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La lettre de la semaine: A vous monsieur, qui ne tenez pas vos promesses électorales

Par François Zo Omevele

Quand, il n’y a pas si longtemps, vous étiez dans l’opposition, vous teniez des discours si prometteurs pour la vie sociale dans votre pays. Nous avons rêvé, et avons attendu, le c ur palpitant, que vous redonniez, comme vous le promettiez, ses lettres de noblesse fondamentale à votre pays: la liberté , l’égalité et la fraternité. Vous avez, lors de ce fameux débat déterminant contre votre adversaire Sarko, sorti cette confession de foi présidentielle, qui a sans doute fait la différence, qui a certainement fait pencher la balance des voix électorales de votre côté: « Moi, Président! »

Vous, Président! Et vous nous avez promis tellement de choses que nous migrants, surtout d’origine africaine, avons commencé à prier si fort afin que votre règne de gauche vienne et que les injures, les mépris les maltraitances, les proclamations officielles du racisme par les ministres d’état de l’ère de celui qui disait que l’Afrique n’était pas entrée dans l’histoire, ne soient plus qu’un lointain souvenir. Vous avez été élu, vous voilà Président du pays des droits de l’homme. Mais que reste t il de vos promesses? Vous Président, disiez vous, vous promettiez que nous, étrangers résidents légalement en France, aurions le droit de vote dans les élections locales. Et, voilà que c’est aux oubliettes. Nous voyons que vous adoptez la même stratégie que votre prédécesseur; il était lui aussi favorable au vote des étrangers quand il lui fallait des voix et, il s’est , comme vous en ce moment, rétracté. Pourtant nous ne vous avons rien demandé! C’est vous qui , dans un élan de prise de conscience des dénis de citoyenneté aux résidents hors communautaire, aux non européens, avez voulu effacer cette flagrante discrimination . Une question Monsieur le Président: est ce que les bénéficiaires du mariage pour tous – qui est une promesse électorale qui se réalise en ce moment,- sont des citoyens à par entière, et nous Africains et autres migrants, des citoyens à part?

Vous Président, nous avons cru que la Françafrique serait morte et définitivement enterrée.Mais voilà que vous renouez avec les vieux démons; vous êtes allés à Kinshasa, à votre corps défendant, pendant le dernier sommet de la francophonie, rencontrer les opposants aux Président local, héritier du trône présidentiel se son père; était-ce pour envisager la continuité de vos intérêts miniers au cas ou le pouvoir changerait de tête démocratique, ou alors vous avez en secret averti les vieux despotes du continent que vous alliez les lâcher si leur gouvernance ne changeait pas? Certainement pas car… Vous Président, venez de recevoir à l’Elysée, le Président Camerounais, et vous l’avez très probablement félicité pour ses 80 printemps et surtout ses 30 ans de longévité présidentielle.Cette visite a légitimé sa position,et a justifié son dictact. Il a dû vous donner son secret afin que vous soyez réélu pour un second mandat, et même que nous sommes certains qu’il vous a donné des pichenettes à lui pour torpiller votre constitution et que vous deveniez un Président presque à vie.

Vous Président, nous avons cru que les guerres françaises en Afrique, c’était fini, qu’on ne verrait plus les hélicos et les avions bombardiers comme il n y a pas si longtemps en Côte d’Ivoire et en Libye, que l’Afrique serait aux Africains, et qu’il fallait respecter une certaine souveraineté comme vous le faites en Syrie en Israël et en Palestine.Vous voilà établi pour une longue guerre contre les islamistes au Mali, mais c’est au nom de son pétrole de son uranium, de son or, et vous continuez à le présenter comme vous le faites avec le Niger, comme pays le plus pauvre du monde. Nous nous sommes mis à rêver que pour le principe de l’égalité, votre gouvernance socialiste mettrait enfin un terme au vol flagrant et bien organisé que votre pays accomplit depuis for longtemps par le biais du Franc c.f.a. .Nous ne vous demandons pas des remboursements rétro-actifs depuis la mise en place de cette monnaie de singe que votre pays ourdit pour nous piller et nous voler «les yeux ouverts» car c.f.a. vient de Colonies Françaises d’Afrique.

Nous avons cru aussi que, Vous Président, les charters de sans-papiers vers l’Afrique cesseraient que les camps de rétention honteux de Mayotte fermeraient, et que l’on plumerait moins ou plus du tout les étrangers qui demandent des visas d’entrée en France et qui déposent des premières demandes de titre de séjours; une arnaque qui consiste à payer des droits fiscaux très élevés, et qui ne sont pas remboursés, sachant que 90% des demandes sont rejetées. C’est pourquoi Monsieur le Président, vous comprendrez qu’il m’est difficile de vous adresser des salutations de joie ou de reconnaissance comme mes frères du Mali quand vous y êtes allés parader là-bas; j’espère que vous tiendrez vos promesses électorales, car vous n’êtes qu’au début de votre mandat.

François Zo’omevele Effa
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