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La cérémonie des adieux à Albert Ebossé

Décédé le 23 août dernier au stade du 1er novembre de Tizi-Ouzou en Algérie, l’attaquant camerounais a été inhumé le 13 septembre 2014 au cimetière de Ndogsimbi à Douala

Il est exactement 16H15, samedi 13 septembre, lorsque la dépouille d’Albert Ebossé est portée en terre au cimetière de Ndogsimbi. Mais avant que la terre de Ndogsimbi ne se referme à tout jamais sur son digne fils, Ebossé a eu droit à des hommages bien mérités. Une sorte de match d’adieu.

Un drôle de match dans lequel bien qu’allongé inerte dans un cercueil, le buteur est resté l’acteur principal. Ce dernier match, Solo (petit nom d’Ebossé) le joue non pas sur un terrain de football mais plutôt au domicile familial dans une atmosphère chargée d’émotion et de tristesse. Et avec comme public, une foule affligée et éplorée, dont les pleurs se sont substitués à la holà et autres clameurs qui s’élèvent généralement des tribunes lors des matchs de football.

Les acteurs et l’enjeu connus, le décor planté, la partie peut débuter. Et l’un des temps forts de ce match bien particulier restera la phase consacrée aux témoignages. Neuf au total. Neuf comme le numéro fétiche du champion décédé. Et parmi les personnes appelées à rendre un ultime hommage à Albert Dominique figurent en bonne place le Synafoc, la Fécafoot, représentée par le Président du Comité Régional de Normalisation du Littoral, le Délégué Régional des Sports et de l’Education Physique du Littoral, représentant personnel du ministre, l’agent du joueur, les chefs traditionnels, le père du défunt et le gouverneur de la Région du Littoral entre autres.

Dieudonné Bissohong et Hervé Boumsong du Synafoc se chargeront de saluer la mémoire du footballeur, du coéquipier et du camarade modèle, fauché par un cruel destin. Sa Majesté Ebolo Dipe, chef de Ndogsimbi, en profitera pour faire d’Ebossé un notable à titre posthume.
Sa Majesté Mbodi Gaston, Chef Supérieur du Canton Bassa dira: «Le c ur meurtri, les os brisés, la mort dans l’âme j’exprime la douleur de tout un peuple, le peuple Bassa du Wouri, et je dis adieu à notre fils, l’une des étoiles que Dieu nous avait prêtée. Une étoile certes, mais une étoile filante!»

Et lorsque le père d’Ebossé est appelé à prendre la parole, l’assistance retient son souffle. André Anderson Bodjongo rassemble alors tout ce qui lui reste de force et de courage pour prononcer l’oraison funèbre de son fils d’une voix enrouée et tremblante, qui cache mal son chagrin. Propos qui peuvent se résumer en ces questions : «Qui a tué mon fils et pourquoi l’ont-ils assassiné ? Quel a été le dernier cri de mon fils ?»

Prenant la parole, le Gouverneur de la Région du Littoral, Joseph Beti Assomo, sans chercher à verser de l’huile sur le feu, va rassurer la famille d’Albert Dominique en rappelant que: «le gouvernement, à travers le Ministère des Sports et de l’Education Physique, a engagé des actions et des démarches pour que toute la lumière soit faite par les autorités algériennes sur les circonstances exactes de la mort tragique du jeune Ebossé et que les responsabilités soient clairement définies et sanctionnées.»

Le père d’Ebossé (chemise rouge) et sa mère (foulard rouge) lors de l’oraison funèbre
afcamerounais.org)/n

Les témoignages seront suivis d’un office religieux, puis l’artiste quitte la scène pour l’éternité. Portée par les éléments de la sécurité de la chefferie Ndogsimbi, la dépouille d’Albert Ebossé prend alors le chemin du cimetière situé au coin de la rue en face du domicile parental. La procession est lente et douloureuse. En effet, le temps semble avoir suspendu son vol sous le ciel de Ndogsimbi, tant les 30 mètres qui séparent le domicile familial du cimetière semblent interminables.

Prévue pour se dérouler dans la plus stricte intimité, l’inhumation sera finalement ouverte aux médias. Au moment de descendre le cercueil dans la tombe, la famille est inconsolable. Pleurs et cris fusent de toutes parts, brisants le calme habituel, qui règne en ces lieux.

Dans ce tableau suffisamment triste résonnent les pleurs d’un bébé, Andréa, la fille d’Ebossé, tout juste âgée de quelques mois. Une enfant, qui malheureusement ne connaitra jamais la joie d’avoir un père, la faute à la sauvagerie et à la barbarie humaine.

A travers ces obsèques, Ebossé – le buteur – a inscrit le dernier but de sa vie. Sans aucun doute le plus triste de sa carrière. Adieu l’artiste et que la terre de tes ancêtres te soit légère!

L’inhumation
Duvalier Monkam)/n



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