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La camerounaise Nina Kogni Edibi est l’une des lauréates des ateliers d’écriture de Lombez 2009

Son oeuvre « Morora » traite de l’inceste et des difficultés qui en découlent!

La deuxième semaine des ateliers d’écriture du PJE (Prix du Jeune Ecrivain) a déjà commencé. Il y a d’une part des stagiaires inscrits aux ateliers et d’autre part les primés et les lauréats qui ont reçu en récompense leur inscription. Parmi ces derniers, une jeune camerounaise, Nina Kogni. L’Association du Prix du Jeune Écrivain entre dans sa vingt cinquième année. En Octobre 1984, un petit groupe de bénévoles a décidé de créer à Muret, dans le Sud-ouest de la France, un prix littéraire destiné à des jeunes, amoureux de la langue française et désireux d’être lus et édités. En 25 ans, l’Association s’est développée.

16 000 jeunes de 15 à 27 ans de France et du monde entier ont participé au prix, plus de 130 écrivains renommés en ont animé les Jurys, plus de 150 candidats ont été édités. Son uvre Morora a séduit le jury des ateliers d’écriture de Lombez, une des étapes des PJE. Elle a choisi dans son uvre de traiter d’un sujet dramatique: l’inceste. Le personnage de son ouvrage en a été victime à 7 ans et a tué son violeur puis, elle a tout refoulé. Devenue adulte, la mémoire lui revient au cours d’une analyse. Pour en effacer le souvenir, elle supprimera aussi le psychologue. Ce style développé par la jeune camerounaise est très en marge des productions des auteurs africains. Elle plonge le lecteur dans un thriller psychodramatique. Par ce fait elle tranche avec les ouvrages présentant l’Afrique dans ses joies et ses paradoxes.

Nina a toujours eu une affection pour l’écriture. Elle terminera un master de droit et à la rentrée aura un poste dans une banque. Elle envisage une carrière double en devenant écrivain parallèlement à sa vie professionnelle « alimentaire », précise-t-elle. Dans le Gers et en France pour la 1ère fois, elle s’étonne de la fraîcheur du temps mais s’enthousiasme de l’accueil qui lui a été fait. Les jeunes auteurs seront invités le 12 novembre à l’Auditorium des Abattoirs de Toulouse pour une lecture-spectacle assurée par des comédiens tels que Catherine Salviat, secrétaire honoraire de la Comédie Française, Olivier Balazuc, etc. Le 13 novembre, les lauréats seront célébrés à Muret présentation de leur texte par les membres du Jury, lectures, signatures. Les nouvelles primées seront publiées, en mars 2010, aux Editions Buchet-Chastel avec une préface de Carole Martinez.

Les jeunes écrivains participeront à des rencontres au Salon du Livre de Paris et signeront leur ouvrage sur le stand de Buchet-Chastel.Grâce à la présence des écrivains – membres du jury et parrains des lauréats -, à l’enthousiasme de plus de 800 bénévoles qui animent les comités de lecture et à l’appui de ses partenaires publics et privés, le Prix du Jeune Ecrivain de langue française est devenu depuis sa création une véritable pépinière d’écrivains. En mars 2009, des lauréats du Prix du Jeune Ecrivain ont d’ailleurs obtenu le Prix Goncourt du Premier Roman, le Prix France Culture Télérama et le Prix des Libraires. La jeune camerounaise rejoint une autre lauréate consacrée un mois plus tôt. Lors des dernières délibérations du mois de juin dernier, Lydiane Tsague Tsayem, 23 ans, a remporté la quatrième place avec son ouvrage, Une certaine idée du bonheur.

Nina Kogni Edibi

LaDépêche.fr)/n

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