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La libération de détenus favorisera-t-elle le retour au calme en zone anglophone ?

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La question se pose alors que le chef de l’Etat a ordonné l’arrêt des poursuites contre 289 détenus anglophones de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

La communauté anglophone en fronde depuis deux ans contre le gouvernement central de Yaoundé n’a eu de cesse de réclamer la libération de ses ressortissants depuis les premières interpellations en novembre 2016. Cette exigence avait été portée par le Consortium des organisations de la société civile du Cameroun anglophone – aujourd’hui dissout – puis par les populations et enfin par des militants de la cause séparatiste.

Le gouvernement avait réagi à cela en libérant des activistes détenus, d’abord en petit groupe en début d’année 2017 puis dans un acte plus médiatisé le 31 août de la même année. Une quarantaine d’activistes, parmi lesquels les initiateurs des villes mortes Fontem Neba et Nkongho Agbor Balla, avaient été remis en liberté.

Cette réponse de Yaoundé n’a pas induit un arrêt des violences dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, tous les manifestants détenus n’ayant pas bénéficié de l’acte présidentiel. Bien au contraire, le phénomène de radicalisation a pris de l’ampleur sur place, faisant s’accroitre le nombre de sécessionnistes dans le pays et à l’étranger ainsi que les groupes armés dans cette partie du pays. Les activistes libérés ont pour leur part reçu un accueil mitigé dans leurs localités d’origine. Pour avoir tenu un discours modéré à leur sortie de prison, certains d’entre eux sont désormais considérés comme des traitres.

La forte militarisation des régions anglophones a son rôle à jouer dans les violences qui ont lieu quasi-quotidiennement dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les actes de riposte commis par des sécessionnistes ont donné lieu à des combats incessants sur place. Ceux-ci ont pris de l’ampleur après le 01er octobre 2017, puis après l’arrestation du Sissiku (titre honorifique traditionnel) Julius Ayuk Tabe d’autres leaders de l’Ambazonie en janvier dernier.

Le président Paul Biya vient de nouveau d’ordonner l’arrêt des poursuites contre des activistes anglophones. Il espère ainsi calmer le courroux des combattants sécessionnistes et parvenir à implanter son programme de désarmement et de réinsertion des miliciens dans la société. L’annonce de ce projet a été suivie de violences dans le Sud-Ouest du pays. 289 détenus devraient bénéficier de la décision présidentielle. Un nombre assez important qui rappelle que le nombre de personnes interpellées en lien avec la crise anglophone n’a jamais été porté à l’attention de la communauté nationale.

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