Politique › Institutionnel

La commémoration du cinquantenaire fait débat au Cameroun

Médias, partis politiques et membres de la société civile sont critiques à l’endroit du comité créé à cet effet

Le comité a rendu ses premières conclusions
Il y a quelque temps, le comité en charge de l’organisation et la préparation des activités commémoratives du cinquantenaire de l’indépendance au Cameroun a rendu public ses premières conclusions. Transfert du défilé du Boulevard du centre-ville qui qu’achève au Hilton au profit d’un espace proche du mythique stade omnisports de Yaoundé. Construction d’un panthéon dans le quel sera conservé les restes des hommes forts ayant marqué l’histoire politique du Cameroun. Baptême des monuments et certains édifices aux noms des héros camerounais. Collecte partout où il se doit des vestiges de l’histoire du Cameroun à travers le monde. La presse et l’opinion publique sont assez divisées sur ces conclusions.

Qui sera mis au panthéon?
Le grand point de discorde est celui du panthéon. Le débat tourne autour des personnages et personnalités qui figureront dans le panthéon. Pour certains, il faudrait rester fidèle à l’histoire. Je trouve que ce serait une méconnaissance de l’histoire si on choisissait de mettre dans un même panthéon, des personnes qui ont uvré pour l’avancée du Cameroun dans la liberté politique, et ceux qui y étaient opposés, affirme Jean Baptiste Ketchakeng du quotidien camerounais Mutations. Un avis que ne partage pas Albert Mbida, journaliste et haut fonctionnaire au ministère camerounais de la communication. Selon lui quelque soit ce qui a été fait par un homme politique, bon ou mauvais, il devrait figurer au panthéon de l’histoire camerounaise. Un avis partagé par Charles Ateba Eyene le centre culturel français de Yaoundé est baptisé au nom de François Villon, qui était certes un grand poète, mais un personnage assez désordonné dira-t-il.

Le Boulevard du 20 Mai transféré
Le transfert du point de défilé fait lui aussi l’objet de vives critiques. Selon une communication publique faite par le Délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, le souci sécuritaire aurait été l’une des principales raisons de ce transfert. Les observateurs font remarquer que depuis que le défilé se passe au Boulevard qui part du rond-point de la poste centrale, on n’a jamais déploré un incident. Charles Ateba Eyene critique pour sa part le manque de visibilité managérial des dirigeants camerounais. Pour de nombreux experts, la position géographique de l’ancien Boulevard facilitait l’arrivée, le passage et le départ des défilants. L’autre critique à cette décision est que seul le Boulevard de Yaoundé a été transféré. Dans les autres grandes villes aucune annonce dans ce sens n’a été faite. D’un autre côté, aucune précision n’a été apportée sur les autres défilés qui s’y déroulent, comme celui du 8 mars ou du 11 février.

Absence d’une sanction parlementaire
Une autre critique enfin, est celle de la façon dont les choses se décident au niveau de l’organisation. L’évènement n’est pas une surprise et c’est l’année du cinquantenaire que les autorités ont choisi pour préparer les festivités; en plus, on parle d’un budget spécial de neuf milliards de francs CFA, pour une cérémonie qui a couté un milliard et demi au Sénégal affirme Jules Onana, un jeune fonctionnaire. Pour de nombreux observateurs, il aurait été plus intéressant que, longtemps avant, des experts de l’histoire camerounaise, en organisation d’évènement et en gestion du patrimoine soient réunis dans le cadre d’une commission spéciale. Ils auraient rendu un rapport au parlement représentant le peuple et ce dernier aurait débattu du dossier et du budget. Et cela aura sans doute évité ces nombreuses critiques, davantage liées à la perception de précipitation dans l’organisation d’une célébration pourtant prévisible. Ce qui est sûr, le débat n’est pas clos!



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