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La lettre de la semaine: À monsieur Blaise Compaoré et ses collègues africains

Par François Zoomevele Effa

Monsieur le Président aux abois, Monsieur le Président vomi, exécré, vous par qui la révolte contre les dictateurs a commencé, oui, Blaise qui n’êtes plus à l’aise dans vos 27 ans de règne, voilà, le peuple vous demande de partir, et moi aussi.

Vous confondez Royaume et République, vous avez pris le pouvoir en assassinant Thomas SANKARA, une référence, un modèle, et vous croyiez que le peuple l’avait oublié? Vous avez essayé de vous faire un nom, croyant que votre longévité à la tête du pays allait effacer le sang indélébile de SANKARA qui est sur vos mains, le sang d’un frère et d’un ami que vous avez trahi. Vous avez sonné le glas pour vos collègues africains, ceux qui se maintiennent eux aussi au pouvoir en bidouillant les constitutions de leur pays, y semant la terreur et instituant une corruption qui nourrit leur entourage, appauvrissant leur pays.

Savez-vous que La France vous a déjà lâché, oui, elle est comme ça avec ses amis dictateurs africains. Souvenez-vous de BOKASSA, votre modèle, qui s’était auto proclamé Président à vie, puis Empereur. La France, sous de Gaule, Pompidou et Giscard l’avait accompagné dans ses folies, y trouvant même une manne en organisant le sacre impérial de la honte. Mais c’est la même France qui l’a jeté en pâture, faisant de lui par ses médias un objet de moqueries, cultivant sciemment racisme et mépris, l’élevant comme le symbole d’un Président d’une République bananière.

En ce moment, tous vos comptes bancaires en France en Suisse et ailleurs sont en train d’être bloqués. Tout ce que vous avez détourné pendant vos 27 ans d’usurpation de pouvoir et que vous avez caché à l’étranger, en Occident, vos amis perfides y font main basse en ce moment même, comme ils l’ont fait avec BOKASSA, avec MOBUTU, et ils feront bientôt la même chose avec SASSOU NGUESSOU, ainsi que OBIANG NGUEMA et PAUL BIYA.

Oui, vos camarades et collègues africains champions de la longévité présidentielle, du bidouillage constitutionnel, et du trucage des élections présidentielles sont eux aussi aux abois. Ils vous en veulent d’ailleurs très fort, car ils ont très peur que cette révolte se propage et se contamine en Guinée équatoriale, au Cameroun, dans les deux Congo, et aussi dans des pays africains où l’on transmet la fonction de chef d’Etat de père en fils.

Quant à vous, Monsieur SASSOU, il ne vous est pas conseillé de provoquer une autre guerre civile comme vous le fîtes du temps des ninjas et des cobras. Votre ami perfide Chirac n’est plus en forme pour légitimer votre illégitimité présidentielle comme ce fut le cas; 12 ans, puis 17 ans de pouvoir, il est temps de laisser le Congo respirer.

Et vous, OBIANG NGUEMA, ce n’est pas la peine de continuer vos man uvres qui ne trompent personne. Vous avez fait un coup d’Etat à votre sanguinaire d’oncle, l’ancien président. Vous vous préparez à vous faire remplacer par votre fils le dépensier, et vous demandez aux opposants de rentrer… 32 ans de pouvoir totalitaire, ça suffit, ça bouge au Burkina!!!

En ce qui vous concerne, Monsieur Paul BIYA, les votres sont en train d’essayer vainement de légitimer vos 33 ans de règne. Votre sagesse, votre prise de pouvoir non tâché de sang, et la paix qui n’est plus tout à fait votre référence depuis que vous avez déclaré la guerre à «Boco bandits», ces arguments ne tiennent pas du tout, et vous tremblez certainement comme vos confrères en ce moment. Faites comme votre prédécesseur, démissionnez tant qu’il est encore temps.

Messieurs les Présidents africains de la honte, vous qui, pendant des décennies, avez enfoncé votre peuple dans la frustration, la honte, et la corruption, vous qui avez bidouillé d’une façon ou d’une autre les constitutions, les lois et les résultats électoraux, qui êtes prêts à mettre à feu et sang vos pays pour garder vos fonctions éternellement, JE NE VOUS SALUE POINT.

François Zoomevele Effa
Journalducameroun.com )/n



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