille actuellement sur un projet d’inter-profession de la filière coton, textile et confection. J’exhorte mes compatriotes à y adhérer, mais aussi à contribuer à l’évolution de cette plate forme qui sera le porte-voix des acteurs du domaine. Il faut éviter de dénigrer les autres. Il n y a que Dieu pour juger. Mais regrette t-elle, c’est dommage que ce soit seulement maintenant que le Cameroun cherche à faire une plate forme pour ce secteur. C’est dommage que l’on ne puisse bénéficier de tous les produits que nous avons chez nous. Mère de trois enfants (la fille aînée est enseignante en France et la dernière vit aux Etats-Unis) elle n’a qu’un message pour les jeunes, le même qui m’a permis de tenir les coups durs de la vie, croire en ses potentialités.

Mireille Nemale, dans son bureau
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