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La chronique de FZE: Les aventures de Faka Bilumba N°66

«Crier au loup pour tromper les vigilances et les intelligences, c’est un subterfuge qui ne marche plus»

Il y a longtemps que je ne vous ai plus fait part des réunions «au sommet» ultrasecrètes. C’est tout simplement parce qu’elles ne sont plus aussi secrètes que cela. Ayant, moi, Faka Bilumba, cette extraordinaire possibilité d’omniprésence et de transcendance, je me fais ce devoir et surtout ce plaisir de vous raconter ces choses qu’on vous cache. C’est ainsi qu’il y a quelques jours, s’ouvrait un sommet qui se voulait convivial, constructif et innovant. Obama et Sarko avaient pris cette initiative, conviant ceux qui le voulaient, et non seulement ceux qui le pouvaient. Chose curieuse, on attendait que les «sans voix» se bousculent, profitant de cette aubaine. Ce fut le contraire. Ils s’étaient organisés en délégations catégorielles. Le tohu bohu, les embouteillages et les bousculades étaient du côté des «grands», des «m’as-tu-vu», ceux du club des «G» et des droits de veto.

Je voudrais prendre la parole, moi, Jean de La Fontaine. C’est vrai que les sieurs Bongo fils et Kabila fils, ces présidents de la Françafrique, ces produits des élections et de la démocratie d’opérette «de père en fils», sont toujours aussi cultivés que leurs géniteurs. Ils continuent de m’appeler Monsieur «Fables». J’ai beau leur expliquer que les «récitations» qu’ils annonçaient au cours de leur brève et furtive scolarisation et dont je suis l’auteur, avaient ma signature : La Fontaine, «Fables». J’ai beau leur expliquer que «Fables» est le titre de mon ouvrage, Les Fables de La Fontaine, peine perdue! Je prends la parole pour expliquer aux autres présidents, ceux qu’on appelle les puissants, qu’il ne faut pas prendre au pied de la lettre mes proverbes et dictons: «La raison du plus fort est toujours la meilleure»; c’est ce que vous, Obama, Cameron et Sarko, appliquez dans les pays pauvres. Vous êtes des loups, de vrais loups, et vous dévorez sans scrupule ces pauvres agneaux que sont les pays que vous appauvrissez sciemment, légitimant cyniquement vos funestes entreprises par des théories qui vous arrangent.

Et tu as tellement raison, sage poète français. Tu es resté le référent d’une morale et d’une éthique dont nul ne veut plus. Moi, Karl Marx, j’avais, avec mon copain Engels et les camarades du parti, élaboré un système économique qui continue de mettre à mal le capitalisme. On a tellement diabolisé le marxisme qu’on n’a cessé de le combattre. Or, c’est le capitalisme qui, lui, continue de mener les économies mondiales à leur perte. La notion de travail est plus que jamais galvaudée. Que faites-vous les plus riches et les plus puissants? Vous mettez en exergue une minorité de riches et leur société, qui dévaluent et spéculent sur le travail et sa valeur. On remplace des travailleurs par des machines, des robots, des distributeurs automatiques. Pire encore, on ferme des usines et des unités de transformation dans les pays riches; on délocalise, ça veut dire qu’on va s’installer dans les pays pauvres. Le coût de production est presque gratuit. Il n’y a pas de charges sociales. Les dirigeants de ces pays ont été soudoyés, les dictateurs là-bas sont savamment entretenus à cause de ces avantages-là. Et pendant ce temps, c’est le chômage et la précarité qui sévissent dans ces pays riches! C’est d’une idiotie notoire puisque tous ces chômeurs et précaires occidentaux que vous fabriquez sont des consommateurs en moins! Qui vous achètera les marchandises que vous allez produire à vil coût chez les pauvres du tiers-monde?»

Pas besoin de sortir de la cuisse de Jupiter pour constater que tout va à vau l’eau! Te voilà, Sarko, entré dans l’histoire de France avec du jamais vu! Te voilà réduit à des tentatives de redressement, pas économique mais électoral, de dernière minute. Sentant ton futur départ, tu improvises des sommets sur le chômage, que tu as contribué à augmenter durant ton règne. Tu as perdu le troisième A, galon de la puissance économique! Tu promets monts et merveilles aux chômeurs, moins de cent jours avant ton éviction de l’Elysée. Mais, te dis-tu, après moi le déluge! Tu ouvres grande la porte à la fille du Borgne et à leur parti raciste qui n’aime pas les étrangers. Tu viens d’établir in extremis un projet de loi qui instaurera à nouveau la double peine pour les étrangers qui commettront des crimes et des délits en France. Pendant ce temps, tu continues à t’évertuer à aller chercher des Français condamnés dans des pays étrangers, en Amérique Latine ou en Afrique, pour qu’ils soient relâchés et rentrent au pays! Souviens-toi de «L’Arche de Zoé» au Tchad, des dealeuses de Besançon en Equateur, sans parler des infirmières bulgares de chez Kadhafi, oui, celui que tu viens de faire assassiner parce qu’il a refusé d’acheter des avions de combat «rafale» dont personne ne veut, et parce qu’il voulait créer une monnaie et des banques africaines, tuant ainsi le franc C.F.A., parce qu’il…

«Arrêtes de t’énerver comme ça, Sankara! Oui, mon cher Thomas, nul n’a besoin de toutes ces démonstrations pour savoir que nous sommes à la fin du système impérialiste occidental. Même Obama, que l’Afrique a applaudi, est entré dans le système dont il est le produit. Crier au loup pour tromper les vigilances et les intelligences, c’est un subterfuge qui ne marche plus. Nul n’est dupe. Pourquoi écrire sur les paquets de cigarette «Fumer tue», «Fumer provoque le cancer», et ne pas l’écrire sur les fusils, les armes de guerre, les avions bombardiers, les chars d’assaut! Au contraire, on les exhibe lors de défilés militaires! A quand les statistiques qui nous diront combien de milliers, de centaines de milliers de vies humaines sont ôtées par les mitraillettes, les kalachnikovs, les mines anti-personnel… Mais, ce que beaucoup ne savent pas, c’est que c’est le dernier coup de la Françafrique. Avec Sarko, c’en est la fin. Quand il parlait de rupture, il ne se rendait pas compte qu’il serait le président français de la rupture d’avec l’Afrique du temps béni de l’esclavage, des colonies et de la Françafrique. Pauvre Sarko, pauvre France. Vous voilà réduits à la pauvreté des matières premières africaines! Votre descente économique aux enfers sera plus terrible que celle du Portugal quand il perdit ses colonies. C’est moi, Patrice Lumumba, qui vous le dis.» Et moi de continuer, chers amis de la liberté et de la démocratie qui nous lisez, à vous encourager, à vous recommander d’envoyer des lettres, des cartes, des e-mails à Barthélémy, président du Cameroun, pour demander la libération de Monsieur Enoh Meyomesse.

François Zo’omevele Effa, Ekilafrica.com
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