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L’artiste camerounais Patrice Ebanda met l’ambiance comme un vrai papa Zoé

«Je suis passé par cette école de la rue de la musique»

Papa Zoé, c’est votre vrai nom, ou un nom d’artiste?
Un nom d’artiste. Mon vrai nom c’est Patrice Ebanda. Un nom d’artiste qui vient de très loin, toute une histoire. Très jeune, j’ai eu la chance d’assister à un concert de feu Pépé Kalé. J’écoutais déjà beaucoup de ses réalisations. Un jour, j’ai remarqué que l’animateur du groupe n’était pas celui que j’avais l’habitude de voir sur les vidéos et lors des concerts. Il ne faisait pas tout ce qu’il fallait. Moi, j’ai eu le courage de monter sur le podium et j’ai commencé à faire l’animation à sa place. Quand j’ai fini, Pépé Kalé est venu, il a pris le micro et a dit, lui c’est un vrai Papa Zoé. Plus tard, il m’a dit que c’est comme cela qu’il appelle, tous ceux qui sont dynamiques, courageux et forts: son manager qui est à Bruxelles, comme son bassiste. Ses amis qui étaient là au Cameroun ont commencé à m’appeler Papa Zoé. C’est parti comme cela.

Pourquoi vous décidez d’adopter ce nom lorsque vous vous mettez à chanter?
Tous mes amis se cantonnent à m’appeler de la sorte et mes parents. Je fais donc une réalisation avec feu Kotto Bass où normalement je devais chanter. Je suis arrivé et il avait déjà fait la voix témoin. C’était super, mais il voulait que je fasse des mesures d’animation. Et en m’introduisant, il disait «Papa Zoé Solo, c’est-à-dire Papa Zoé vas-y». Ce tube a fait un tel succès que le nom Papa Zoé est reparti de plus belle.

Vous commencez donc votre carrière comme animateur musical?
Non! Avant cet épisode, j’avais déjà fait de nombreuses animations avec d’autres artistes comme Nguea Laroute et Phillipe Mpeck le bassiste. C’est lui qui m’apprend à faire les ch urs en studio. En même temps, je me produisais dans les cabarets des pianos bars.

Comme le virus de la musique vous prend-t-il?
Chaque fois que j’étais à la maison, je regardais ma mère parce que j’aimais trop être à côté d’elle. Chaque fois qu’elle faisait le ménage, elle chantait. Tout part de là, car j’aimais l’écouter et je chantais ces mêmes chansons quand elle n’était pas là. Grâce à elle, lorsque je me produisais, j’avais pratiquement une longueur d’avance parce je chantais déjà et des chansons qui n’étaient pas de mon époque.

Aujourd’hui, quel est le bilan que vous pouvez faire de votre parcours musical?
Pour moi, je pense qu’il est positif à 100%, parce que je ne me considère pas comme un artiste de la télévision. Je me considère comme un musicien qui sait ce qu’il fait et où il va. Je suis artiste, musicien, chanteur, auteur compositeur interprète. Il y a beaucoup de gens qui ont eu la chance de faire un album qui marche, qui est bien. Mais moi, j’ai évolué d’étapes en étapes. Je suis passé par cette école de la rue de la musique. Nous n’avons pas de conservatoire de musique en Afrique. Aujourd’hui, je suis fier de moi parce que je peux discuter et parler de musique avec des musiciens.

Pour vous c’est qui ou quoi un artiste de la télévision?
Ce sont des gens qui ne savent pas tenir une note, ne connaissent pas ce qu’est une gamme musicale. Ils chantent et ont du succès. Ils passent à la télé, c’est bien et tout le monde achète l’album. En ce moment, au Cameroun on en compte tellement. Il y en a même qui n’ont pas de support musical.

Quand vous êtes en France qu’est-ce que vous faites?
J’ai un studio d’enregistrement au Cameroun. Quand je suis en France, je profite. Ce que je fais au Cameroun, j’essaie de leur donner une autre coloration. Soit du mastering, soit du mixage. Donc je viens ici en France pour faire des finitions de mes productions. Il y a d’autres jeunes artistes, des amis musiciens à qui je donne un coup de main pour leurs différents projets.

Au regard de votre expérience, diriez-vous que la musique nourrit son homme?
Je ne vis que de la musique. Mais maintenant, j’ai peur de l’avenir. Quand je regarde les jeunes au Cameroun, j’ai peur parce que nous n’avons pas de société de musique au pays. Depuis pratiquement deux années, nous n’avons plus de répartition des droits d’auteurs pour les musiciens. Quand je vois un jeun qui sort un bon album et qui est piraté et qui attend au moins ses droits d’auteurs, pour que l’on lui remette 30000 FCFA, je ne crois pas qu’il puisse s’en sortir avec les charges qu’il aura.

