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La diva camerounaise Annie Anzouer partage ses 20 ans de carrière musicale

Elle sort un album de 14 titres dans lequel elle partage tout: sa voix, ses émotions et l’affiche!

Parlez nous de l’album qui va sortir dans les prochaines semaines?
Mon nouvel album c’est la maturité. J’ai muri dans la manière de voir les choses. La touche particulière de cet album est que c’est moi qui ai arrangé la quasi-totalité des titres sauf quelques chansons comme «jardin secret» que j’ai fait arranger par un jeune camerounais qui s’appelle Marcien Oyono, qui est un très bon guitariste; «touché tam tam» que j’ai fait arranger par mon batteur, Epagna Kastro.

Dans votre prochain album vous avez des duos avec certaines de vos choristes, qu’est-ce qui a motivé ces associations?
J’ai fait des duos parce que cet album, je l’ai appelé «Partage». J’ai eu envie de partager des avis et de l’émotion! J’ai fait venir trois jeunes chanteuses parmi lesquelles Lou Ze ma choriste depuis mes débuts, deux autres que j’ai découvert à Douala, Sandrine Mengue et Sahel. Je n’ai pas fait de casting particulier. Je voulais qu’il y ait un équilibre, mais la chose s’est présentée de la sorte. J’ai également des duos avec Valérie Belinga qui a été une choriste de Manu Dibango; avec mon fils aîné Jack Anzouer et son petit frère. C’est ça le partage pour moi.

Comment avez-vous préparé cet album partage?
J’avais commencé l’album en 2008. J’étais allée voir mon ancien arrangeur qui a une sensibilité zouk. Nous avions travaillé ensemble sur de beaux zouk et d’autres titres. Après je me suis dite que pour mes 20 ans, les Camerounais m’ayant connu dans un autre style et un registre, il faudrait que je leur livre cela à fond. J’avais déjà payé une grande partie des frais de studio, arrangements et tout le reste. J’ai arrêté. Je suis allée au Cameroun et j’ai tout recommencé à zéro. C’est comme cela que je fonctionne. En fait, le gouvernement m’avait invité à ce moment là aussi pour un festival. Après, je me suis mise à refaire tout l’album. Je ne suis pas déçue. Je crois que le public sera aussi satisfait.

Qu’est ce qui est au programme de vos 20 ans de carrière?
Pour mes 20 ans de carrière, je voudrais faire une grande fête. En fait, elle aurait dû avoir lieu en 2008, parce que ma première sortie avec le Zangalewa c’était en 1988. Nous avons parcouru toute l’Afrique australe: Nairobi, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe, . Je ne voulais donc pas fêter mes 20 ans toute seule.

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous êtes une grande dame de la musique?
Ce n’est pas moi qui le dis. En ma langue (ngoumba-kribi) «Le porc ne peut pas dire, oui, là je suis gras, on peut me manger». Les gens le constatent et le disent. Moi, je ne sais pas me juger. Je sais que j’ai au fond de moi quelque chose à donner et j’essaie de le faire.

Parlez nous de votre duo avec Chantal Ayissi, comment avez gérer cette rencontre?
Rires. Ça c’est passé le plus simplement possible, parce que Chantal Ayissi est une grande dame. C’est une femme que je respecte beaucoup. Elle n’aime pas voir un Camerounais dans la détresse. Elle est toujours entrain de tendre la main. Je suis revenue du Cameroun et pendant que je pensais à travailler, je n’avais pas encore commencé mon album, elle m’a proposé ce duo avec elle. Elle est venue me chercher, je suis allée en studio avec elle. Je pense que c’est aussi mon côté «fou» qui ressort de la sorte. Je suis rentrée dans la peau de Chantal pour faire ce Bikutsi là.

Comment a réagi votre fils quand vous lui avez proposé de faire un duo avec lui?
Mon fils aîné Jack a une très belle voix, ce n’est pas moi qui le dis. Tous ceux qui l’entendent chanter le confirment. Quand il était plus jeune, les gens voulaient déjà que je chante avec lui. Mais ce n’était pas son affaire. Il voulait aller à l’école. Là, il est en Master 2 finances. Il fait de la musique par plaisir pour soutenir sa maman. Ils (ses deux fils) sont mes premiers critiques. Je pense que je me rajeunis en les écoutant. En plus des critiques, ils m’encouragent et me soutiennent aussi.

