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L’anxiété sur le prix de la bière fait mousser les journaux camerounais

L’angoissante attente de l’augmentation des prix de la bière, dans le cadre des nouvelles mesures fiscales, transpire en couverture des journaux camerounais parus mercredi, en même temps que l’insécurité grandissante à travers le pays inquiète.«Augmentation : le prix de la bière en sursis» est le titre, en couverture de Mutations, qui résume sans doute le mieux la situation au lendemain d’une concertation entre le ministère du Commerce (Mincommerce) et les acteurs économiques de la filière.

Même si les barèmes n’ont pas encore bougé, il n’en demeure pas moins, rappelle le quotidien à capitaux privés, que la Loi de finances 2019 prévoit, pour le cas spécifique des boissons, que la base d’imposition au droit d’accises est déterminée après application d’un abattement de 10% pour les bières titrant un degré d’alcool inférieur ou égal à 5,5%, une disposition que les sociétés brassicoles ne manqueront pas de répercuter sur les consommateurs.

C’est en effet la grande incertitude qui prévaut au sein de l’opinion public, renchérit Le Jour, les spéculations ayant commencé dans les quartiers depuis quelques jours alors que le gouvernement tente, timidement, de faire baisser la tension sur le marché.

Pour l’instant, les industries brassicoles doivent déposer leurs barèmes de prix, l’administration se donnant 15 jours pour répondre avant les négociations entre les deux parties, toute chose qui, en clair, signifie qu’il n’y a pas de d’augmentation de prix jusqu’à l’accomplissement de ces formalités, explique le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune.

C’est qu’en réalité, opine Le Quotidien de l’Économie, les pouvoirs publics font mousser l’attente, le Mincommerce ayant instruit aux 5 majors de l’industrie brassicole de tenir compte, dans leurs prochaines propositions tarifaires, des incidences économiques que pourrait induire le statu quo sur le budget de l’État.

The Guardian Post épouse cette analyse de même que Repères, pour qui les nouvelles dispositions liées à l’élargissement de l’assiette fiscale induiront, sans coup férir, des charges supplémentaires dans la trésorerie des sociétés brassicoles, qui à leur tour les répercuteront sur les détaillants, qui, eux-mêmes solliciteront in fine l’effort financier du consommateur au bout de la chaîne.

L’autre peur que vivent aujourd’hui les populations, particulièrement celles de la région septentrionale de l’Adamaoua et que traduit Repères, est celle du grand retour de l’insécurité dans la zone : plus de 500 millions FCFA versés aux preneurs d’otages en guise de rançon en 2018, la recrudescence des rapts avec des localités, zones par excellence des activités agropastorales et d’élevage, qui se vident avec des bassins de production laissés à l’abandon.

«L’Adamaoua rejoint le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, l’Est, le Nord et l’Extrême-Nord sur la liste noire des unités administratives en crise sécuritaire», résume Mutations, signalant par ailleurs le surcroît de sollicitations dont fait l’objet l’armée sur tous ces fronts.

S’agissant spécifiquement des violences séparatistes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, Essingan et Cameroon Tribune consacrent un grand reportage à la visite de terrain du secrétaire d’État à la Défense en charge de la Gendarmerie, Galax Etoga, qui est allé remonter le moral des troupes au moment même où, rapporte The Guardian Post, 36 passagers d’un autobus étaient enlevés par de présumés sécessionnistes dans la dernière région citée.

Il n’est plus rare, rapporte The Median, que les voyageurs rencontrent sur leur chemin des corps abandonnés sur le champ de bataille.

La crise anglophone aura été l’un des conflits majeurs du Cameroun en 2018, rappelle News Watch, les élites originaires des zones en guerre, à l’instar du nouveau Premier ministre Joseph Dion Ngute, ou encore de son prédécesseur Philemon Yang, étant désormais interdites de séjour dans leur terroir.

D’où viendra donc la solution ? soupire Émergence : pendant que les organisateurs de la Conférence de tous les Anglophones, déjà reportée à deux reprises, repartent à l’abordage, le gouvernement, lui, plutôt que d’encourager une initiative pouvant déboucher sur un retour à la paix, observe un silence équivoque, préférant une option de la guerre qui ne peut qu’envenimer la situation sur le terrain.

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