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La femme ce n’est pas le travesti ou la prostituée, c’est quelque chose de beau

Par Mgr Victor Tonye Mbakot, archevêque de Yaoundé

Chers fidèles du Christ,

Nous célébrons en ce jour les merveilles que le Seigneur a faites pour la Vierge Marie: «La voici élevée bien au-dessus des anges, elle partage désormais les triomphes du Christ et règne pour toujours avec lui». L’Assomption de la Vierge Marie est la manière propre à l’Eglise, de rendre un hommage mérité à la Sainte Vierge Marie, la Mère de Jésus et notre Mère.L’Evangile de Luc I, 39-56, en ce jour spécial, propose le chant du magnificat qui est en réalité l’action de grâce de Marie au moment où cette dernière accueille la salutation d’Elisabeth sa cousine: «Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exalte en Dieu mon Sauveur. Il s’est penché sur son humble servante; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles; Saint est son nom!» En reprenant ce chant du magnificat il y a peu; j’ai eu l’impression de voir défiler devant mes yeux toutes les femmes du monde entier, de toutes les races, de toutes les cultures et de toutes les conditions! Intérieurement, je me suis rendu compte à quel point la femme était une chance pour l’humanité! Elle qui, à la fois est épouse et mère, donne la vie et la protège aussi bien sur le plan physiologique que spirituel; elle qui accueille les premiers mots du petit enfant et veille sur ses premiers pas; elle l’éducatrice et la consolatrice; elle la gardienne de la tradition et de la société; et la liste pourrait encore s’allonger! Alors, qu’en avons-nous fait? Réfléchissons-y en ce jour propice où Jésus nous fait la leçon en prenant au ciel sa Mère, celle qui a cru, celle dont le c ur fut transpercé par un glaive, celle qui, un jour à cana dit aux disciples: «Tout ce qu’il vous dira, faites-le», lorsque Jésus transforma l’eau en vin. Oui, bien aimés de Dieu, qu’avons-nous fait de la femme, cette chance dont Dieu nous a si généreusement gratifiés! Il arrive des moments où nous entendons dire que «les femmes ont toute une journée du 8 mars pour elles. Que veulent- elles encore?» De quoi se désoler surtout lorsqu’on est chrétien, car il est bien triste d’être obligé d’avoir une journée pour rappeler au monde que la moitié de l’humanité n’est pas traitée comme l’autre; même s’il faut se réjouir de la progression observée au niveau des instances internationales, car d’immenses avancées ont été faites en faveur des femmes, mais bien d’autres devraient suivre dans l’urgence.

Depuis 40 ans que le féminisme a pris de l’ampleur, des combats ont été menés par les femmes: égalité des salaires, tâches domestiques, éducation des enfants, nominations à des postes de responsabilités, traitement médiatique … Ils sont nombreux, mais à entendre parler les femmes, le combat le plus important concerne la violence. Le reste des combats n’est pas injuste, mais secondaire, disent-elles. Nous savons que le viol, les crimes d’honneur, tout ce que subissent encore les femmes est totalement inacceptables dans une société comme la nôtre qui se dit évoluée. Malgré la présence des femmes dans les secteurs d’activités professionnels autrefois réservés aux hommes, grand est encore le nombre de femmes dont les capacités intellectuelles et les compétences sont bafouées. Elles sont nombreuses, les femmes méprisées, battues, violées, excisées, livrées à la prostitution, tuées par les coups du mari et j’en passe! Les débats politiques sont de plus en plus construits avec un souci de parité; on parle d’imposer des quotas, même si pour certains observateurs, il s’agit d’un aveu de faiblesse. Cette volonté de reconnaître en la femme un partenaire valable, capable de réflexion est une avancée considérable qu’il faut encourager. La femme est la mère de la société. Il est urgent pour l’Etat, pour l’Eglise, et la société civile d’améliorer la condition de la femme sur tous les plans, en mettant en place des structures pour aider les femmes en situation de violence; il en existe, mais ce n’est pas suffisant, quand nous voyons que la plupart des femmes violentées n’osent pas se plaindre, cela prouve que bien des sujets restent encore tabous. Au Cameroun et ailleurs! Le harcèlement sexuel est monnaie courante dans les établissements scolaires et d’autres instituts de formation, Ce fléau qui a fini par faire son lit dans nos universités était déjà présent dans ces lieux depuis les années 80, connues comme les années phares de l’université où la scolarité était gratuite et où la majorité des étudiants logeaient dans les cités universitaires. On ne pouvait donc pas dire que les filles se vendaient, mais plutôt qu’on abusait d’elles. Aujourd’hui, le voile est à peine levé sur cette malencontreuse situation. C’est pour moi l’occasion de saluer ici l’ouvrage d’un intellectuel camerounais, le Professeur Jean-Emmanuel Pondi qui traite du harcèlement sexuel et de l’idéologie en milieu universitaire en s’appuyant sur le cas de neuf histoires réelles de harcèlement sur les campus universitaires de notre pays.

