Société › Faits divers

La police interpelle des trafiquants d’ossements humains à Nkoteng

110 ossements humains issus de tombes profanées ont été retrouvés chez des membres d’un gang conduits à Yaoundé pour exploitation avant d’être présentés au procureur de la République à Nanga Eboko

Dans le hall du commissariat de la police judiciaire de Yaoundé, vendredi 24 juillet 2015, Gilbert Désiré Ebogo, 30 ans, expose sous forte escorte, les ossements humains issus de tombes profanées. 110 os au total dont 82 pour un corps et 28 pour un autre. Le forfait a été commis à Nkoteng au début de ce mois de juillet dans un cimetière abandonné.

Le jeune homme raconte qu’à court d’argent, il se rend un jour chez son ami, Helire Ndouki, 33 ans, pour crier son infortune. L’allié lui propose un job juteux. «Nous devons attendre Maurice Vodou, le patron, à 22h pour nous conduire au lieu du travail. Je m’engouffre dans la voiture, avec une peur certes, mais sans poser des questions. L’engin s’arrête dans un cimetière négligé. Dans la nuit noire, il faut creuser sous les sépulcres. Mon travail consiste ce soir-là, à tenir la lampe-torche», se souvient le suspect. Le magot tombe après la sale besogne et Gilbert Désiré Ebogo avoue avoir empoché 150.000F. Il disparaît dans la nature jusqu’au jour où une nouvelle précarité financière le secoue.

Il retourne sur ses pas en ce début du mois de juillet, raconte-t-il. Le vieil ami lui confirme alors que l’activité continue et qu’elle est devenue plus lucrative. Sur le coup, deux commandes sont exprimées. Cette fois, deux millions sont en jeu, apprend-il. Le cabinet de Martin Mbarga Nguélé, le délégué général à la Sûreté nationale est déjà informé le 06 juillet dernier. Le chef du corps de la police saisit ses collaborateurs de la police judiciaire qui prennent des dispositions. Le lendemain, Gilbert Désiré Ebogo, Helire Ndouki et leurs complices Augustin Tinang sont pris la main dans le sac. 82 ossements issus d’un corps, sont prêts à être livrés. Les 28 autres, issus d’un autre corps subissent encore le «lavement», enfouis dans du sable dans une carrière de la ville pour être dépouillés de la chair.

Les prévenus ont d’abord été conduits à Yaoundé pour exploitation, avant d’être ramenés à Nanga Eboko dans la journée de vendredi 24 juillet pour être présentés au procureur de la République. L’officier de police judiciaire Alain Roland Bayangona Oloumou, parlant au nom du directeur de la police judiciaire, a indiqué que tout le réseau de ce trafic n’est pas encore démantelé.


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