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La lettre du Président du RDMC, Pierre Mila Assouté

Au sujet de la candidature unique de l’opposition lors des élections au Cameroun en 2011

La stratégie du Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun (RDMC) en 2011 : Au Cameroun, chercher un candidat unique de l’opposition en 2011 : stratégie de victoire ou piège à Cons ?

Pour le RDMC, un leadership consensuel se dégage d’un dialogue direct entre les leaders de partis ou dans un rapport direct avec le Peuple, sur la base d’un projet de rêve et de l’ensemble des moyens matériels et financiers nécessaires à une campagne politique.

Tout leadership a un coût. « l’opposition » n’est pas un parti politique. Conscient de la réalité de la pluralité politique de notre pays, le RDMC n’imposera pas son option aux partis politiques de l’opposition pour l’élection présidentielle de 2011. Cependant, parti de l’opposition engagé dans le leadership d’un changement alternatif, il a un avis propre sur l’idéal d’une candidature unique de l’opposition qui fait débat : la recherche d’une candidature unique au Cameroun en 2011 pour nous, est un piège à cons.

Le RDMC, est social-libéral. La victoire en 2011, est possible avec une nouvelle démarche: Le libre consentement des parties et des leaders de partis par accointances et par un dialogue direct. Notre démarche est sous-tendue par la convergence des idées ou par l’intérêt politique. La realpolitik : c’est la voie du RDMC.

Le RDMC est ouvert dès à présent à un dialogue direct. Il fera des offres politiques concrètes au Peuple, aux partis politiques et aux leaders. Il est également prédisposé à recevoir à notre siège de Yaoundé à Tsinga, sans pré-requis, toute meilleure contre-offre comprenant : (i)- projet social. (ii)- stratégie électorale. (iii)- finances.
Pierre Mila Assouté

Le rapport direct, et avec le Peuple du Cameroun, et avec la jeunesse nationale, les femmes, mais aussi avec les partis politiques, les leaders, ainsi que les associations civiles qui travaillent pour appuyer la démocratie et le changement, est notre préférence pour préparer le prochain scrutin présidentiel en 2011. Le RDMC ne sera à aucune table recouverte du vernis de «l’opposition», pour grossir la spéculation sur une candidature unique virtuelle, dans la confusion des genres et l’assimilation tous azimuts des hétéroclismes groupusculaires aux objectifs contradictoires ne justifiant concrètement ni de projet social, ni de moyens matériels et financiers, ni de moyens humains et structurels cohérents.

Il n’existe pas dans notre pays, une séparation étanche entre un Peuple dit d’opposition, et un autre dit du pouvoir. Le Peuple du Cameroun aspire au bien-être ensemble. C’est avec ce Peuple qu’une victoire écrasante est possible. Oui, elle est possible. Dans nos statuts, être militant du RDMC, c’est souscrire à servir l’ensemble du Peuple du Cameroun,-(sans distinction d’origine, ni de conviction religieuse, ni de chapelle politique)- avec lequel notre parti fait corps dans toute sa diversité. La victoire en 2011 sera celle d’une alliance gagnante dont le parti tête de file, est capable de justifier par la force de son projet social et de ses moyens financiers, matériels et humains, de la puissance de mobilisation d’une base populaire large. La candidature unique de l’opposition, bien que noble, à nos yeux, trimbale hélas, l’inconvénient d’une virtualité sans fin. Notre Peuple a perdu toute confiance dans les hommes politiques. L’idée d’une candidature unique seule, fût-elle de l’opposition, ne suffit plus à ramener spontanément la confiance perdue. Je suis convaincu de la nécessité de combler par des actes, la profondeur d’une grave crise de confiance installée entre le Peuple et les politiciens de notre pays.

Le petit peuple est pris en otage dans des structures politiques au service des petits pactes politiques nocturnes d’intérêts personnels.
Le candidat unique du RDPC gouverne depuis 28 ans sans aucun impact sur le bien-être des populations. Les « opposants » quant à eux, cherchent toujours depuis 20 ans, son candidat unique, dans une opposition hétéroclite n’ayant aucun fondement ni idéologique, ni légal contraignant, ni moyens nécessaires.

Le pouvoir et l’opposition sont vécus comme la peste et le choléra qui s’offrent au Peuple.L’imposture y prend sa source : des individus se délivrent des mandats et se mettent en scène pour se bâtir une étoffe de marchandage.

