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La loi sur le bilinguisme est constitutionnelle mais pas forcément juste (Me Claude Assira)

Me Claude Assira. (c) Droits réservés

L’avocat camerounais commente le projet de loi sur l’égalité du français et de l’anglais actuellement en examen au Parlement.

Le projet de loi sur la promotion des langues officielles polarise les tensions dans le pays.

Le texte soumis à l’étude en vue de son adoption au Parlement a pour but de « combler le vide juridique qui existe » en matière de bilinguisme. Il vise à assurer l’égalité de l’anglais et du français dans l’espace public. Toutes choses qui, du point de vue de l’avocat et enseignant de droit Claude Assira n’enfreignent pas la Constitution.

«D’un point de vue purement et simplement juridique, le texte m’a l’air en accord avec la Constitution. Puisque la Constitution place les deux langues sur un pied d’égalité. Dès lors qu’un document est établi en français ou en anglais, la loi ne dit pas forcément « et en anglais », on considère qu’on a respecté les exigences juridiques », a expliqué Me Claude Assira joint par Journalducameroun.com.

Sa réaction fait suite à un mouvement d’humeur des avocats anglophones contre ledit projet de loi. Ces derniers ont observé une grève à Bamenda mercredi, 04 décembre, pour dénoncer l’article 26 de cette loi. Lequel, organisant la pratique de la loi dans les juridictions camerounaises, autorise les magistrats à s’exprimer dans la langue de leur convenance.

« La vérité c’est que d’un point de vue pratique, le français est quand même une langue plus sollicitée que l’anglais et il est relativement embêtant pour ceux qui ont la pratique de l’anglais d’imaginer que le magistrat se voit consacrer dans un texte de loi qu’on peut rédiger dans une langue ou dans l’autre », indique Claude  Assira.

L’avocat au barreau du Cameroun pense que « habituellement, le droit n’est pas forcément  la justice ou l’équité. Le droit, quand on l’applique de façon sévère et stricte, peut constituer une source d’injustice ou d’iniquité. Et là à l’occurrence consacrer par une loi, ce qui est une suggestion de la constitution, qu’on peut rédiger indistinctement dans une ou l’autre langue sans que ça ne change rien risque de constituer de mon point de vue une dégradation supplémentaire de la situation des confrères qui n’ont que l’anglais en usage », souligne-t-il.

Ce n’est pas la première fois que les avocats anglophones manifestent pour des questions de langue  au sein de leur corporation. Cette situation était arrivée en novembre 2016 et avait marqué le point de départ de la crise anglophone qui paralyse le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun, produisant des effets négatifs sur tout le pays.


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