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L’Afrique centrale veut réduire son fossé énergétique

Une table-ronde des bailleurs de fonds sera organisée en 2015 pour le financement des projets dont les études sont finalisées

Réunis vendredi dans la capitale tchadienne, les ministres de l’Energie des dix pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), ont adopté des décisions pour réduire le fossé énergétique que connaît la région, malgré son énorme potentiel.

Les ministres en charge de l’Energie de l’Afrique centrale ont adopté des approches stratégiques efficaces pour faire face aux défis énergétiques inhérents à leur région, indique un communiqué final de la 16ème session ordinaire qui s’est achevé à N’Djaména, capitale du Tchad, après une dizaine de jours de travaux.

Ils ont également évalué l’état d’exécution du plan d’actions et du budget 2014 du Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC), examiné et adopté le projet de plan d’actions, ainsi que le projet du budget 2015, équilibré en recettes et dépenses à plus de 4 milliards F CFA (8 millions USD). Une table-ronde des bailleurs de fonds sera organisée en 2015 pour le financement des projets dont les études sont finalisées.

La réunion de N’Djaména a par ailleurs recommandé l’ accélération du processus de signature des protocoles d’accord sur l’interconnexion entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée Equatoriale d’une part, et l’aménagement du site de Dimoli et des lignes associées entre le Cameroun, le Congo et la République Centrafricaine, d’autre part. Le conseil des ministres a, enfin, adopté le Document de stratégie de politique énergétique régionale du PEAC.

L’Afrique centrale est dotée du plus grand potentiel hydroélectrique du continent: 650.000 GW/an, soit plus de 57%. Elle dispose aussi d’autres ressources primaires notamment la biomasse, le solaire, l’éolien, le gaz et le pétrole. Malgré tout cet énorme potentiel, l’Afrique centrale demeure cependant la partie la moins électrifiée de toutes les sous- régions d’Afrique.

Elle affiche, entre autres, des indicateurs suivants: un taux de production annuelle d’environ 4% contre 60% en Afrique australe; un taux de consommation par habitant qui se situe aux alentours de 109 kWh/an contre 740 en Afrique du nord et 1.600 en Afrique australe; un taux d’électrification d’environ 13% contre 90% en Afrique du nord; et une qualité des services caractérisée par des délestages intempestifs.

Le cas du Tchad, dont les énormes potentialités renouvelables restent inexploitées à ce jour, illustre bien ce paradoxe. « Des efforts importants ont été consentis par les autorités ces dernières années, à la fois dans le domaine de la production de l’ énergie électrique comme le domaine de la distribution, du transport de l’énergie électrique », affirme Mahamat Adoum Ismael, directeur général de la Société nationale d’électricité du Tchad ( SNE. Le parc de production de la société est de près de 120 MW. Mais, dans la réalité, la société ne met que 36 ou 37 MW sur la capitale chaque soir.

« Les besoins sont importants et s’accroissent de jour en jour. A moyen terme, nous allons tout de suite être dépassés par la demande si, préalablement, nous ne prenons pas de dispositions pour augmenter notre production », prévient M. Adoum Ismael.

Pour les N’Djaménois, la lumière viendra peut-être un jour du Cameroun voisin. En marge des réunions statutaires du Pool énergétique de l’Afrique centrale, le Premier ministre tchadien, Kalzeubet Payimi Deubet, a lancé les travaux d’étude du projet d’ interconnexion des réseaux électriques entre le Cameroun et le Tchad, un projet financé par la Banque africaine de développement.

Pour les leaders de l’Afrique centrale, le PEAC constitue donc la réponse appropriée à la sous-électrification et au déficit énergétique chronique de la région, vaste de plus de 6 millions km2 et peuplée de plus de 140 millions d’habitants.

Il est un instrument de mise en oeuvre d’une vision communautaire qui consiste à valoriser l’énorme potentiel hydroélectrique de la région pour satisfaire, d’ici 2025, toutes les formes de demandes en électricité au sein et en dehors l’ espace CEEAC, via des boulevards énergétiques interconnectés et des marchés de libre-échange d’énergie électrique efficaces et prospères.

Le PEAC, créé le 12 avril 2003 par les chefs d’Etat de la région, a pour objectifs, entre autres, le renforcement de la sécurité d’approvisionnement en électricité des différents pays de la CEEAC; l’accroissement du taux d’accès à l’électricité des populations et réduction de la pauvreté; l’amélioration de la fiabilité du système électrique et de la qualité de la fourniture d’électricité dans l’ensemble de la sous-région; l’institution d’ un forum sous-régional où les problèmes du secteur de l’énergie sont examinés et des solutions appropriées trouvées dans le cadre des procédures et politiques définies en tenant compte des impacts sur l’environnement et la création d’un marché de libre-échange d’ énergie électrique.

« La sécurisation de l’approvisionnement en énergie dans notre sous-ensemble passe indubitablement par une plus grande impulsion en faveur de la réalisation des projets structurants inscrits au portefeuille des projets du Pool énergétique de l’Afrique centrale », conclut le ministre tchadien du Pétrole, des Mines et de l’ Energie, Djerassem Le-Bémadjiel, qui préside le conseil des ministres de la PEAC.


DR)/n

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