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Laurence Guillermaz: «Voir un dessin animé en 3D aux Ecrans noirs a été extraordinaire»

Actrice et femme de cinéma française, elle a été dans le jury des écrans noirs 2012 et revient sur cette expérience en terre camerounaise

Laurence Guillermaz, vous avez fait partie du jury de la 12ème édition des écrans noirs au Cameroun, parlez-nous de cette expérience en tant que membre du jury
J’ai eu beaucoup de chance pour ma première fois au Cameroun et ma première fois aux écrans noirs, de faire partie d’un jury. Cela a été l’occasion d’une vraie découverte de plein de points de vue. J’ai passé une semaine de festival vraiment réjouissante. Le jury dont j’ai fait partie a travaillé sur les prix du meilleur long métrage, du meilleur court métrage et de la meilleure interprétation. La sélection nous a proposé des cinémas très différents, de cultures et d’économies et cela nous a amené à de très riches échanges. J’étais entourée dans le jury de personnes formidables, avec l’intellectuel camerounais Gaston Kelman qui était notre président, l’actrice ivoirienne Emma Lohoues et Artur Si Bita et Lucien Mailli, deux cinéastes camerounais, qui ont apporté leurs expériences et leurs univers dans l’analyse de chaque film.

Quels auront été les éléments déterminants dans l’attribution des prix?
Evidement c’est toujours très difficile de rendre cartésien (logique) un choix qui finalement se fait avec le c ur. On ne sait jamais vraiment pourquoi et c’est ce qui est extraordinaire. Mais il a fallu définir quand même des critères de sélection dont notamment l’originalité du sujet, la force de l’histoire et la qualité de la réalisation. Toutes nos discussions ont tourné autour de ces thèmes sans oublier bien sûr l’interprétation, la lumière, les décors, les costumes, la musique. Nous avons aussi réfléchi à comment départager ces films qui n’avaient pas été produits dans la même économie (budget). C’était très enrichissant de discuter autour de tout cela, de balancer d’un film à un autre avec, à chaque fois, des discussions qui permettaient toujours d’en apprendre plus.Nous avons cherché à récompenser les films qui, selon nous, se trouve au carrefour de nos différents points de vue et des différents types de cinéma proposés. C’est également pour cela qu’il nous a semblé incontournable de récompenser d’une mention spéciale un autre long métrage et un autre court métrage.

Le film « Anim test » a eu le prix du court métrage alors qu’il s’agit d’un dessin animé, qu’est-ce que ce film avait d’extraordinaire?
Ce qu’il a d’extraordinaire, du moins pour moi, c’est que la réalisation audiovisuelle en trois dimensions est quelque chose de techniquement ardu. Je ne m’attendais personnellement pas à voir une seconde de 3D dans ce festival et encore moins trois minutes à l’écran dans une histoire cohérente et drôle. J’ai vraiment adoré. Donc d’un point de vue technique ce jeune réalisateur nous a vraiment impressionné.

Il y a quand même eu comme une déception, de venir au Cameroun et de n’avoir pas l’occasion de décider d’un long métrage local ; comment le jury a vécu cela?
Dans la Sélection, il y avait de nombreux courts métrages camerounais, cela permet quand même d’avoir une certaine vision de ce dont le cinéma de ce pays est capable. Malheureusement, il n’y avait pas un seul long métrage camerounais. Moi, je ne saurais vous expliquer pourquoi, je ne connais pas assez bien le situation cinématographique dans votre pays. Je ne peux que le constater et le regretter. Mais dans les courts métrages que j’ai vu, il y a vraiment plusieurs beaux regards de cinéma. « Jean-Jacques » qui a reçu la mention spéciale du jury, est une histoire forte, avec un positionnement entre la tradition et la modernité qui nous a beaucoup séduit.

Au final c’est le film « Julie et Roméo » qui a remporté le prix du long métrage. Qu’avait-il de pertinent à vos yeux?
La difficulté a été effectivement de départager ce film avec le film « Faso Furie ». La question était au-delà du cinéma, une question de principe et de vision. Est-ce qu’il fallait récompenser un cinéma de demain avec une énergie prochede l’urbanité et qui correspond plus à la demande actuelle des jeunes ou un cinéma plus classique avec un réel travail d’écriture cinématographique ? C’est finalement « Julie et Roméo » qui a emporté nos voix. Nous nous sommes dit, le cinéma, un film, c’est d’abord une histoire. Dans ce film nous assistons à une belle réappropriation de « Romeo et Juliette » et du mythe d’Orphée( qui va chercher son amour Eurydice dans les enfers ). Je rends un hommage à tous les comédiens qui sont intervenus dans ce film, ils ont été très impliqués.

Quel aura été votre meilleur souvenir en tant que membre du jury de cette édition des écrans noirs?
Justement notre meilleur souvenir c’est lorsque, au c ur du débatentre « Julie et Romeo »et « Faso Furie » l’un de nous a évoqué la scène où Julie gifle le serpent à l’entrée de la grotte .Nous sommes tous parti dans un éclat de rire général.
Mon meilleur souvenir personnel , la salle bondée du Palais des Congrès riant au film ayant reçu l’Ecran d’Or.

Laurence Guillermaz, jury des écrans noirs 2012
Journalducameroun.com)/n


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