Dossiers › Focus

La jeunesse camerounaise à la croisée des chemins

Cinquante ans après l’indépendance et 28 ans de renouveau plus tard, les jeunes attendent de vivre les efforts de l’Etat camerounais

Cinquantenaire de l’indépendance et jeunes camerounais d’aujourd’hui: quels rapports
«Jeunesse et consolidation des 50 ans d’indépendance du Cameroun», c’est le thème choisi par les autorités camerounaises pour célébrer pour la quarante quatrième fois, la jeunesse camerounaise. Ce choix a réjoui tout le monde et on se congratule d’avoir eu une brillante idée, vrai! Seulement la jeunesse officielle d’aujourd’hui que les statuts du tout récent Conseil National de la Jeunesse du Cameroun (CNJC) attribuent aux personnes âgées de zéro à trente-cinq ans, n’a connu ni les indépendances, ni l’ancien régime. Alors le thème devient plus intéressant lorsqu’on essaye de comprendre quel rapports il y’aurait à établir entre les jeunes et le besoin de consolider les 50 années d’indépendance du Cameroun. L’histoire des jeunes héros d’avant les indépendances, la jeunesse d’aujourd’hui pour une bonne part ne la connait pas. Le peu de connaissance que les autres en ont jusque-là eu, c’est l’image de révolutionnaires communistes qui ont fini par devenir des maquisards et ont abattus par les forces de l’ordre.

Modèles oubliés de la jeunesse d’hier
Jusque-là l’ardeur de ces jeunes, leur amour inconditionnel pour le Cameroun, leur volonté de fer et leur probité d’esprit qui auraient pu en faire des héros, et des modèles pour une jeunesse qui aujourd’hui manque de repères ont tout simplement été occultés. La jeunesse en quête de modèles s’est tournée vers ce qu’elle trouvait. Le système avait pourtant bien marché jusqu’au renouveau politique au Cameroun. A la faveur de la confiance faite aux jeunes des années 70 et 80, une génération entière est arrivée au pouvoir, s’est installée et a des difficultés aujourd’hui de partir. En lieu et place, elle propose des solutions toutes faites à des jeunes qui attendent toujours de voir se concrétiser les promesses. Alors que célèbre-t-on? De nombreux jeunes se disent de moins en moins impliqués. Pourtant le gouvernement n’hésite pas à présenter ses réalisations. Construction de structures d’encadrement de base, du secondaire et même du supérieur, création des structures d’insertion sociale, lutte contre la pauvreté en milieu jeunes, et bien d’autres

Une jeunesse mal comprise et en mal d’expression
De deux choses l’une. Soit les efforts du gouvernement ont été insuffisants, soit le gouvernement a fait de mauvais choix. La pauvreté, le chômage, et ses corollaires, la perte d’identité, la délinquance juvénile, les travaux interdits, et d’autres problèmes sont le lot quotidien de la plupart de ces jeunes restés au Cameroun. Par deux fois ces trois dernières décennies, on a frôlé la rupture. En 1990, le pays s’embrasait. Ceux qui jusque-là avaient eu le soutien de l’Etat dans leur jeunesse, se sont décidés à supprimer ce soutien pour «la jeunesse fer de lance de la nation», et ont voulu donner des raisons. Le dialogue n’est pas passé. La confrontation était inévitable. Zéro mort ou cent morts, ou même deux cent morts? Le débat public a viré sur des considérations inutiles et la jeunesse s’est enfoncée. Février 2008 dans tout le pays, la nouvelle génération des jeunes s’embrase et proteste. Riposte solide et musclée de l’Etat. A chacune de ces fois, les autorités ont choisi de fustiger une jeunesse irresponsable et inconsciente et en février 2008, manipulée par «des apprentis sorciers»

Agir à l’unisson pour répondre de demain
Le rapport de force aujourd’hui semble avoir tourné au profit des anciens jeunes qui cinquante ans de pouvoir après ne lâchent pas prise. Alors les jeunes les moins chanceux du système ont pris leur destin en main. La débrouillardise, légale pour certains, illégale pour d’autres est leur quotidien. Pour les plus nantis ou les plus courageux tous les pays du monde autre que le Cameroun sont des paradis. L’Europe, l’Amérique, même la chine et la Russie communistes et parfois xénophobes vaut une traversée périlleuse de toutes les mers du monde. Il faut survivre pour aider la famille resté dans l’enfer Camerounais. Mais, les problèmes de la jeunesse camerounaise sont des faits tangibles, certes, cependant, les solutions devraient être collectives, comme l’avaient fait les héros de l’indépendance, Um Nyobe Ruben, Felix Moumié, Ndeh tu Mazah, Martin Paul Samba, Ernest Ouandjie, qui à l’époque d’un Cameroun primitif et sans infrastructures de communication véritables se sont levés comme un seul homme et ont pensé à un Cameroun meilleur. Dans moins de 20 ans la jeunesse d’aujourd’hui sera devenu vieille et doit éviter de répondre à la difficile question: «Mais où étiez-vous à la croisé des chemins ? où étiez-vous quand le pays avait 50 ans»

une rue dans laa ville de Yaoundé
Journalducameroun.com)/n


À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Retour en haut
error: Contenu protégé