Pour vous comment se présente l’avenir?
Moi, j’ai un côté musicien, artiste, instrumentiste qui me rassure. Même si ça ne va pas, je peux être musicien dans un cabaret. Je peux ouvrir un cabaret à moi et être mon propre musicien. Moi, j’ai des amis, j’ai des grands frères auxquels je peux dire ça ne va pas. Dans un studio, je peux faire des ch urs et m’en sortir.

C’est le quantième album que papa Zoé prépare?
C’est mon troisième album. Mais, j’ai fait beaucoup de duos avec d’autres choses avant. Il y a même des réalisations où l’on n’a pas reconnu ma participation et mes droits. Je ne me plains pas et c’est cela mon parcours.

Vous avez peur de l’avenir en ce qui concerne les jeunes qui se lancent dans la musique. Que pensez pouvoir faire pour eux?
Les jeunes déjà ne viennent pas vers nous. Ils ne viennent pas vers ceux qui ont du métier. Ça veut dire beaucoup de choses. Ils sont renfermés dans leur bulle. Je crois qu’ils font ce qu’ils font parce ce qu’apparemment ils ont d’autres moyens.

Papa Zoé
Journalducameroun.com)/n

Qu’est-ce que vous pensez de ce que le continent africain va abriter la Coupe du monde?
Je crois que le continent est divisé. Il y a l’Afrique blanche et l’Afrique noire de nos origines. Que ce soit en Afrique du sud, je ne pense pas que ce soit en Afrique. L’Afrique, pour moi, c’est le Cameroun, le Gabon, la Guinée. etc. C’est ma façon de voir les choses. Nous n’avons pas la même façon de penser. Si je voyais, le Cameroun, le Nigeria ou même la Côte d’Ivoire organiser la Coupe du Monde, je dirais qu’elle est venue en Afrique.

Que pensez-vous de ses accointances entre la musique et le sport?
Déjà j’aime les deux. Et sincèrement, je n’ai pas de réponse.

Vous avez été en Afrique du Sud, quelles sont les autres scènes qui vous ont le plus marquées?
Je ne dirais pas les Kora, parce que je ne me sentais pas sur scène. Pour moi, c’était comme si je jouais dans un stade sans spectateurs. Par contre, celle qui m’a marqué, je n’avais pas encore de discographie. J’étais sur un car podium publicitaire. Nous allions jouer au Tchad, à Ndjamena. Nous avons joué dans un stade là bas, il y avait vraiment du monde. Quand je chantais, les gars ne savaient pas quelle attitude avoir. J’ai fait le show, ils étaient toujours là, une idée est passé dans ma tête. Je me suis retourné, j’ai baissé ma culotte et tout le monde étais fou de joie. Voilà!

Pourquoi décriez-vous les problèmes sans que les solutions ne viennent de vous?
C’est un problème de volonté. Chez nous nous n’arrivons même pas à vendre nos produits. Il y a un problème de distribution. On ne sait pas s’il y avait un coin réservé aux artistes. Ce qui fait que lorsque l’on retrouve les produits même de mauvaise qualité sur son artiste préféré, on le prend.

A quand votre prochain album?
Je ne suis pas prêt pour un prochain album, mais je connais le titre. «Code Secret» que je n’ai pas encore développé!

Quels sont donc les autres projets de Papa Zoé?
J’ai fait un album de cinq titres pour une organisation que l’on appelle Messafod basée à Marseille qui fait dans l’humanitaire. Le lancement a lieu ce mois de mai. J’ai l’album de Petit Zoé (mon petit frère) qui est en chantier que j’ai commencé au Cameroun que je vais terminer ici. J’ai des amis musiciens qui m’ont confié d’autres albums à masteriser et à mixer ici.

Qu’est ce que Papa Zoé aime manger?
Les légumes! Je mange tout ce qu’il y a comme légumes.

Vos autres loisirs?
Maintenant, mon corps ne me permet plus de faire trop de sport que j’aime beaucoup. Mon véritable loisir en ce moment ce sont les jeux vidéo et c’est le football qui m’anime. Je préfère aussi le tennis de table comme épreuve physique.

Quelles sont vos relations avec les autres musiciens camerounais?
Très bien même.

Papa Zoé sur scène
Journalducameroun.com)/n



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