Le RDMC est né des dévoiements idéologiques graves du RDPC. Il n’a pas convenance à cautionner par notre présence dans des hétéroclismes mercantiles, ni directement ni indirectement, des intérêts alimentaires de certains dans « l’opposition » non plus… Quelques gens, sans doute de bonne foi, revendiquent des mouvements de changement dans la diaspora,-(un vaste ensemble politiquement multicolore à l’image du Cameroun)-, avec le même dessein: le candidat unique. C’est notre intime conviction que toutes ces actions dispersées, manquent de liant politique, de moyens et de sérieux…

Or, nous savons, lucides à l’expérience, que ce débat est sans lendemain et se poursuivra jusqu’au jour des élections,. Et, « l’opposition » pour le comble, sera absente dans plusieurs des 23.000 bureaux de vote au jour du scrutin !! Est-elle à l’évidence, représentée à ce jour dans les 360 commissions mixtes locales, pour le compte du candidat unique recherché, afin de veiller à la sincérité des inscriptions sur les listes électorales qu’ELECAM a annoncé de démarrer le 15 Août 2010 !!!

Scruter le ciel pendant deux décades dans l’attente d’un messianique candidat unique -qui naîtra des cuisses de Jupiter- sans actions concrètes sur le terrain politique est surréaliste et dilatoire à défaut d’être puéril.

Un fourre-tout « d’opposition» a déjà redonné aux dirigeants du RDPC « combattu » en 1992, la victoire des élections législatives que le Peuple lui a majoritairement servie sur un plateau en Or massif. Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Les déchirures de l’opposition sont-elles surmontables en 2011 ? L’actualité récente a livré des doutes… En l’état, plutôt que l’union des forces, on tend vers les rétro-exclusions, de nouvelles divisions dans les regroupements hétéroclites de même type qui tentent de se former par sursaut patriotique (?) ou par défiance ( ?) ou par égo ( ?) ou par désespoir ( ?)
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M. Pius NJAWE a tragiquement perdu la vie hélas à Washington,-paix à son âme-(je dirais pour rien)-, dans une équation à mille inconnues, entre partisans (sans moyens) d’un coup d’état, et partisans (sans moyens) des urnes. Les acteurs politiques clefs sur le terrain sont restés loin d’une autre apparence de manigance politico-médiatique sans substance.
Les agrégats ayant émaillé l’organisation des obsèques d’un invité qui y a perdu la vie interrogent plus encore, au-delà de la volonté et du patriotisme affiché des initiateurs, la pertinence des moyens de lutte et la cohérence de ces organisations spontanées de la diaspora qui naissent la veille des scrutins!

Pour être clair, nous voulons dire que parler de la candidature unique de l’opposition au Cameroun en 2011 ne relève pas d’un angélisme de Washington ou de Paris. Il y a des préalables politiques et financiers à surmonter concrètement dans la praxis politique.

Les multiples sociétés civiles qui fleurissent à l’image des partis avec des annonces de candidats, entrevoyant de se substituer à ces derniers, en rajoutent à la confusion et ne laissent pas non plus rêver l’union autour d’un candidat unique.

Notre constitution n’ouvre la voie qu’aux seuls partis politiques légalisés, à conquérir les suffrages universels. La candidature indépendante dans la société civile (sans parti politique) est inintelligible.

Le pouvoir s’étant assuré la soumission à l’exécutif de l’ordre juridictionnel garante de la décision finale des consultations politiques, la victoire intelligible doit être écrasante. Le système électoral à un tour est une expertise pensée pour ne jamais aboutir à un face à face avec le candidat unique du RDPC, M. Paul BIYA.
Un projet de révision constitutionnelle prépare le renforcement politique de ce dispositif par l’introduction d’un poste de vice-président de la République dans le jeu préélectoral, afin de présenter le candidat, M. BIYA, en tandem aux élections de 2011.

Le RDMC appelle au rendez-vous de l’innovation pour inverser majoritairement les constructions juridiques, matérielles, psychologiques, symboliques et politiques de l’ordre dominant. Or, « l’opposition » du Cameroun a acquis la faiblesse de penser qu’elle peut gagner sans le prix à payer et sans conquérir les militants sensibles au triomphalisme du RDPC au pouvoir. C’est une grosse erreur de casting politique.

Comment peut-on imaginer sans verser dans l’utopie, une alchimie qui débouche sur un candidat unique avec 231 partis politiques sans en payer le prix ! Plusieurs de ces partis n’ont de siège connu nulle part ; nombreux sont des business party dont le siège est dans la mallette du leader avec pour projet chacun, sans autres arguments rationnels, sa candidature.

En démocratie, un Peuple ou fraction de Peuple a le droit de changer de jugement et de bulletin de vote, heureusement ! Sinon il n’y aurait jamais d’alternance ! Une opposition gagne, si elle séduit tout le Peuple par son projet, convainc majoritairement par l’étendue de son aura et fait changer d’avis même aux plus sceptiques membres de l’ordre gouvernant, pour s’octroyer une victoire populaire.

En conclusion, l’idée d’un candidat unique de l’opposition au Cameroun en l’état, est une chimère, un piège… Une nouvelle démarche est possible !

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