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La lettre de la semaine: aux Lions indomptables domptés par la médiocrité

Par François Zoomevele Effa

Vous portiez un nom qui a fait vibrer votre pays, votre continent, et le monde du football tout entier. Vous aviez hérité d’un noble passé, celui qui a permis au continent d’avoir autant de représentants aujourd’hui à la phase finale de la coupe du monde de foot. Vous ne méritez plus qu’on vous appelle Lions, ni qu’on puisse vous qualifier d’Indomptables. La balle est ronde, le terrain est plat, mais votre piteuse prestation vous fait chanter la première version de votre hymne. Vous n’allez pas du tout debout, et vous n’êtes point jaloux de votre liberté. Mais vous sombrez dans la barbarie et entretenez votre sauvagerie.

Votre joie et votre vie, c’est vos gros salaires, vos primes, vous n’avez aucun amour ni le moindre petit honneur pour votre nation que vous avez commencé à renier en refusant de saluer votre Chef de Gouvernement, et de prendre le drapeau qu’il vous tendait quand vous partiez pour le Brésil. Nous comprenons mieux maintenant. Votre pays et le prestige des Lions Indomptables vous sert de tremplin pour la négociation à la hausse de vos contrats faramineux. Mais le faisant, vous avez scié la branche sur laquelle vous étiez assis. Vous avez réduit la valeur de votre équipe à pas grand-chose

Vous jouez pourtant tous dans les grands club Occidetaux. Vous savez aussi que le Mondial est l’un des événements les plus regardés dans le monde entier. Que l’on vous batte par ce score fleuve, bon! L’Espagne, qui tient le titre, a été rossée 5 à 1. Mais l’agression qui a valu le carton rouge à l’autre sauvage dont j’ai oublié le nom, et les deux qui se sont battus sur le terrain, voilà qui confirme que vous continuez d’aimer de vivre dans votre barbarie.

Sachez, mauvais Lions domptés par l’argent, que tous les enfants de votre pays du nord au sud, de l’est à l’ouest se retrouvaient dans un même amour quand vos illustres anciens savaient mouillé le maillot. Quand Roger Milla allait demander des audiences au plus haut niveau, disant qu’il était un soldat du pays et qu’il le démontrât par son inoubliable épopée, il était fidèle à son hymne, il remplissait son devoir, toujours. Quand, contre l’Italie, Abega, Mbida, et les autres ont réagi du tic au tac, quand Mboma, Omam Biyik et tant d’autres ont montré que cette patrie était leur seul vrai bonheur, quand Marc Vivien Foé a sacrifié sa vie, ces paroles nationales «chère patrie, terre chérie…notre joie et notre vie, à toi l’amour et le grand honneur» avaient un sens dans leur bouche.

Vous suivez l’exemple qui vient d’en haut, de vos dirigeants, car les chiens ne font pas des chats. Seulement le grand chef ne pourra plus dire son fameux «un seul mot, continuez». Il nous est pénible de voir s’effriter tout le pays, vous êtes le reflet de la santé de votre pays. Ce qui importe, c’est de se remplir les poches. Vous au moins, malgré votre médiocrité, ne volez pas l’argent qui vous fait oublier l’honneur de votre nation. Votre Cameroun est loin de vous pardonner. Aussi je vous propose de rembourser ces fameuses primes, et que l’on construise des stades de foot au pays.

Mais que dis-je! C’est donner une occasion aux rapaces et voleurs professionnels qui dirigent de détourner encore ces sommes. Prenez des sélectionneurs locaux, et que le pays se désinscrive de toute compétition internationale pendant quatre ou cinq ans. Vous verrez, il se lèvera de vrais lionceaux, qui apprendront les vraies valeurs nationales, à moins que nous n’attendions tous 2035, quand le pays sera émergent. En attendant, je ne vous salue point, la médiocrité, la vôtre, est certainement contagieuse.

François Zoomvele Effa
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