A plus de 40 ans, quel est le secret d’Annie pour rester aussi jeune?
Ma jeunesse réside dans mon fond intérieur. Je suis quelqu’un qui positive tout ce qui m’arrive. Même quand je suis dans les moments les plus difficiles, les moments les plus bas. Il y a toujours une voix qui susurre Annie ne te décourage pas. Je suis toujours entrain de sourire, mais quand on me voit, on ne peut pas savoir que j’ai des problèmes. Je pense que c’est cela qui fait que je paraisse toujours jeune.

Annie Anzouer, la sirène de Kribi
Journalducameroun.com)/n

Est-ce que vous destinez l’un ou vos fils à la musique?
Je pense qu’ils sont chacun atteint du virus de la musique. Oui! Tous les deux composent. Jack écrit, il a une belle voix, et il commence à me donner des idées pour des arrangements et le reste. Donc, je pense qu’il a un plus dans le domaine de la musique, par rapport à l’autre Gizly. Lui, il écrit, mais fait davantage du rap. Dans notre duo, il y a introduit du rap. Je ne piquerais pas de crise si l’un ou l’autre ou même les deux font de la musique. Car c’est grâce à la musique qu’ils sont là. Je suis arrivée en France en tant que chanteuse. Ils sont partis du Cameroun pour la France, parce qu’il y a un Américain qui était fou de ma voix et a demandé à l’ambassadeur de tout faire pour que ces (mes) enfants aillent en Europe faire des études. C’est grâce à la chanson qu’ils sont là avec moi. L’essentiel, c’est d’être bien dans ce que l’on fait.

Lorsque Annie est en France, que fait-elle?
Malgré le fait que ce soit difficile, j’ai fait d’autres formations, mais je ne m’y reconnais pas. Je ne me vois pas entrain de faire autre chose que la musique. Je suis traumatisée lorsque je vois des gens malades, je ne me vois pas à l’hôpital. Je ne peux pas faire autre chose, même le commerce, je n’y arrive pas. Quand je vais en tournée ou à des invitations, je me préoccupe de faire plaisir aux gens par ma voix que de tout faire pour vendre mes CD. Je pense qu’il faut faire ce qu’on aime, si on a la chance de le faire.

Vos projets après la sortie de l’album?
Je sors un single. Le titre: «Je suis française». C’est un Français, Jean Maris Mallet qui le produit. Il m’a vue chanter et est tombé amoureux de ma voix. Il parie sur moi avec ce titre là. Tout est prêt pour la sortie dans les prochaines semaines. J’ai déjà réalisé un premier clip qui est terminé. Après, je prépare l’album world. Jean Marie Mallet m’a proposé de commencer par le single. Si tout se passe bien, nous ferons un album world. Les gens découvriront de la sorte une autre facette d’Annie Anzouer. Comme j’ai baigné dans ma culture traditionnelle, j’ai plein de chose à faire en mélangeant avec d’autres sensibilités. On verra ce que ca peut donner.

Votre conseil aux jeunes chanteurs?
Il ne faut pas faire la musique parce que quelqu’un d’autre l’a fait. Il faut faire parce que l’on aime. Il faut être très patient. Travailler beaucoup et puis faire appel à celui qui nous a créés. C’est lui qui sait comment il gère nos vies.

Toutes vos chansons racontent-elles toujours une histoire? Ont-elles toujours un thème?
Je le fais tout naturellement. Je ne m’assoie pas en me disant qu’il faille que j’éduque les gens, que je fasse ci ou ça. Je me rends compte, qu’à chaque fois que j’écris une chanson, il y a un message derrière. Même si c’est pour danser, derrière la danse il y a un message. Même cela, je ne l’ai jamais calculé. C’est maintenant que je prends conscience de cela.

Annie Anzouer, la diva de la chanson camerouaise
Journalducameroun.com)/n



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