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La politique de la santé au Cameroun: Point de vue du CCD

Par Daniel Yombo, Secrétaire général du Conseil des Camerounais de la Diaspora (CCD)

En l’espace de deux jours le Cameroun vient de perdre deux personnalités très en vue. Mme Françoise Foning et le Général Mambou Deffo. Le Conseil des Camerounais de la Diaspora (CCD) de par le nécessaire respect dû aux morts, adresse ses condoléances aux familles éprouvées.

S’il est vrai qu’on ne doit pas se réjouir de la mort d’autrui, fût-il un adversaire ou quelqu’un dont on ne partage pas les idées, ces deux décès devraient cependant nous interpeller.
Après les slogans des années 80: « Santé pour tous en l’an 2000 au Cameroun », force est de constater que jusqu’à présent notre pays ne dispose pas de plateaux techniques pour parer à certaines situations sanitaires. Ne parlons pas ici d’hélicoptère ou d’avion médicalisé. Qu’une accidentée arrive à l’hôpital consciente, lucide pendant des jours, conversant avec ses visiteurs et que celle-ci décède, allons-nous apprendre, le jour de son évacuation, est la preuve que notre pays manque d’ambition. Il se dit qu’un avion médicalisé avait déjà décollé de quelque part et devait atterrir à Yaoundé à 17h vendredi dernier, et c’est ce même jour que dame Foning rend l’âme. Le moment n’est pas à la polémique. Nous n’avons aucune intention de perturber les proches de la défunte dans leur recueillement. Nous disons tout simplement qu’il faut que cela s’arrête, qu’il n’y ait plus jamais ça. Au gouvernement, à l’Etat d’en tirer une fois pour toute les leçons.
La responsabilité de l’État par rapport à la santé de la population est capitale. Elle est d’abord d’ordre curatif: Construction d’hôpitaux en nombre suffisant et dotés du matériel le plus moderne, mise à la disposition de tous, et surtout des plus pauvres, des consultations médicales, des soins thérapeutiques et des médicaments indispensables ou même seulement utiles. Elle est tout autant d’ordre préventif: Interdiction de la vente des produits nocifs, des exploitations insalubres et des logements malsains. Ce que nous voyons au Cameroun depuis un certain temps démontre à souhait, qu’en matière de santé il s’agit simplement d’une campagne mensongère. Constructions? Oui. Mais qu’y a-t-il à l’intérieur? Il se dit que le lion indomptable Enow Eyong présent à la CAN 2015 ne peut passer l’IRM qu’à Douala. Ce n’est pas possible à Ebolowa!
Lorsque nous dénonçons ces insuffisances, c’est en même temps une façon de mettre les gouvernants devant leurs responsabilités. Malheureusement certains trouveront à nouveau l’occasion de dire que nous parlons mal du Cameroun, que nous n’aimons pas notre pays.

À propos des évacuations, nous les critiquons avec la dernière énergie. Ce dont le Cameroun a besoin c’est d’abord des plateaux techniques dans ses hôpitaux…de référence. Les évacuations auxquelles nous faisons allusion sont discriminatoires, et les discriminations sont le propre des systèmes dictatoriaux et totalitaires au profit de leurs militants et affidés. Ces discriminations sont inadmissibles, car tous les Camerounais doivent bénéficier des mêmes avantages sur le plan sanitaire. Si certains pouvaient être l’objet de faveurs spéciales, ils devraient être les enfants, les vieillards, les infirmes et les plus pauvres. Et dans ce cas-là, il ne s’agit plus de favoritisme, mais d’accomplissement de la solidarité humaine.

Le CCD en appelle donc à l’église du Cameroun et au conseil supérieur islamique du Cameroun afin qu’ils puissent jouer clairement leur rôle de défenseur des pauvres. Karl Barth disait précisément que « c’est en faveur des faibles, économiquement et socialement parlant, c’est à dire en faveur des plus menacés que la communauté chrétienne interviendra de préférence et qu’elle saura souligner les responsabilités de la communauté politique ».

Nous convenons tous, que les évacuations en question concernent une catégorie de Camerounais et non la population camerounaise, le peuple camerounais. Or, le devoir de l’État c’est de mettre en place une politique urgente de santé ambitieuse. Nous en avons marre des gadgets et des slogans pour tout le peuple.

Sur quels fonds puise-t-on pour procéder aux évacuations des dignitaires du régime et d’autres personnalités? Quand ils décèdent à l’étranger, il faut bien rapatrier les corps. Sur quels fonds? Une simple évaluation des coûts montre bien que nos dirigeants n’ont pas d’ambition pour notre pays. Avec ces fonds le Cameroun se serait doté de plusieurs scanners, aurait relevé les plateaux techniques. C’est une honte d’apprendre qu’une IRM ne peut se faire qu’à Douala dans un pays comme le Cameroun où les dignitaires du régime en place sont quelques fois emprisonnés pour avoir détourner des milliards.

Cher Cameroun, berceau de nos ancêtres.

Paris, le 28/01/2015


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