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L’agrandissement de la francophonie enrichit-il la langue française?

L’organisation compte près de 70 états membres et environ 200 millions de «parlant français» dans le monde

Dans sa tentative de définition de la Francophonie, Xavier Deniau considère l’organisation comme un espace de dialogue, de coopération et de partenariat, dans le respect de la diversité des peuples et des cultures. Son unité se fonde entre autre sur les valeurs de la langue que l’on consacrerait à la promotion de la paix, de la justice, de la solidarité, de la démocratie ainsi qu’au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui sont universels et indéniables. De ce fait, tout État se sentant en accord avec ses valeurs se verrait bien au sein de cet espace.

Il y a une quarantaine d’années, cet espace recoupait le fait d’être francophone : de parler français. Initié par les chefs d’Etats d’ex-colonies françaises, le regroupement se veut le pendant du Commonwealth. Mais on se rend compte que d’un point de vue linguistique, la francophonie se renforce par le simple développement de la scolarité entièrement ou partiellement en langue française. Dès ce moment, la communauté des francophones ne cessera de grandir. Dans le monde, il existe un ensemble de peuples dont la langue maternelle, officielle, courante ou même administrative est le français. On les retrouve sur les six continents qui forment un ensemble géographique très étendu ; bien au-delà des limites de la France. L’organisation internationale de la Francophonie comptabiliserait ainsi près de 200 millions de francophones sur un espace avoisinant 700 millions d’habitants. Cette dispersion d’individus d’expression française, caractéristique forte de la francophonie, s’accompagne dans le même temps des valeurs rattachées à cette langue.

Ce qui se trouve derrière la langue française aujourd’hui
Il ne s’agit pas pour les pays francophones de se replier sur les valeurs héritées depuis cinquante années. Dans un univers mondialisé, c’est l’ouverture aux autres, le dialogue, l’accueil des différences et la tolérance qui doivent être les maîtres mots. C’est en ce sens que l’on peut comprendre cet extrait de Senghor, l’un des pères fondateurs la langue française est pour nous un moyen précieux de communication vers l’extérieur et de reconnaissance des autres comme de nous-mêmes. Les liens qui se tissent dès lors entre les «parlant français» ne sont plus imposés. Pour Xavier Deniau, ces différences permettent d’établir ainsi un dialogue fructueux entre diverses cultures, de les enrichir mutuellement, ce que ne pourrait réaliser une langue parlée à un simple niveau national.

En dehors de l’aspect linguistique et géographique, la francophonie entend sortir du cadre historique et regarder vers l’avenir. Il s’agit de «respirer, comparer, s’instruire» comme le propose Dominique Wolton. Pour lui, cet élargissement de francophonie est un défi. On est passé de: la langue à la culture, de la culture à la politique, et de la politique à l’économie. Des thèmes qui font référence à la mondialisation. Une mondialisation différente dans le contexte de la francophonie qui change pour cela de statut. Autour de la langue se greffent des valeurs de liberté, de culture, les droits de l’homme, de souveraineté . etc. On comprend mieux, l’utilisation des termes de coopération, métissage, partage et de . cohabitation. Aujourd’hui, parler français impose de penser autrement la Francophonie, par les déplacements, les informations, les images, car le français n’est langue première que dans une douzaine d’Etats, sur les quelques soixante membres de l’OIF.

Les drapeaux de quelques Etats membres de la Francophonie
francophonie.org)/n


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