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La journée mondiale de la femme

Michel Lobé Etamé

Femme, je vous aime ! Si on s’en tenait à ce « pitoyable » slogan, rituel qui a surmonté le temps, les relations femme/homme laisseraient présager une société harmonieuse et équilibrée des deux sexes. Mais ce monde idyllique n’existe toujours pas. La femme, bien que toujours célébrée à travers de nombreux poèmes, continue à subir les foudres du « sexe » fort qu’est l’homme. Est-ce pour se donner bonne conscience que l’ONU a décrété une Journée Internationale de la Femme le 8 mars?

Les années de lutte pour l’égalité, la justice, la parité et l’épanouissement de la femme dans la société ont bouleversé le rapport des forces femme/homme. Malgré des acquis significatifs, nous observons une régression de la situation de la femme. Faut-il légiférer pour faire bouger les esprits ? Nous ne pouvons passer sous silence les épreuves quotidiennes subies par ces dernières et qui se traduisent par des violences physiques, psychologiques, économiques et sociales.

L’inconscient collectif des hommes a toujours caressé un rêve de domination du sexe opposé. Sans sombrer dans le populisme qui nous caractérise, chaque jour est une épreuve aux femmes dans notre société.

Nous réfléchissons tous les jours aux dispositions à mettre en place pour mettre fin à la barbarie masculine qui prend des formes sournoises pour échapper à la justice. Rien ne justifie les violences des hommes. Ces femmes sont nos mères, nos s urs, nos filles et nos épouses.

La tragédie humaine de notre société est aussi la relation homme/femme. Une relation souillée par le sang, la sueur, la haine pitoyable d’un obscurantisme séculaire. Aujourd’hui, rien n’explique la violence masculine qui s’exprime à la place du dialogue. L’homme a peur de perdre ses pouvoirs, ses droits obtenus par la force et la peur. Il est donc faible. Et dans son corps robuste, il cache une faiblesse psychologique dont la femme est consciente. Il a pourtant tout à gagner à partager avec sa compagne ses angoisses, ses peurs, ses incertitudes, ses doutes et ses faiblesses.

Dans notre société dite civilisée, nous avons cru être à l’abri des comportements sexistes. Les milieux éclairés n’ont pas réussi à mettre fin à la violence conjugale. Un regain de barbarie s’installe à nouveau. Pour se donner bonne conscience, nous l’attribuons au marasme social et à la précarité. Ces comportements sont inexcusables. Ils cachent le mal être de l’homme, son incapacité à s’adapter à la société moderne qui devrait offrir les mêmes chances et les mêmes droits aux filles et aux garçons.

Longtemps encore, la violence masculine était considérée comme un comportement propre aux pays pauvres, sans éducation et obscurantistes. Il n’en est rien. Les pays pauvres n’ont pas moins de c ur que les pays riches. En 1910, l’Internationale socialiste réunie à Copenhague a instauré une Journée de la femme, de caractère international, pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour aider à obtenir le suffrage universel des femmes. Un bail, me direz-vous ! Les progrès sont toujours remis en cause.

La femme saoudienne a voté pour la première fois en 2015, à l’occasion des élections municipales. Non seulement les droits des femmes dans le monde sont toujours bafoués, ils régressent un peu partout sous des formes que protègent consciemment notre hypocrisie collective.

L’éducation, rien que l’éducation
La célébration de la journée mondiale de la femme remonte en surface un seul jour au cours d’une année. A cette occasion, des manifestations, des cérémonies et des parades marquent cette journée. Ces messes devraient être dénoncées car elles masquent les disparités visibles et invisibles subies par les femmes. Le 8 mars ne doit pas seulement être une journée festive, mais une journée de réflexion et de débats pour casser le plafond de verre suspendu sur les têtes des femmes par des actes forts et symboliques tels que le mariage et l’école obligatoire jusqu’à 18 ans.

Mais la vraie solution ne viendra que par l’éducation qui brise les barrières. Dans certains pays, la religion est un frein à l’éducation des filles. Il faut dénoncer cette barbarie obscurantiste qui brise l’épanouissement de la femme.

La parité dans notre société dite moderne est aussi un frein à la justice humaine. Combien de femmes ont été éconduites pour avoir réclamé leur droit ? Le chemin de l’égalité est encore semé d’embûches. Mais rien ne saurait l’arrêter. Tous ensembles, nous avons le devoir de faire appliquer strictement les règles de droit élémentaire sur l’égalité des sexes.

Michel Lobé Etamé, journaliste
Droits réservés)/n

A SAVOIR

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