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L’attente des salaires à Yaoundé, entre angoisse et espoirs

A la fin de chaque mois, les banques sont prises d’assaut par des salariés qui semblent ne devoir leur survie qu’au virement effectif de leur gratification.

La fin du mois de juillet est à la porte. Les longues files de travailleurs devant les banques de la capitale attestent de cette réalité.  Ce mercredi, et comme cela est de coutume chaque mois, des centaines de fonctionnaires et travailleurs du secteur privé ont envahi les distributeurs automatiques Yaoundé pour rentrer en possession de leurs salaires.

A  l’arrivée du reporter de Journal du Cameroun à l’agence de la Bicec, au lieu-dit Camair-co, une foule de personnes attendent patiemment leur tour. Il est 13h et le soleil est à son zénith, les visages sont crispés, et rares sont ceux qui daignent échanger quelques mots avec leurs voisins. Il faut garder ses énergies pour tenir debout dans la file. Matthieu (nom d’emprunt) accepte tout de même de se confier : « Je veux retirer cet argent aujourd’hui car j’en ai besoin urgemment. Mes trois enfants changent tous d’établissements cette année et il me faut commencer leurs inscriptions maintenant ; sinon ils ne pourront pas avoir de place en septembre. »

Comme lui, la raison du «besoin urgent» est avancée par de nombreuses personnes pour justifier cette frénésie devant les guichets de banque dès que les salaires sont disponibles. « Ma fille doit être opérée. Elle est actuellement internée à l’hôpital et on m’y attend avec de l’argent. Je n’ai pas de choix. Tant que je ne suis pas servi, je ne peux pas quitter ce lieu. » renchérit un autre usager.

Sur la route qui rallie le siège de la Camair-Co au Carrefour Elig-Essono, la recrudescence de vendeurs ambulants se livrant à leurs activités ainsi que les embouteillages imposent à tous une pensée pour la période des salaires. Pour Paul Nana, taximan rencontré au quartier Anguissa, l’explication est toute trouvée : « La ville de Yaoundé est particulière. A la fin des mois, l’activité économique connait un boom car les fonctionnaires font des achats planifiés sur le mois. C’est l’occasion pour tous les vendeurs de se mettre en valeur et ce mouvement-là crée des déplacements qui entrainent des embouteillages sur les routes. »

Le phénomène de la fin du mois a pris racine dans la capitale où les populations le vivent partagées entre angoisse et espoirs. Pendant ce temps, la ville de Yaoundé continue de vivre, au pouls des salaires de ses travailleurs, devenus les dictats de son activité économique.

 

 

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