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La lettre de la semaine: Mesdames et Messieurs qui poursuivez les dictateurs africains pour leurs biens mal acquis

Par François Zoomvele Effa

Je voudrai, Mesdames et Messieurs les juges et les magistrats en charge aux affaires des biens mal acquis des dictateurs africains, vous apporter par la présente des indications et des précisions sans
lesquelles vos investigations, vos instructions, vos jugements et verdicts n’auraient rien à voir avec la Justice, mais seraient, comme souvent, une parodie pour enfumer les vérités sur les vrais voleurs qui pillent en permanence l’Afrique.

Poursuivre ces dictateurs et tyrans africains en France est un non sens constitutionnel. Les présidents du Cameroun, du Congo Brazzaville, du Gabon et de la Guinée Equatoriale n’ont commis en France aucun crime ni délit qui légitimeraient que la justice Française soit à leur trousse. Il leur est reproché de s’enrichir outrageusement en pillant leur pays. Ceci est certainement vrai, mais la France est-elle le gendarme et le juge de l’Afrique?

Ne faudrait-il pas qu’ils soient jugés dans leurs pays qui sont, nous dit-on, souverains! Et si vous sous- estimez comme de bien entendu que les institutions de ces Républiques que vous qualifiez honteusement de «bananières», pourquoi n’instituez-vous pas un tribunal économique international qui, à l’instar du T.P.I. qui ne juge que les Africains. Il aurait plus de légitimité à instruire ces procès d’opérette.

Oui! parfaitement! ne vous en déplaise, de vrais procès d’opérette car les vrais responsables basiques de ces vols organisés, c’est la Françafrique, c’est toutes ces banques non-africaines dans lesquelles
ces biens mal acquis transitent. Vous opérez comme certains de vos collègues qui s’acharnent sur les petits consommateurs et dealeurs de stupéfiants, alors que les vrais caïds sont intouchables.

Les receleurs de ces biens mal acquis sont de vrais complices de tous ces vols, car ils s’enrichissent outrageusement aussi dans ces macabres transitions. Certains Etats comme la Suisse , la France et la Belgique agissent à cet effet comme de vrais charognards, en voici la preuve.

Que sont devenus les biens mal acquis de certains dictateurs déchus ou décédés? Pourquoi les banques de ces pays ne veulent pas restituer aux familles ou aux pays dépouillés les milliards de feu Mobutu du Congo Démocratique, de Bokassa de Centrafrique, de Bongo du Gabon? Pourquoi leurs biens immobiliers ont-ils été confisqués, puis bradés entre «petits copains»? Souvenez vous de la participation de la France pendant la piteuse et honteuse cérémonie du sacre de l’Empereur d’opérette Bokassa premier. Tous ces milliards qui sont entrés dans les caisses des entreprises et de l’état français, n’est-ce pas des biens honteusement mal acquis?

La liste des biens mal acquis est tellement longue, voici quelques cas qui dépendent de vos juridictions, et il serait tout à votre honneur de vous y intéresser, afin que le mot justice recouvre ses
lettres de noblesse dans ces cas spécifiques de biens mal acquis.
Faites donc une évaluation de toutes les richesses volées à l’Afrique depuis la traite négrière, la colonisation, et la françafrique, par les Etats, les sociétés commerciales, les banques occidentales, le
Fonds monétaire international, la Banque mondiale et tous les innombrables pilleurs, même certaines ONG.

Que diriez-vous d’aller jeter un regard dans les comptes de Total, Areva, ou de Vincent Bolorré, ces pilleurs de l’Afrique qui sont présentés comme des héros de la finance et de l’industrie! Et tous ces princes saoudiens qui achètent vos Champs Elysées, vos prestigieuses équipes de football parisiennes, pouvez-vous oser parler de leurs biens mal acquis? Votre arme fatale, pour récupérer officiellement ces richesses, est le fameux gel des biens et des avoirs frauduleux, produits de vos recels officiels.

Alors, avant de vilipender, de dénoncer et de juger sans doute à raison ces dictateurs africains, prenez soin de juger d’abord leurs instigateurs qui sont vos gouvernements, vos institutions et sociétés véreuses.

Il va de soi que, dans ces conditions, Mesdames et Messieurs, je n’ai aucune envie de vous adresser quelque salutation que ce soit

François Zo’omevele Effa
Journalducameroun.com)/n



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