Bien-aimés de Dieu; Etre femme est une noblesse, c’est une dignité spéciale que Dieu a conférée à l’être féminin: à ce titre, la femme mérite un respect de la part de son semblable masculin. La pornographie encouragée par l’ouverture en série des maisons closes est un ennemi de la femme et donc de la société. Que dire de la publicité sexiste, qui d’une manière ou d’une autre enferme la femme dans une situation d’éternelle subordonnée. Dommage, car à cause de l’idéologie du genre, l’on vole à la femme sa dignité et même sa joie d’être femme. La sexualité, il faut le souligner, est un vaste programme parce qu’elle ne se limite pas qu’à l’anatomie de l’homme ou de la femme, il y a un réel danger à tout banaliser, à tout mélanger au point de tout confondre. Quand cette sexualité dans notre monde n’a plus sa place, que reste-il à l’être qui n’est alors ni femme ni homme? Femme, tu as de la valeur aux yeux de Dieu. Que l’on cesse de te sous-estimer, de ternir ton image, de t’avilir, plus grave encore, de souhaiter indirectement la disparition de ton genre en banalisant ton rôle de protectrice. On entend parler de débats sur le mariage homosexuel. En quoi l’homosexualité promeut-elle la procréation et l’idéal familial? Quand bien même tous les hommes auraient pris pour compagnes les autres hommes, que deviendra la femme? Lorsqu’on aura tout détruit que restera-t-il? La télévision présente assez souvent des reportages qui traitent du sujet de l’homosexualité. Dans ces reportages, on peut voir des hommes arborer des poitrines généreuses, gesticuler et essayer de parler comme des femmes, se maquiller et même s’habiller comme des femmes. Certains, aidés par la médecine ont carrément modifié leur corps pour ressembler davantage à une femme. On les appelle travestis. Les plus engagés veulent même que, quand on parle d’eux, qu’on dise «ELLE» à la place de «IL». C’est une honte, une critique irrespectueuse à l’endroit de notre Dieu qui a choisi de nous faire homme ou femme.

L’homosexualité est un affront à la famille, un ennemi de la femme et de la création! Il existe aussi des pratiques telles que la pédophilie qui est un ennemi de la vie. C’est un drame lorsqu’on apprend que dans notre pays, des pères de famille prennent pour partenaires sexuels leurs propres filles tandis que les mères sont obligées de céder aux avances de leurs propres fils, Les bourreaux promettent alors de couper les vivres et mêmes de tuer les victimes au cas où ces dernières viendraient à dévoiler leur forfait. Certes, l’Eglise, à l’exemple du Christ, accueille avec miséricorde les personnes homosexuelles, les pédophiles et bien d’autres dépravés de la société, tout comme elle accueille aussi les autres pécheurs que nous sommes tous d’une manière ou d’une autre. Mais cela ne signifie pas pour autant que la morale catholique cautionne le comportement homosexuel et le style de vie qu’il inspire. Bien plus, elle les condamne! En ce jour où l’Eglise célèbre la Mère de l’humanité, notre message est celui-ci: que les destructeurs de la famille cessent leurs projets iconoclastes, car le cataclysme que la société met en marche par ces pratiques contre-nature risque de n’épargner personne, ni les destructeurs ni les détruits. Je veux aussi dans le même ordre d’idées me tourner vers les femmes pour relever deux situations bien tristes qui engagent aussi bien les hommes que les femmes: dans les milieux où la perversion morale est poussée à outrance, certaines femmes encouragées ou non par leurs maris se jettent bec et ongles à la recherche des honneurs et de l’argent en se livrant à des relations sexuelles avec des animaux, tels que le boa, le chien, le cheval. L’enrichissement qui en découle n’est autre que du satanisme et l’Eglise est tenue de le dénoncer formellement. De nos jours, le phénomène de placement de femme a pignon sur rue: de nombreuses dames font des voyages en Europe sous prétexte que c’est pour des raisons de santé alors que leur destination véritable n’est autre qu’un deuxième foyer, avec parfois la complicité du mari! Au bout de quelque temps, on voit pousser des châteaux ici et Ià dans nos grandes villes avec l’argent du péché; que dis-je, l’argent de la prostitution! A toi femme, l’Evangile d’aujourd’hui apprend que quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, elle fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte: «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi?». C’est pour dire que: lorsque nous croisons une femme on aimerait bien être frappé par quelque chose de fort, quelque chose de beau, quelque chose de merveilleux, merveilleux de dignité, de générosité, de simplicité, d’humanité, de beauté, de bonté et de spiritualité. Femme, notre société dépravée compte beaucoup sur toi, elle ne peut pas faire sans toi; le monde entier est à la recherche de ton image originelle de femme vertueuse, celle que présentent les saintes Ecritures dans le Livre des Proverbes: celle-là qui a bien plus de valeur que les perles. Le récit conclut en rappelant que la grâce est trompeuse, et la beauté est vaine: la femme qui craint le Seigneur est celle qui sera louée!

Le Seigneur fit pour moi des merveilles!

Bien-aimés de Dieu, Avec Marie notre Mère qui est accueillie au ciel, chantons ensemble le beau chant du magnificat: «Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur»! Merci à vous, cher Père Recteur, pour votre accueil toujours chaleureux dans cette belle cathédrale. Merci à vous chers fidèles, de venir toujours aussi nombreux chaque année, pour acclamer Marie, la Reine de la paix accueillie au ciel. Merci à vous, hommes des médias, de relayer jusqu’au loin l’écho de notre message fraternel de ce jour. Que le Femme camerounaise, qui aime tant Marie se sente à jamais glorifiée en elle. C’est une chance pour le Cameroun d’avoir la Mère de jésus pour patronne.

Joyeuse fête de l’Assomption, paix et joie dans vos familles! Loué soit Jésus Christ!

Mgr Victor Tonye Mbakot, archevêque de Yaoundé


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